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Les membres du Conseil économique, social et culturel ont 15 jours pour examiner et adopter le recueil annuel des attentes, des besoins et des problèmes de la société civile que l’institution a produit au titre de l’année 2013.

La huitième session du Conseil économique, social et culturel s’est ouverte lundi dernier au siège de l’institution, à Koulouba. Une occasion pour Jeamille Bittar, président du Cesc, de rappeler que son institution, conformément à ses missions constitutionnelles, s’est rendue auprès des populations des régions administratives et du district de Bamako, ainsi que des Maliens de l’extérieur. Objectif : recenser leurs attentes, besoins et problèmes qu’elle consigne dans un document soumis à l’appréciation du gouvernement.

A en croire le président Bittar, les désidératas des populations internes ont concerné notamment la situation des déplacés, la crise de l’école, le départ massif des jeunes vers les sites d’orpaillage, la cherté de la vie et la relance de l’économie. Nos compatriotes de l’extérieur se sont plutôt préoccupés de la meilleure orientation de l’action diplomatique de notre pays et des opportunités attractives pouvant constituer des facteurs pour leur épanouissement, entre autres. Toutes choses qui, de l’avis de M. Bittar, commandent que nous soignons l’image du Mali afin que les voies du développement soient bien ouvertes. « D’où la nécessité de créer un centre culturel et une Maison Mali à Paris ; le souhait d’instaurer un fonds de solidarité dans les missions diplomatiques et consulaires », a suggéré le président du Cesc.

Par ailleurs, Jeamille Bittar a estimé que si notre pays a partiellement recouvré son intégrité territoriale, les institutions de la République mesurent à présent les conséquences de la crise et savent désormais qu’elles sont fragiles. Il en veut pour preuve le coup d’Etat de mars 2012 par des éléments de l’armée nationale. Une armée ont il regrette l’absence à Kidal, situation qui, du reste, inquiète les Maliens tant de l’intérieur que de l’extérieur, a-t-il fait savoir, se référant au rapport du Cesc.

De l’avis de M. Bittar, chaque jour qui passe apporte son lot de complication et nous rappelle que cette situation peut revêtir une solution dont la configuration géopolitique et géostratégique risque d’être décidée et imposée par d’autres. Et Jeamille Bittar de craindre que les conséquences de la situation de Kidal n’engendrent une fragmentation de l’édifice républicain et remettent en cause les trajectoires de notre histoire. Ce, dans le seul but de satisfaire les appétits de certains milieux.

C’est pourquoi Bittar a appelé à la mobilisation générale afin de défendre notre indépendance et nos intérêts nationaux dans le respect des limites tracées par la communauté internationale. Tout en souhaitant que la présidentielle se prépare avec minutie, le président du Cesc a attiré l’attention sur le fait que des milliers de Maliens ne figurent pas dans les données du Ravec.

Or, celles-ci devraient servir de base à la confection du fichier électoral, a rappelé M. Bittar.
Ont pris part à la cérémonie, outre les membres du Conseil, ceux du gouvernement, les présidents des autres institutions de la République ainsi que des représentants d’organisations de coopération bi et multilatérale.

Bakary SOGODOGO

06 Juin 2013