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Pour la première fois notre pays abritera une aussi grandiose cérémonie à laquelle prendront part les 25 pays de l’Union Européenne et les 79 pays des ACP (Afrique Caraïbes Pacifique).

Plus de 600 participants viendront de ces différents pays. L’honorable Assarid Ag Imbarcawane s’est alors félicité de la tenue d’un tel séminaire à l’Assemblée nationale. Il s’agissait donc de mettre les hommes de médias dans le bain afin de leur permettre de mieux couvrir l’événement.

A ses dires, la médiatisation demeure capitale en ce 21è siècle qui voit l’épanouissement des Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication. Le représentant de la Fondation Fréderich Ebert le Dr Doumbia a jugé nécessaire de mettre la presse au même niveau d’information concernant l’APP-UE-ACP.

Pour lui, la Fondation soutient l’Assemblée nationale du Mali dont la prestige a joué un rôle important dans le choix de notre pays pour abriter la rencontre. Les thèmes retenus sont entre autres l’Accord de partenariat économique en Afrique de l’Ouest, le coton, la budgétisation du FED, la révision de l’Accord de Cotonou, le dialogue politique.

LE COTON EN QUESTION

L’exposé sur le coton a été fait par M. Toumani Djimé Diallo. On retiendra que le coton sera au coeur des débats lors de la 9è session de l’Assemblée Paritaire Parlementaire.

A cet effet, il faut retenir que le coton constitue 8% du PIB, avec 100 milliards annuels en moyenne de revenus ruraux distribués à 3,3 millions de personnes soit le 1/3 de la population. Les parlementaires maliens ne sauraient donc assister impassibles au dépérissement et à la liquidation de la filière cotonnière malienne.

PROBLEMATIQUE DE LA COMMERCIALISATION DU COTON AU MALI
La crise de la filière cotonnière malienne, comme celle de toute la zone des cotonculteurs de l’espace francophone subsaharien, se ramasse en quelques chiffres :
A partir de l’an 2000, le coton qui revenait, pour ce qui concerne le Mali, à 50 cents la livre environ et se vendait en moyenne à 75 cents, revient désormais à 65 cents et se vend à peine à 55 cents.

Ce qui s’est traduit, pour le Mali, par un manque à gagner de plus de 400 milliards CFA en 5 ans ou encore, pour les pays producteurs d’Afrique Occidentale et Centrale, à 400 millions de dollars de perte. Ainsi, ce que le FMI et même la Banque mondiale, qualifiaient, dans le cas du Mali, de Succes story, est devenu, brutalement, un véritable cauchemar, un tsunami, pour employer les termes d’un dirigeant du Sycov ! C’est un fait que la crise est devenue existentielle.

Comment expliquer un tel retournement de situation ?
L’erreur à ne pas commettre, c’est d’incriminer une cause unique. Une telle détérioration trouve son origine, nécessairement, dans un ensemble de facteurs qu’il est bon de sérier, certains étant, bien entendu, plus déterminants que d’autres.

LES CAUSES INTERNES A LA FILIERE
– La mauvaise gestion : Elle a été la première incriminée, maladroitement il faut le reconnaître, aussitôt la crise installée. Les autorités de l’époque ont choisi de décapiter la direction de la CMDT, accusée d’être la principale responsable, sinon la seule, de la détérioration de la situation financière de la filière, à un moment pourtant crucial de sa vie. En outre, une campagne de communication calamiteuse en direction des producteurs s’est soldée par un boycott désastreux de la part de ces derniers. Il est maintenant prouvé que les effets de la mauvaise gestion, très probables, étaient en fait l’arbre qui cachait la forêt. Et de toutes les façons, on a par la suite assisté à une valse de PDG de la société sans amélioration notable de gestion de la filière.
– Les causes institutionnelles : Elles ont été avancées sur un double plan :
L’inadéquation juridique de la structure encadrant la filière, ce qui lance le débat sur la privatisation de la CMDT. Celle-ci est devenue, entre temps, une conditionnalité de la Banque Mondiale à l’aide à l’ajustement structurel national. Faut-il une privatisation simple ?

Un démantèlement suivi de privatisations ? Quid de l’encadrement paysan en cas de privatisation de l’énergie ? Quelle modalité de participation des paysans au capital des sociétés issues de la privatisation ? La privatisation est-elle une panacée, au vu des expériences passées de l’Afrique anglophone, et de celles récemment opérées dans des pays voisins ?

Le recentrage de la CMDT dans la production strictement cotonnière, en d’autres termes, la fin de la société intégrée de développement.
Pour faire face à cette approche institutionnelle, il a été créé auprès du Premier ministre une structure chargée de la restructuration du secteur cotonnier au Mali. Le moment n’est-il pas arrivé de réaliser son étude d’impact ?

LA DEGRADATION DE L’ENVIRONNEMENT ECONOMIQUE ET POLITIQUE
– La hausse des cours du pétrole qui a augmenté le prix de tous les intrants ainsi que du transport
– L’érosion du dollar par rapport à l’euro qui pénalise les pays de la zone cfa en aggravant, par une perte des changes, la baisse des cours mondiaux
– Les conflits comme par exemple la situation ivoirienne qui oblige les pays producteurs enclavés à un surcoût de transport.

Salifou BANGALI

1er Avril 2005