Partager

L’ouverture officielle de la 8ème édition des journées nationales
des communes du Mali qui s’est déroulée le vendredi 14 décembre
2007 au Centre International de Conférence de Bamako était placée
sous la présidence de Son Excellence Amadou Toumani Touré,
président de la République.

En présidant cette cérémonie, le chef
de l’Etat a salué la présence massive des délégations venues de la
sous-région et de l’Europe. C’était en présence de l’ensemble des
membres du gouvernement et des diplomates accrédités auprès de
notre pays.

Cette année, le thème retenu est “Le transfert effectif des
compétences et des ressources aux collectivités locales pour un
accès rapide et équitable des populations aux services sociaux de
base
”.

L’OBJECTIF DE LA RENCONTRE

Cette rencontre revêt aujourd’hui se pérennise grâce à
l’engagement constant des femmes et des hommes, des organisations
et des structures, qui croient que la décentralisation est le seul
moyen rapide, d’assurer un développement local durable pour nos
populations.

Il s’agit également d’instaurer un dialogue direct,
entre les élus locaux et la tutelle pour acélerer les processus
permettant d’acélérer le développement des communes.

LE CHOIX DU THEME

Selon le président de l’Association des Municipalités du Mali,
l’objectif des élus locaux n’est pas de faire de cette tribune
celle d’un nouvel espace d’interpellation du gouvernement. Mais de
rendre publique le mémorandum en espérant sur la prise en charge
de l’essentiel de leurs préoccupations.
M. Abdel Kader Sidibé,
dira que ce thème s’inscrit dans une logique de constats faits du
processus de décentralisation au Mali, qui rayonnait dans la
sous-région et a besoin aujourd’hui d’un nouveau souffle, d’une
nouvelle dynamique.

Par ailleurs, il a souligné que la décentralisation est d’abord
l’expression d’une volonté politique forte. Mais cette volonté
doit se traduire par des actions concrètes confiées à d’autres qui
en assurent et assument la responsabilité. “C’est à ce niveau que
nous constatons des défaillances et des insuffisances
”, a-t-il
déploré.

Il a également déploré que les élus locaux sont pratiquement
absents dans la prise des décisions et recommandations en faveur
des collectivités.
Aussi, “nous avons été oubliés dans la lettre de cadrage et les
actions de lutte contre le sida et même pour les indemnités
accordées aux sous-préfets, préfets et aux autres
”, a déclaré le
président de l’AMM.

LE PRESIDENT DU HAUT CONSEIL DES COLLECTIVITES

Oumarou Ag Mohamed Ibrahim Haïdara a souligné la présence du chef
de l’Etat, dont la symbolique s’installe dans la conscience
populaire comme un repère pour magnifier et vivifier sa politique
de décentralisation, à travers les collectivités fortes. Cela
confirme donc son intérêt exceptionnel pour le Mali, modèle de
bonne gouvernance.

CE QU’IL A DEPLORE

S’agissant de la question de transfert de compétences, le
président du HCC a souligné que ce processus connaît des
dysfonctionnements malgré une volonté politique maintes fois
réaffirmée par les pouvoirs publics sur l’irréversibilité de cette
réforme comme projet d’une société citoyenne et solidaire basée
sur l’approfondissement de la démocratie locale.

M. Oumarou Ag Mohamed Ibrahim Haïdara a aussi déploré la timidité
et l’insuffisance d’énergie de la commission interministérielle en
charge de l’impulsion et de la coordination du processus de
transfert des compétences. Il s’agit d’un manque de volonté
technique que de volonté politique qui est fortement exprimée à
travers la loi de la décentralisation, un modèle de société
démocratique.

UNE LEÇON DE PROFESSION EN TANT QU’ELU LOCAL

Le président du HCC a demandé à ses collègues élus locaux d’éviter
certaines étiquettes impropres qui entâchent leur image, par leur
implication, leur réserve devant l’ampleur de la tâche, face à
l’amplitude insoupçonnée des difficultés économiques et la
pauvreté invahissante. Car, selon lui, “ne mérite pas le statut de
bon citoyen que le vent
”.


LE MINISTRE DE L’ADMINISTRATION TERRITORIALE

Le Général Kafougouna Koné, après avoir relaté les retards dus au
transfert de compétences et des ressources, il a souligné
l’engagement et la disponibilité de son département en faveur des
communes pour atteindre cet objectif.

LES PROMESSES D’ATT

Le président de la République a précisé que le transfert des
compétences et des ressources entre l’Etat et les collectivités
locales marquera une étape décisive de la déclaration dont le
cadre politique a été déjà largement balisé. C’est pourquoi, le
chef de l’Etat a souligné l’avancée du processus de transfert avec
la création du Fonds National d’Appui aux Collectivités Locales.
En effet, le transfert de compétences et de ressources aura pour
conséquence, dira ATT, l’accroîssement sans doute de leurs moyens
d’action et surtout l’engager plus fort de leur responsabilité
pour la bonne gestion des deniers publics, qui seront mis à la
disposition de nos régions, cercles et communes.
Ainsi, il est
important de renforcer les capacités des élus locaux en matière de
gestion à travers des formations adaptées, a-t-il souligné.

ATT a promis à cet effet, la création du centre de formation et de
perfectionnement des élus et des cadres des collectivités. Toutes
ces nouvelles opportunités engagent les élus locaux à améliorer la
qualité de leurs prestations dans les domaines de l’éducation, de
la santé et de l’hydraulique.


L’OBJECTIF DE LA DECENTRALISATION SELON ATT

La décentralisation a pour objectif de promouvoir un développement
à la base à travers une économie locale dynamique et des services
de proximité aux populations. Le niveau de satisfaction de ces
dernières constituera le baromètre de l’efficacité de notre
gestion.

Pour terminer, le président Amadou Toumani Touré a reconnu le
travail bien fait de certaines communes. Par contre, il a déploré
l’attitude de certains maires qui font de leurs communes d’une
entité personnelle.

CE QU’IL FAUT RETENIR

Au cours de l’ouverture officielle de la 8ème édition de la
journée nationale des communes du Mali, il a été procédé à la
lecture et à la remise du mémorandum de l’AMM dans lequel figure
toutes leurs préoccupations.

La signature de la plate-forme des associations de pouvoirs locaux
du Bénin, du Burkina Faso et du Mali pour une intégration
sous-régionale forte battu sur un partenariat tripartite sud-sud a
aussi eu lieu, de même que l’inauguration officielle par le chef
de l’Etat des expositions des communes et une visite des stands.

Enfin, il a été question de lancer la semaine de l’élu local
contre le VIH/Sida.

Hady BARRY

17 Décembre 2007.