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Les travaux de la 9è édition du Forum de Bamako ont commencé hier à l’hôtel Salam sous la présidence du Premier ministre, Modibo Sidibé, qui préside également la Fondation de forum de Bamako.

Le forum s’est ouvert en présence de membres du Gouvernement, de Hubert Védrine, ancien ministre français des Affaires étrangères, de Meisel Nicolas, chercheur au département de la recherche de l’Agence française de développement ainsi que d’anciens Premiers ministres et de nombreux chercheurs, universitaires et hommes des médias.

D’un thème à l’autre au fil des ans, le Forum de Bamako s’est attaché à décrypter de questions brûlantes complexes et souvent très sensibles. Du débat sur l’éducation en 2001 à celui de l’Afrique comme nouveau pôle stratégique en 2008, le forum a montré de façon spécifique la manière dont les populations africaines spoliées et réduites à la misère exercent une pression dévastatrice sur la terre, l’eau, la faune et la flore.

Sur la ruine de ces ressources dilapidées, la rencontre rappelait l’année dernière comment dans un environnement pollué et une urbanisation effrénée, la jeunesse se trouvait réduite au chômage et au désespoir.

Aussi, il est avéré que ce ne sont pas les erreurs de calcul de rentabilité des différents programmes et projets de développement crayonnés par les décideurs locaux avec ou sans l’appui des institutions internationales ou d’aide au développement qui sont la cause du mal vivre de nos populations. Derrière les drames se cachent souvent des questions de gouvernance.

Que le concept soit des plus flous, des plus polémiques voire des plus galvaudés et difficiles à cerner, le plus important, selon Abdoullah Coulibaly, vice président de la Fondation Forum de Bamako et président directeur général de l’Institut des hautes études en management (IHEM), est que ce concept n’est plus un enjeu local, mais bien mondial car il pose des questions complexes sur la manière d’être du monde.

C’est vrai a appuyé le Premier Ministre Modibo Sidibé. Il faut se convaincre, que chaque arbre qui est fauché, chaque goutte d’eau qui se gaspille, chaque mètre cube de gaz qui s’échappe, chaque vie qui se meurt faute de soin ou chaque souffrance humaine causée par la soif démesurée du gain n’est qu’un des points de résurgence de la même et unique nappe : la gouvernance mondiale.

De ce point de vue, la profondeur, l’ampleur et l’irréversibilité de la crise financière mondiale ainsi que ses effets subséquents sur l’économie et son impact social exigent une réponse collective. Les plans nationaux de relance de l’investissement ou la consommation ont montré toutes leurs limites s’ils ne prennent pas en compte les interactions avec les autres économies.

Le Mali, a indiqué le chef du gouvernement, en tant que pays en développement soutient toutes les initiatives pour plus de régulation, plus de justice, plus de démocratie, plus de solidarité. Avec la crise actuelle, a jugé Modibo Sidibé, l’opportunité est donnée de procéder au réexamen nécessaire de la gouvernance mondiale en associant davantage les pays en développement pour un partage de responsabilités dans la conduite des affaires du monde.

« Notre préoccupation est moins de savoir si c’est un +capitalisme à visage humain+, un +socialisme du 21ème siècle+, une démocratie pluraliste ou si ce sont des États forts qu’il faut bâtir. Notre préoccupation est ce constat simple : quelle que soit l’échelle à partir de laquelle on aborde la question de la gouvernance, celle ci renvoie à un fondement élémentaire de la justice : le partage et la responsabilité« , a analysé le chef du gouvernement.

Au moment où l’humanité dispose techniquement et scientifiquement de tous les moyens pour enrayer la misère sur terre nul ne doit se donner une conscience tranquille en voyant des contrées entières basculer dans le terrorisme par ce que c’est la seule forme d’expression qui leur reste contre l’injustice ou tout simplement l’indifférence du monde, a-t-il souligné.

La mal-gouvernance, a averti Modibo Sidibé, affecte toutes les gouvernances et met l’humanité en insécurité. A sa suite, Hubert Vedrine est longuement revenu sur la gouvernance mondiale depuis les accords de Yalta et le partage du monde jusqu’à l’actuel tsunami financier international et ses conséquences sur les pays en développement.

Auparavant le vice-président de la fondation Forum de Bamako, Abdoullah Coulibaly, a rendu un hommage appuyé à tous ceux qui de près ou de loin ont contribué par leur contribution au rayonnement intellectuel de la rencontre. Ces remerciements vont particulièrement au président de la République, Amadou Toumani Touré, qui est « devenu un des animateurs du forum par l’extraordinaire qualité de ses réflexions personnelles et son constant soutien à l’événement ».

Une minute de silence a été observée à la mémoire de personnes chères, notamment Anna Soumaré décédée le 26 janvier dernier après avoir partagé durant trente ans la vie du vice président de la Fondation forum de Bamako.

B. COULIBALY

Essor du 20 Février 2009