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Abdoul Aziz. KONE : « AGORATOIRE, c’est l’art d’ecrire, de se performer et de slamer… »

Le slam est un art oratoire vivant et spectaculaire qui attire surtout la future génération. De plus en plus, les jeunes sont obstinés à devenir des véritables professionnels dans ce milieu. Ils veulent tous écrire et déclamer leurs propres textes. La maison Agoratoire assouvit cette soif des jeunes pour le slam. Abdoul Aziz. Koné, Artiste slameur, président de la maison Agoratoire, nous accorde une interview.

- Pouvez-vous nous parler de la maison Agoratoire ?
Abdoul Aziz Koné :
Agoratoire est une maison culturelle qui accueille des résidences culturelles, les ateliers d’écriture évoluant dans le domaine du slam, du théâtre, de la danse, des arts plastiques, et qui assure également la promotion des jeunes talents et des artistes slameurs. Elle a été créée en 2008, et c’est en 2010 que la formation a vraiment débuté. En 2016, la maison fait son apparition à Lafiabougou, dès lors, elle est vite considérée comme une référence dans le milieu culturel malien à travers son initiative de hisser cette culture au plus haut niveau. La Maison Agoratoire est réalisatrice du festival international du slam et d’humour du Mali (FISH MALI), de la compétition nationale du slam (Massa slam), de « Bamako slam show ». Elle accueille également des artistes pour des spectacles. Notre particularité est que nous apprenons les jeunes à écrire à ce qu’ils pensent, à créer une confiance en eux afin qu’ils n’aient pas peur de prendre la parole en public.

- Comment a-t-elle vu le jour ?
A.A.K :
Je vous rappelle que le Slam malien a commencé depuis 2006, Agoratoire n’est pas la première association qui a milité pour la promotion du slam au Mali. Au départ, nous avions ASLAMA (Association des Slameurs du Mali), la première association qui a œuvré à propulser le Slam malien. J’étais un membre de ladite à l’époque. Et peu après, j’ai eu l’idée de créer une autre association qui ne se limite pas seulement au slam mais, qui cette fois-ci touche aussi à l’art dramatique, au théâtre, à la danse, au multimédia. Voici comment Agoratoire a vu le jour avec le concours de mes amis musiciens, dramaturges et des danseurs du Conservatoire des Arts et Métiers Multimédia Balla Fasseke Kouyaté(CAMM/BFK). L’objectif premier de la création de la maison Agoratoire était de mettre en place une association multidisciplinaire. Nous sommes ouverts à toutes les disciplines artistiques, le théâtre, la danse, la musique, l’art plastique.

- Combien de jeunes avez-vous formé depuis la création d’ Agoratoire ?
A.A. K :
La maison Agoratoire a formé des milliers de jeunes en slam à Bamako, et surtout dans les régions à l’exception de Kidal, à travers la compétition nationale du slam. Elle a instauré le slam dans les classes primaires afin de faciliter son apprentissage.

- Ces jeunes arrivent-ils à briller à hauteur de souhait ?
A.A.K :
Oui bien évidement ! Les jeunes qui ont été formés par la maison Agoratoire, qui ont eu à participer à nos différentes compétitions de Slam, aujourd’hui ce sont des jeunes qui ont beaucoup voyager dans plusieurs festivals en Afrique et en Europe. Nous avons notre champion national de 2019, Amadou Niagadou qui été formé par la maison Agoratoire et ce dernier a participé à la coupe du monde slam-poésie à Paris. Il a également fait la Belgique pour une série de spectacles. Notre championne Nationale de 2020, Hadizatou Dao, est sortie cinquième à la coupe du Monde de Slam 2020, une première fois pour le Mali d’atteindre ce niveau. Nous croyons vraiment à la potentialité des jeunes que nous formons. Et nous sommes conscients que s’ils ne lâchent pas, ils peuvent aller très loin.

- La formation à Agoratoire est-elle payante ?
A.A.K :
Comme toute autre formation, elle est gratuite. La maison exige un prix forfaitaire juste pour payer les artistes qui viennent assurer la formation notamment pour la diction, les techniques à adopter durant la déclamation. En un mot, il faut juste avoir l’amour du slam pour intégrer l’association.

- Que prévoyez-vous pour l’avenir ?
A.A.K :
Agoratoire vise à professionnaliser l’espace culturel malien en formant plus de jeunes en slam car, le slameur a besoin d’être plus formé. Elle envisage de promouvoir le slam en incitant cette jeunesse à le prendre au sérieux et d’apporter beaucoup de nouveautés pour que le Mali soit un exemple à suivre en ce qui concerne le slam.

- A quoi sert concrètement le slam ?
A.A.K :
Le slam aide le développement personnel d’un individu. En effet, c’est une manière de s’autoproclamer, et de se prononcer non seulement sur soi-même mais aussi, de s’exprimer sur des choses qui se passent dans son environnement. C’est un art d’ouverture au monde, de la libre expression surtout pour les handicapés, les marginalisés qui n’ont pas une autre arme de combat que l’écriture. C’est également un moyen d’épanouissement et de se responsabiliser. En outre, c’est l’art d’informer et cultiver les gens.

- Pouvez-vous nous expliquer vos différents concepts ?
A.A.K :
Massa Slam est la compétition nationale de slam au Mali. Massa qui veut dire le roi et le Slam qui est la poésie urbaine. En un mot, c’est le roi de la poésie malienne. Chaque année, nous créons un nouveau roi du Slam malien. Et ce sont des vrais ambassadeurs pour nous. Pourquoi ambassadeur ? Car, celui qui sort le vainqueur de cette compétition, qu’il soit fier d’être un vrai ambassadeur du Slam malien. Et le vainqueur représente le Mali à la coupe du Monde de Slam chaque année. Le Festival International de Slam et D’Humour (FISH MALI) est un festival annuel et culturel malien. Il est maintenant à septième édition. Ce festival se déroule dans le mois de Mars de chaque année. Au cours de ce grand évènement, vous menons beaucoup d’activités culturelles. Et chaque FISH a un thème bien spécifique. Le thème de cette année était paix et cohésion sociale. Au cours de cet évènement grandiose, le Mali reçoit beaucoup d’artistes slameurs, comédiens et humoristes venus des quatre coins du monde. C’est également un lieu de rencontre. Cette septième édition a été reportée à cause de la pandémie Coronavirus. Enfin, Yélé Massa, qui est une compétition nationale d’humour que nous avons initié. Nous sommes à une troisième édition. En matière d’humour au Mali, nous constatons une faillite. Les jeunes ne bossent pas bien, ils n’ont pas assez d’inspiration. Aujourd’hui, nous voulons que l’humour malien soit international, qu’il ne soit pas limité au quatre point du mur. C’est pour quoi nous avons décidé de créer cette compétition dénommée Yélé Massa afin de recruter les jeunes talents, les former pour qu’ils puissent briller sur les scènes. Et tout comme le Massa Slam, la participation est grandement ouverte à tout le monde chaque année.

Bamako, le 30 Juillet 2020
Adama Sanogo
@Afribone

 

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