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  Le Reflet (Hebdo)
Akhimy Maïga, Président de l’Ong Afn

« Nous nous battons pour sauver le fleuve Niger en péril »

Face au péril auquel il est exposé, le fleuve Niger fait de plus en plus l’objet d’un éveil de conscience écologique. Les initiatives de protection se multiplient. « Action pour le Fleuve Niger » (AFN, une ONG) en est une. Elle est présidée par notre confrère Akhimy Maïga qui s’est confié à nous.

Le Reflet : Monsieur Maïga, pouvez-vous nous présenter votre ONG ?

Akhimy Maïga : L’Organisation Non Gouvernementale « Action pour le Fleuve Niger » (AFN) est créée par le récépissé n° 00662 du 26 novembre 2004 et l’accord cadre n°02099 du 14 mars 2005. Son siège est à Bamako et dispose d’antennes dans ses zones d’interventions que sont les Régions de Koulikoro, Ségou, Mopti, Tombouctou, Gao et le District de Bamako. Notre ONG intervient dans les domaines comme l’Environnement, l’Assainissement, l’Hydraulique, la Sensibilisation et la Formation.

-Qu’est ce qui a motivé la création de cette ONG ?

A. M : C’est un constat amer qui nous a amené à la création de Action pour le Fleuve Niger. Il s’agit de la dégradation du fleuve Niger par le fait de l’Homme. Je m’en tiens seulement, à titre d’exemple, à la problématique de la pollution du fleuve. Aujourd’hui à Bamako, les usines déversent directement leurs déchets dans le fleuve, sans aucun traitement au préalable. Les eaux usées des hôpitaux y sont aussi déversées. Sans compter que les teinturières, qui utilisent de produits chimiques dangereux, ont pour la plupart leurs ateliers au bord du fleuve. Les caniveaux sont faits uniquement pour drainer les eaux de pluie. Mais, de nos jours, on voit partout des branchements anarchiques sur ces mêmes caniveaux pour y déverser les eaux de toilettes et les eaux usées ménagères. A la place des eaux de pluie, c’est des eaux usées au dernier degré qui se déversent en permanence dans le fleuve. A certains endroits de la ville, les berges et même le lit inférieur sont transformés en décharge publique. Imaginez les dangers qu’encourent, ceux là qui puisent la totalité de leur alimentation en eau directement du fleuve et sans aucun traitement, à la porte de Bamako. Voilà brièvement, entre autres, ce qui nous a motivé à créer l’ONG AFN.

-Quels sont vos objectifs face à cette situation ?

A. M : L’objectif global de l’ONG AFN est la sauvegarde du Fleuve Niger et l’amélioration du cadre de vie des populations riveraines. Pour ce qui est des objectifs spécifiques, nous ambitionnons de lutter contre la pollution, la dégradation des berges, l’ensablement, la prolifération des plantes aquatiques nuisibles et l’occupation anarchique et abusive du lit du fleuve Niger. Il y a également la nécessité de curer le fleuve à certains endroits et l’appui à la création de forages partout où le besoin se fait sentir.

-Quels sont vos acquis dans ce combat ?

A. M : Notre principal acquis, c’est que nous sommes conscients de la menace qui plane sur le Djoliba et nous savons ce qu’il faut faire pour le protéger. Au cours de cette première année d’exercice, nous n’avons pas mené d’actions sur le terrain. Mais, nous n’avons pas non plus chômé. Elle a été mise à profit pour nous faire connaître auprès des différents acteurs intervenant dans nos domaines d’interventions. Cela nous a également permis d’élaborer notre Plan d’action qui a met l’accent sur l’information, la sensibilisation et la formation afin d’aboutir à une prise de conscience et un changement de comportement des usagers. Ces actions sont primordiales, quand on sait que la plupart de ceux qui dégradent le fleuve, le font par méconnaissance des méfaits de leurs actes.

-Quelles sont les difficultés déjà rencontrées ?

A. M : Toute entreprise humaine est appelée à avoir des débuts difficiles. Mais, face aux objectifs que nous nous sommes assignés, aucune difficulté ne nous fera rebrousser chemin, s’il plait à Dieu. Nous restons déterminés à apporter notre modeste pierre à l’édifice de la sauvegarde du fleuve Niger. Le fleuve Niger est en péril ! Si rien n’est fait au plus tôt, sa disparition est certaine. Il y a des peuples qui ne s’imaginent pas sans cette ressource vitale. Face à tout cela, nous devons minimiser les difficultés et aller de l’avant.

-Votre mot de la fin, Monsieur Maïga ?

A. M : Le fleuve Niger est menacé dans son existence. Il n’y a plus de temps à perdre, les acteurs intervenants dans le domaine doivent conjuguer leurs efforts pour sauver cette eau qui représente pour le Mali, ce que le sang est pour l’organisme. Sa sauvegarde nous incombe donc à tous ! Chaque malien doit se sentir concerné par la protection de cette source indispensable à la vie.

Propos recueillis par
Moussa Bolly

07 mars 2006.

 

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