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  L’Inter de Bamako
22 Septembre 1960- 22 septembre 2019 : Trois Républiques pour deux orientations politiques

Modibo Keïta avait coutume de dire à la jeunesse du Mali « Lorsque les propriétaires deviennent des spectateurs, c’est le festival des brigands ». Il convient de rappeler que depuis son accession à la souveraineté nationale, le Mali a connu trois Républiques pour deux orientations politiques.

Ainsi :
- La première République, sous la direction de l’Union soudanaise/ RDA, a opté pour l’orientation socialiste. Il faut rappeler que dès l’annonce de cette orientation par le président Modibo Keïta, le Mali a fait l’objet de toutes les combines tant de la part de l’ancienne puissance coloniale que de ses valets de la sous-région ouest africaine avec en première ligne, le président ivoirien Félix Houphouët Boigny et Léopold Sédar Senghor du Sénégal.

En exemple de cette boulimie réactionnaire et coloniale contre notre pays, l’on rappelle le cynique embargo imposé à notre peuple. Cet embargo a été tenu en échec grâce à la République sœur de Guinée de Sékou Touré et les pays amis que sont l’URSS, Cuba, la Chine, la République démocratique et populaire de Corée, etc.

Pendant huit (08) ans de travail patriotique, le Mali a recouvré sa dignité et son honneur identitaire. En huit (08) années de gestion nationaliste, le président Modibo Keïta a imposé à tous les valets de l’impérialisme et à la France coloniale le respect strict du Mali. Il a érigé une armée nationaliste pour garantir à notre pays son indépendance. En huit ans de guerre contre les ennemis intérieurs et extérieurs, le Mali a assuré à son peuple la sécurité et la quiétude socio-économique, faisant ainsi de cette ancienne colonie française un grand dans la cour des grands. Cet élan d’indépendance véritable a irrité l’instinct grégaire de domination de la France et de ses représentants ivoiriens et sénégalais. C’est bien cet état de fait qui a poussé la France et ses mandibules maliennes (ennemis du peuple malien) à opérer un coup d’État, le 19 novembre 1968. Le Comité militaire de ‘’libération nationale’’ (CMNL), dirigé par un certain lieutenant Moussa Traoré, a entrepris le travail de sape de l’œuvre patriotique de l’Union soudaine/RDA. C’est donc depuis ce jour de haute trahison de notre peuple par le CMLN que le Mali est tombé.

Après dix (10) ans de vide politique imposé à notre peuple par les traitres de notre armée, un parti mort-né a vu le jour, en 1979, avec à sa tête l’autocrate Moussa Traoré. C’était l’Union démocratique du peuple malien (UDPM). Pendant vingt-trois longues années de dictature militaro-udpmiste, notre peuple a souffert dans sa chair et dans sa conscience les affres d’une gestion apatride de ses affaires.

- La deuxième République s’est rendue coupable de forfaitures ineffables et contre l’option ‘’socialiste’’ (nous préférons dire nationaliste) de la première République. Visiblement, le régime Moussa a mené, pendant vingt-trois longues années de règne sans partage, un travail de sape de notre dignité d’homme.

Mais l’histoire nous enseigne qu’aucun dictateur ne peut éternellement aliéner la dignité de son peuple. Avant d’être dégagé du pouvoir par la rue, Moussa Traoré a taché ses mains du sang de notre peuple, de ses femmes et de ses enfants. Moussa Traoré lui-même avait coutume de dire qu’à beau retirer la parole au peuple, il finit toujours par la prendre.

Notre peuple est venu à bout de l’apache régime du ‘’général bazin’’. Mais le bilan de la guerre qu’il a livrée au peuple malien est lourd : deux cent vingt-quatre (224) tués. Et c’est bien ce même homme aux mains tachées du sang de son peuple qui mène aujourd’hui une retraite dorée sans la moindre reconnaissance des crimes horribles dont il s’est rendu coupable. Comme le dirait l’autre ‘’le temps est galant.’’
Notre peuple a eu raison de son dictateur sanguinaire qui avait bénéficié de tout le soutien de la France assassine des peuples travailleurs. Le 26 mars 1991, un nouvel espoir est né en notre peuple travailleur : l’avènement de l’ère démocratique.
Des élections multipartistes ont porté Alpha Oumar Konaré aux affaires. C’était le 8 juin 1992, mettant ainsi un terme à la deuxième République.

