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  Les Echos
33e salon du livre de Paris : Une présence africaine de plus en plus marquée

Après quatre jours d’expositions, de rencontres et de conférences, les rideaux sont tombés sur la 33e édition du Salon du livre de Paris, Porte de Versailles. Pour l’édition 2013, la représentation africaine se résumait à la présence des maisons d’éditions des pays du Bassin du Congo, des pays du fleuve Mano, de l’Algérie, du Maroc avec plus de programmations toujours riches et variées.

Les éditeurs africains étaient bien présents à la 33e édition du Salon du livre de Paris. Comme aiment à le dire certains spécialistes, le Salon du livre de Paris ne constitue pas encore, à proprement parler, un tremplin pour l’édition africaine. Mais, tout porte à croire que des efforts sont en train d’être consentis.

Des 55 000 m2 du Parc des expositions de la Porte de Versailles, les éditeurs africains se sont signalés non par le nombre de stands, mais par l’affluence des visiteurs. Lieux de rencontres entre auteurs, éditeurs, libraires, les stands africains ne désemplissaient pas.

Les 4 jours du Salon ont montré une certaine volonté des professionnelles du livre de mettre « en phase » la littérature mondiale et l’édition africaine. La littérature africaine n’est plus ce qu’elle était il y a 30 ans.

Véritable salon dans le Salon, le stand du Bassin du Congo a connu une affluence croissante. Ce stand, selon plusieurs auteurs et visiteurs, a fait rayonner l’Afrique à Paris. Certes, cette année, pour des difficultés financières, des Maisons d’éditions n’ont pu exposer individuellement, mais le facteur intégrateur des professionnels du livre et des pays a bien payé.

L’espace des livres et auteurs du Bassin du Congo s’est fondamentalement imposé comme le principal soutien à la création africaine du Bassin du Congo et partenaires spécialisés faisant émerger les talents.

Cette année, comme il y a 3 ans, des dizaines d’éditeurs étaient présents sur le stand de l’espace réservé pas seulement aux livres et auteurs du Bassin du Congo, mais également au-delà et s’étend sur tout le reste du continent.

Car l’intérêt évident manifesté par les écrivains africains originaires d’autres régions a fait de ce stand une vitrine exceptionnelle de la littérature de tout le continent. A titre d’exemple, depuis des années, aucune maison d’édition malienne n’a pu se prévaloir d’un stand au Salon. Cependant, les ouvrages des maisons d’éditions, des auteurs et libraires sont visibles.

Le stand du Bassin du Congo leur sert d’espace de visibilité. Dans les rayons de ce stand, des ouvrages d’Ousmane Diarra, d’Amadou Hampaté Ba, des éditions Jamana et bien d’autres étaient exposés. Mieux, des auteurs africains peu visibles sur le marché étaient présents. C’est ce qui a amené l’écrivain malien Ousmane Diarra à inviter les éditeurs maliens « à prendre attache avec les professionnels du livre du Bassin du Congo pour davantage mettre en valeur leurs ouvrages pour les éditions futures ».

Pour M. Diarra, le stand du Bassin du Congo regroupe l’offre la plus belle et la plus complète de la littérature africaine du Salon du livre. Pour Achille Ngom, visiteur professionnel, le stand du Bassin du Congo représentait l’Afrique subsaharienne francophone parmi les pays présents au salon.

En fédérant les auteurs, maisons d’éditions, les spécialistes de la littérature africaine, « livres et auteurs du Bassin du Congo » s’est affirmé comme le lieu de rendez-vous incontournable du Salon où sont menés des débats toujours en phase avec l’actualité littéraire.

C’est ce qui a justifié la présence d’Ousmane Diarra à faire une communication sur le stand du Bassin du Congo. L’enfant de Kolokani a exposé sur le thème : « Les superstitions dans les romans africains ».

Un autre stand qui a fait la fierté de l’Afrique, est celui de l’Union des fleuves du Mano. Réservé aux éditeurs de la Côte d’Ivoire, Guinée, Sierra-Leone, Liberia, il ne désemplissait pas non plus. Situé dans le même périmètre que celui du Bassin du Congo, le stand des pays du fleuve Mano représenté par l’Harmattan Guinée a aussi été le site des retrouvailles de nombreux professionnels du livre.

A travers leur présence depuis 3 ans au Salon du livre de Paris, la Guinée, selon l’assistante du directeur de l’Harmattan Guinée, veut « montrer l’image positive de la littérature guinéenne. Nous sommes là pour dire que la littérature en Guinée est loin d’être un souvenir ».

Malgré sa présence au stand du fleuve Mano, la Côte d’Ivoire a tenu à avoir un stand à part. Pour qui connaît « l’agressivité » des éditeurs ivoiriens, inimaginable qu’un tel événement à dimension mondiale se passe sans le pays d’Alassane Ouattara. Depuis des années, la Côte d’Ivoire est constante au Salon. Toutes choses, aux dires d’Astan Koné, qui prouvent « l’esprit progressiste d’éditeurs ivoiriens et démontre un certain réalisme des intellectuels ivoiriens sur la place de la culture dans le développement de la Côte d’Ivoire ».

La présence africaine au salon du livre témoigne d’une certaine vitalité de l’édition sur le continent, malgré une visibilité des maisons d’édition encore réduite à l’international et des échanges professionnels très dépendants de différents collectifs associatifs.

Ce qu’il faut surtout noter, c’est l’absence du livre numérique chez les éditeurs africains pour cette édition. Symbole d’un marché et d’une chaîne du livre en pleine mutation, le Salon du livre se veut, en permanence, le reflet de la réalité du livre, qu’il soit physique ou numérique, et de la multiplicité de ses facettes.

Amadou Sidibé

31 Mars 2013

 

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