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  L’Inter de Bamako
Appel d’IBK à Soumaila Cissé : L’ADEMA veut se reconstruire pour se sauver

Le sage Soudanais Seydou Bandian disait : « Le pouvoir est comme une source d’eau claire et limpide. On la regarde ; on s’y regarde. On admire sa limpidité. Mais au fond de l’eau, le sable n’est pas pur. Il est bien souvent mêlé à de la boue ! »

En des moments historiques déterminés de la vie des peuples, les contradictions politiques qui semblent être principales se transforment en contradictions secondaires. Ce changement qui a l’allure d’un bond en avant, est l’expression parlante d’un règlement dans les coulisses des différends fondamentaux en matière de politique intérieure. Est-il utile de dire que le poisson réside dans l’eau. Sinon, il n’y a aujourd’hui nul besoin de dire que l’Alliance pour la démocratie au Mali- Parti africain pour la solidarité et la justice (ADEMA-PASJ) a conduit le Mali dans une impasse ineffable.

Dans le combat résolu du mouvement démocratique contre l’apache régime de Moussa Traoré, ce parti a été infiltré, voire envahi par les frelons de l’Union démocratique du peuple malien (UDPM) venus de tous les côtés pour peupler la ruche. On appelle cette pratique en politique, le retournement de veste ou la transhumance politique. Cette attitude des cadres de l’UDMP n’était nullement une surprise pour tout observateur averti de la scène politique nationale.

Les contractions entre le peuple travailleur du Mali et le régime de Moussa Traoré devenaient si profondes que les cadres de l’UDPM, dans leur écrasante majorité, à la recherche d’intérêts sordides ne pouvaient que lâcher le chef de la mafia. Leur point de chute ne pouvait être qu’au cœur de la ruche, le Congrès national d’initiative démocratique (CNID) étant l’incarnation de la volonté de changement radical de notre peuple du fait que là se retrouvait l’élite révolutionnaire du pays. Moussa Traoré a été « arrêté » pour sauver sa tête.

Les frelons de l’ADEMA se sont battus pour éviter le compte à rebours par un peuple qui n’avait qu’une chose à perdre : sa chaîne de l’arthrose politique. En complicité avec sa conscience française, l’ADEMA ne pouvait que travailler à sauver les meubles et les intérêts du régime rétrograde de l’UDPM. Comme on le dit, à beau chasser le naturel, il revient au galop.

Après une période d’apparente dissection, le parti de l’abeille solitaire vient au constat, qu’il a gravement desservi notre peuple travailleur. Les contradictions principales de ses responsables deviennent ainsi secondaires. Le parti qui gère les affaires du Mali depuis la chute de Moussa Traoré bute sur un échec cuisant. Tous les remembrements et démembrements que le parti ADEMA connaît jusqu’ici témoignent à suffisance que les principaux ténors des partis politiques issus de la ruche ont un seul et même intérêt fondamental à défendre : celui de garder la main sur le contrôle de l’Etat et éviter donc que le peuple s’empare du levier du commandement économique et politique.

La dynamique principale de la politique de l’ADEMA demeure : regarder vers l’extérieur et compter sur l’extérieur. Cette attitude pour le moins antipatriotique ne peut que desservir ses auteurs et plus gravement l’ensemble de la nation.

Edgar Pisani disait avec juste raisin : « Tant que les espoirs de développement seront fondés sur une aide extérieure considérée comme capable de provoquer l’investissement et l’équipement, toute dynamique est interdite. »
Le constat patent aujourd’hui, c’est que ceux qui ont versé leur sang pour que germe un Mali nouveau ont été hautement trahis par les pseudo-démocrates qui avaient choisi de défendre leurs intérêts privés aux dépens de ceux de tout un peuple. Les différents démembrements de l’ADEMA sont de plus devant l’impasse.

Pour éviter de sombrer ensemble, il n’y a plus qu’un seul choix ou plus exactement l’ADEMA et les partis qu’il a engendrés n’ont plus le choix : il faut se retrouver sans délai parce que les flammes de la case commune continuent de s’élever loin dans le firmament malien.
Charles Secondât de Montesquieu disait depuis le XVIème siècle : « De nos jours, nous recevons trois éducations différentes : celle de la famille, celle de l’école et celle de la rue. Malheureusement, la dernière tendance renverse les idées des deux premières. »

Tout se passe au Mali aujourd’hui, par la faute de la gestion calamiteuse de l’ADEMA, comme si Montesquieu s’adresse au cas spécifique Malien. Pire d’ailleurs, l’échec est patent au Mali pour les trois (03) types d’éducation dont parlait Montesquieu : depuis la famille cellulaire, l’éducation a perdu tout son sens.

