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De nombreux artistes prestigieux et près de 50 000 spectateurs ont participé à un concert événement organisé à l’occasion des 90 ans de Nelson Mandela. C’était à Londres. Faisant coup double, les organisateurs ambitionnaient également à récolter des fonds au profit de la Fondation de Madiba contre le Sida.

L’affiche réunissait notamment Amy Winehouse, le groupe Queen accompagné de Paul Rodgers, Zucchero, Joan Baez ou les Sugababes. Un total de 46 664 billets ont été vendus. Ce nombre correspond au matricule de Nelson Mandela pendant ses 27 ans de prison. Au milieu du concert de trois heures et demie, l’ancien président sud-africain, tout de noir vêtu, a pris la parole pour appeler le monde à poursuivre sa mission.

S’appuyant sur une canne et soutenu par son épouse (Graça Marcel), d’un pas lent et hésitant, Mandela s’est avancé jusqu’aux micros sous les applaudissements de la foule, qui a ensuite entonné « Happy Birthday to you ». Celui qui est aujourd’hui considéré comme la conscience universelle, Mandela, aura 90 ans le 18 juillet 2008. S’il est physiquement éprouvé, Madiba n’a rien perdu de sa combativité, de son engagement en faveur des enfants et de toute l’humanité.

L’ancien prisonnier des geôles sud-africaines s’est dit « honoré » d’être de retour à Londres 20 ans après un « concert historique qui avait appelé à notre libération ». Frêle, mais souriant, il a ajouté : « Vos voix avaient traversé les océans et nous avaient inspirés dans nos lointaines cellules ».

Le fondateur de la nation arc-en-ciel n’a pas manqué de rappeler, « mais, même si aujourd’hui nous faisons la fête, rappelons-nous que notre œuvre est loin d’être achevée ». Un plaidoyer qui est un appel à poursuivre le combat pour éviter à l’humanité de sombrer dans des dérives de toutes sortes. Cela passe par un soutien accru à son association « 46664 » très engagée dans la lutte contre le VIH/Sida.

« Là où règnent la pauvreté et la maladie, y compris le Sida, là où des êtres humains sont opprimés, il y a encore du travail à faire… Nous voulons la liberté pour tous… Nous disons ce soir, après près de 90 ans d’existence, qu’il est temps que de nouvelles mains soulèvent ce fardeau. Il est entre vos mains. Je vous remercie », a-t-il conclu sous un tonnerre d’applaudissements.

Le grand-père de la génération consciente et engagée a ensuite salué la foule avant de s’éclipser en s’appuyant sur l’épaule de sa tendre moitié, Graça Marcel, qui a pris la place de Winnie dans son cœur.

« Nelson Mandela est le plus grand homme de notre génération. Quand vous le rencontrez, vous sentez que vous êtes en présence d’un grand homme, le plus grand de notre génération, le leader qui a mis fin à l’apartheid, qui a risqué l’exécution, la prison, les intimidations, la violence pour servir la cause à laquelle il croyait », s’est enthousiasmé le Premier ministre britannique, Gordon Brown, sur la chaîne ITV.

Au cours d’un dîner caritatif, le 25 juin 2008 à Londres, Mandela a créé la surprise en rompant un silence de plusieurs années sur le Zimbabwe. Il a surtout dénoncé « la tragique défaillance de la direction » du pays dirigé par Robert Mugabe.

Sous un ciel incertain, le coup d’envoi du spectacle de vendredi dernier a été donné vers 17 h 30 GMT par un joueur de flûte arménien, Jivan Gasparayan, suivi des rockeurs britanniques de Razorlight. Le concert s’est achevé par un ultime hommage musical : Amy Winehouse a interprété une chanson de 1984, « Free Nelson Mandela ».

Un véritable hymne du mouvement anti-apartheid, accompagnée sur scène par tous les artistes du spectacle et le compositeur de la chanson, le Britannique Jerry Dammers, au clavier. Ce dernier était aussi l’un des organisateurs d’un grand concert en 1988 à Londres pour la libération de Mandela et des survivants de ses compagnons de lutte.

Les artistes africains Johnny Clegg, le Soweto Gospel Choir et Papa Wemba se sont également produits pour aider à recueillir des fonds destinés à « 46664 ». Cette association a été fondée en 2002 par Mandela pour lutter contre la pandémie du VIH/Sida. Il faut souligner que Madiba a perdu un fils des suites de cette maladie.

Malgré son retrait de la vie politique et une santé fragile, Nelson Mandela fait toujours campagne dans le monde pour la lutte contre la pauvreté et le VIH/Sida. Quatre concerts « 46664 » ont déjà été organisés. Le premier de la série a eu lieu en 2003 au Cap (Afrique du Sud). Ce fut ensuite le tour de George (Afrique du Sud), Madrid (Espagne) et Tromso (Norvège) de recevoir l’événement avant Londres cette année.

Dans la lutte contre la pauvreté, les dictatures et le VIH/Sida, Madiba a pleinement joué sa partition. A la génération consciente maintenant de prendre le relais pour prolonger la chaîne de la solidarité humaine.


Alphaly

30 Juin 2008