- La troisième République a ainsi suscité un immense espoir en nos masses travailleuses. Hélas ! La montagne démocratique a accouché d’une souris à l’odeur nauséabonde. Pendant dix ans, les Maliens ont été trompés et façonnés à l’envers par le régime Alpha : la corruption et la délinquance financière nées sous Moussa Traoré sont devenues le créneau de la gestion de nos affaires nationales. Ce que l’on ne saurait du tout passer sous silence, c’est bien l’action de sape de l’école malienne par un ‘’enseignant’’ de surcroit.

Alpha Oumar Konaré a tout simplement travaillé pendant ses deux mandats à la tête du Mali au sabotage de la formation de nos enfants. Aller savoir ce que l’école est devenue depuis ce temps. Le peu de niveau laissé par Moussa Traoré est tout simplement liquidé par le régime de Alpha. Aujourd’hui, ce serait un pléonasme de dire que l’école malienne est malade, elle est à l’agonie.

La désertification intellectuelle règne en maîtresse absolue dans notre pays. Nous comprenons donc que Alpha ne peut prendre le risque de parler de l’école malienne au risque d’être vite rattrapé par le temps et de rendre compte à notre peuple travailleur. La troisième République, inaugurée par Alpha Oumar Konaré a tout simplement trahi le peuple et déçu toutes les attentes.

Avec Ibrahim Boubacar Keïta (IBK), la corruption et la délinquance financière ont fini par ériger un rempart de marbre pour protéger les déprédateurs de notre tissu économique et financier. La lutte contre la corruption dont parlait IBK, en 2014, n’a pas encore commencé, en 2019. Qu’attend-il donc pour engager ce combat ?

Visiblement c’était un simple mot de passe pour continuer à tromper nos masses laborieuses. Mais Abraham Lincoln avait averti : « On peut tromper tout le peuple une partie du temps, une partie du peuple tout le temps mais pas tout le peuple tout le temps. » Peut- être c’est le compte à rebours qui vient de débuter avec des jeunes patriotes regroupés au sein de la Plateforme de lutte contre la corruption et le chômage (PCC). Ces jeunes ont décidé de se battre à la tête du peuple malien en vue de faire tomber la muraille de béton qui protège jusqu’ici des femmes et des hommes sangsues de notre peuple travailleur. Dieu les protège, à ne pas en douter, ainsi que tous ceux qui ont compris que trop c’est trop.

Il faut que ça s’arrête et ça va s’arrêter nécessairement. Cette entreprise salutaire engagée par la Plateforme avec à sa tête Clément Dembélé, doit se poursuivre sans répit et sans la moindre crainte parce que tous ceux qui souffrent de cette bamboula économique et financière érigée par ces pseudo-démocrates sont débout comme un seul homme derrière ce mouvement patriotique, salvateur.

Trop c’est trop ; des individus ne peuvent se tailler le luxe de dilapider impunément les biens de toute une nation sans s’inquiéter un seul instant. Ils doivent se rendre à l’évidence que le vrai pouvoir réside indiscutablement entre les mains du peuple travailleur.

D’autre part, il faut dire que c’est sous IBK que la partition de fait de notre pays est en marche. Il doit se rendre à l’évidence que l’accord d’Alger est une erreur historique et qu’à cet effet, le peuple malien n’est ni avec lui ni avec les commanditaires tapis dans l’ombre en France. Le Mali, par ses fils, reprendra sa souveraineté sur tout l’ensemble de son territoire.
La France ne peut empêcher cela quelque soit sa puissance parce que nous venons de loin. N’en déplaise à elle et à ses représentants locaux qui prêchent le ciel, la paix au ciel mais pillent la nation malienne. Nous n’avons nul intérêt ni dans la « démocratie » de la deuxième République ni dans celle de la troisième république.
Notre jeunesse s’approprie progressivement mais résolument cet avertissement prémonitoire du président Modibo Keïta qui disait : « Lorsque les propriétaires deviennent des spectateurs, c’est le festival des brigands ». Tout le monde a compris que le recours à la France pour venir nous défendre contre des rebelles qu’elle a créés est l’expression d’une haute trahison des intérêts fondamentaux de notre Peuple travailleur. Cette vérité crève les yeux de tous ceux qui veulent voir. Il n’ya d’école de vérité nulle part dans le monde.

Pour nous, la France prend activement part au mal malien, par conséquent elle ne saurait être la moindre solution à ce mal que vit notre peuple dans sa chair et dans sa conscience.

Le combat de la Plateforme est celui de tout un peuple. Celui visant à recouvrer notre souveraineté sur l’ensemble de notre territoire en est un autre aussi fondamental. Il faut laisser le Mali aux Maliens !

Fodé KEITA
Le 24 Septembre 2019

 

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