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120 jeunes Idnanes se retirent de la bande à Bahanga et brûlent leurs armes

L’évènement a été célébré, le lundi 19 janvier à Ersane, commune de Tarkint, Cercle de Gao. A l’initiative de Mohamed Ag Erlaf, ancien ministre et actuel Directeur général de l’ANICT et Ahmed Ag Bouya, inspecteur des douanes en service à Bamako, 120 jeunes de la communauté Idnane, à laquelle appartiennent les deux hommes, se sont retirés de la bande à Bahanga.

Pour saluer cet acte majeur dans le rétablissement de la paix et de la sécurité dans le nord Mali, une cérémonie a été organisée pour brûler les armes qu’ils détenaient. Elle a eu lieu en présence de plusieurs membres et notabilités de la communauté Idnane, venus des régions du Mali, de la Mauritanie, de l’Algérie, de la Libye et même des lointaines Iles Canaries. En mettant le feu à leurs armes, les Idnanes disent avoir brûlé Satan.

La communauté Idnane, composée de plusieurs milliers de personnes, dispersée sur le territoire malien, habite les régions de Tombouctou, Gao et Kidal. Ils sont des Touaregs bon teint à l’instar des Ifoghas, des Imagads, des Chamnamass, des Kelantassar, des Ifourgoumissène, des Taghat-Malat, des Kel Telabit, des Kel Affala et des Iklans ou Bellas.

Les tribus les plus puissantes (les Ifoghas et les Idnanes notamment) sont celles qui sont capables de lever des hommes pour contrer les razzia (ou rezzou) en provenance du sud de l’Atlas ou pour aller effectuer des rezzou sur les greniers des agriculteurs noirs des bords du fleuve. Ce sont, en majorité, ces deux tribus qui ont créé le Mouvement Populaire de l’Azawad (MPA) en 1990 pour aller en rébellion contre le régime de Moussa Traoré.

Ce sont encore eux qui, après avoir intégré les forces armées et de sécurité, ont attaqué de l’intérieur, le 23 mai 2006, les camps militaires de Kidal et de Ménaka.

Depuis, ils se sont baptisés « Alliance du 23 mai pour le Changement et la Démocratie » et ont obtenu du gouvernement la signature d’un document intitulé : « Accord d’Alger pour la restauration de la paix, de la sécurité et le développement dans la région de Kidal ».

La paix était donc revenue et la réconciliation des cœurs et des esprits marchait comme sur des roulettes lorsque le petit berger, Ibrahim Ag Bahanga, a décidé de se démarquer de ce texte en reprenant le maquis.

Ifogha de Tin - Essako, Ibrahim Ag Bahanga a été lâché par les siens qui sont restés dans le processus de paix. Cependant, nombreux sont les membres de la communauté Idnane, dont sont issus l’ancien ministre, Mohamed Ag Erlaf et l’inspecteur de douane, Ag Bouya, qui ont rejoint Bahanga dans le banditisme armé. C’est ainsi qu’un Idnane a pompé 10 millions de FCFA dans la caisse du Programme de Développement de la Région de Kidal (PDRK) dont il était le comptable avant de rallier Bahanga et ses hors la loi.

Plusieurs autres jeunes Idnan de la région de Kidal suivront son exemple. On verra même l’actuel député de Tessalit, Daïty Ag Sidilamine (Idnane également). On se rappelle qu’en son temps L’Indépendant l’avait décrit comme un député doublé d’un bandit armé. Ce qui nous avait valu la réplique sévère de son parti, l’URD de Younoussi Touré. Mais on le voit, les faits, toujours têtus, nous ont donné raison puis que Daïty a fini par déserter l’hémicyle pour retrouver Banhaga dans sa folle aventure. Son prédécesseur à l’Assemblée nationale, Baye Ag Hamdy (un autre Idnane) y était déjà.

En clair, les hommes de Bahanga étaient composés en bonne partie des éléments de la communauté Idnane.

Face à cette donne, des cadres de la région et, en première ligne Ag Erlaf et Ag Bouya, se sont mis à sensibiliser les membres de leur communauté et ont finalement réussi à isoler Bahanga à travers le retrait de 120 jeunes de la bande du narcotrafiquant.


Chahana TAKIOU



Offensive tous azimuts contre Bahanga à Kidal

20 bandits armés tués, 25 prisonniers dont 15 blessés

Depuis le mercredi 21 janvier, le lendemain de la fête nationale de l’Armée, l’opération "Djiguitugu" (combler l’espoir) a repris de plus belle. En effet, plusieurs patrouilles, toutes sous le commandement du colonel Elhadj Gamou, soutenu par son adjoint et non moins bras droit, le colonel Mohamed Ould Meydou et les colonels Ag Chérif, Faïçall et Baba Ahmed ont quadrillé la zone de Kidal.

Le groupe dirigé par ce dernier a pu se tirer d’affaire, hier jeudi 22 janvier, en évitant une embuscade, tendue par Bahanga lui - même à Toulousimine, dans la zone de Boureïssa. Des combats acharnés s’en sont suivis. Bahanga et ses combattants à bord de quatre véhicules ont pris la fuite. Mais la traque continue.

Le bilan est très lourd : 20 morts du côté des bandits armés, 25 prisonniers dans leur rang dont 15 blessés graves à en croire plusieurs sources militaires. Une autre source proche des notabilités de Kidal annonce 10 morts et 9 prisonniers dans le camp de Bahanga. S’y ajoutent trois véhicules récupérés et plusieurs autres brûlés. Des automitrailleuses 14/5 et 12/7 ont été également saisis sur les hommes de Bahanga.

Rappelons que depuis la semaine dernière, l’Armée a engagé une offensive contre les bandits armées de Kidal. C’est ainsi que la patrouille dirigée par le colonel Mohamed Ould Meydou avait tué, dans la zone de Tin - Essako, 8 bandits armés et fait une dizaine de prisonniers dont l’un a finalement succombé des suites de ses blessures.

Cet avantage a été renforcé par l’Armée qui a mobilisé des éléments à partir de Gao avant de lancer lundi dernier un assaut contre la base de Bahanga à Tinsalak. De sources militaires, il semble que les bandits armés n’aient pas résisté aux forces armées et de sécurité. Informée de leur descente sur Tinsalak, la bande à Bahanga a donc pris la fuite.

L’armée occupe toujours le terrain sous le commandement du colonel Gamou et continue son avancée dans le grand désert sous les vents de poussière afin de traquer Bahanga et ses hommes jusque dans leurs derniers retranchements. A suivre.

Chahana TAKIOU

L’Indépendant du 23 Janvier 2009

 

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