Incapables d’insuffler la moindre dynamique dans l’éducation familiale, les parents embrigadés dans la broutille du bric à brac culturel sans queue ni tête, ont pratiquement tous sombré dans la négation de toutes les valeurs et vertus cardinales qui faisaient la fierté de notre peuple laborieux.
Au Mali, les éducateurs, pour des intérêts minables et humiliants, ont préféré se nier et se renier, oubliant ou en feignant d’ignorer l’essence de leur culture ancestrale. Dans nos familles au Mali, peut-on parler d’islam, de christianisme, d’africanité ?

Nous sommes tombés dans le labyrinthe de la perdition et donc de la désagrégation de notre tissu socio-moral. Cela nous place aujourd’hui encore, hélas devant la sempiternelle question à savoir : où va le Mali ?

Pourtant, Seydou Badian avait déjà averti : « Etre de son temps, c’est vivre à la pointe de l’histoire, mais en se souvenant qu’il y a derrière nous un passé prodigieux et infini. Celui qui ne sait pas d’où il vient, ne saura jamais où il va. »
Peut-on croire aujourd’hui en ces pseudo- religieux qui ont, pendant toujours ignoré la voie de Dieu pour celle des intérêts passagers d’un monde éphémère ? Point du tout ! Et en ces politiciens qui ont développé les averses de la dénégation, de la délinquance financière et de la corruption ?

La seconde éducation s’est empêtrée dans les vendettas crapuleuses en lieu et place d’une éducation scolaire pouvant inventer l’avenir de notre nation appelée au grand concert des nations civilisées.
L’éducation de la rue devient chez nous la résultante défaillante de la symbiose aberrante donc aujourd’hui pourquoi la délinquance incontrôlée d’une jeunesse qui ne sait vraiment où aller et que faire.

La question : « que faire ? » préoccupe aujourd’hui tout l’ADEMA (y compris tous les partis politiques sortis de ses entrailles).
Les démarches actuelles du Rassemblement Pour le Mali (RPM) en direction des partis nés de la dislocation de l’ADEMA s’inscrivent en droite ligne de la retrouvaille indispensable à tous et à chacun face à l’orage qui se prépare chaque jour dans le ciel malien. C’est dans l’optique de cette retrouvaille forcée que le président IBK a téléphoné la semaine dernière Soumaïla Cissé, chef de file de l’opposition et président de l’Union pour la République et la démocratie (URD) en vue de recoller les morceaux.

A cause de la misère grandissante au sein de notre peuple, le RPM entreprend de rallier tous les enfants de l’ADEMA partout où ils se trouvent aujourd’hui. Cela devient un impératif catégorique à un moment où ça bouillonne dans les maisons, chez les bouchers, à l’école et dans le panier de la ménagère.

Que faut-il vraiment aujourd’hui pour le Mali ? Alexandre Koyré disait : « La route vers la vérité est pleine d’embûches ; c’est à travers les erreurs que l’esprit progresse vers la vérité. » Certes, des erreurs il y en a eu beaucoup au Mali, voire des fautes dans la gestion des affaires de la République.
Feu Mamadou Lamine Traoré disait : « Commettre une faute n’est pas grave, mais y persister est diabolique ! » Plus la crise sociopolitique devient manifeste au Mali, plus il urge d’aller à des concertations nationales pour que les Maliens se mettent enfin ensemble pour se regarder dans les yeux, se parler sincèrement, poser les vrais problèmes de la nation sur la table des débats en vue de faire des conclusions profitables et salutaires pour tout le peuple travailleur du Mali.

Ces concertations permettront immanquablement de sortir enfin le pays de l’engrenage dans lequel les différents gouvernants sortis du moule de l’ADEMA l’ont empêtré. On appelle cela en politique ‘’prendre le taureau par les cornes’’ si on veut bien faire ! Ces concertations seraient plus utiles et plus politiques que de jouer sur la vieille corde de la corruption et des débauchages politiques.

Fodé KEITA
l’Inter de Bamako du 18 février 2019

 

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