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Association des écoles privées agréées du Mali (AEPAM) a entamé, depuis hier lundi, une grève illimitée sur toute l’étendue du territoire national. Cette grève intervient après moult tractations de la part de ladite association pour le payement des arriérés des frais scolaires de 2006-2007 et de 2007-2008 par l’Etat.

Dans une correspondance en date du 11 mars 2008, adressée aux ministres des Enseignements secondaire, supérieur et de la recherche scientifique et de l’Education de Base de l’Alphabétisation et des Langues Nationales, l’association avait déjà fait part de son intention de suspendre les cours jusqu’au paiement intégral des frais scolaires des établissements membres. Selon le Secrétaire général de l’association, Ibrahima Rémy Doumbia, trop c’est trop.

Cette grève illimité a été décidé, selon lui, lors de l’assemblée générale extraordinaire qui a regroupé tous les promoteurs et chefs d’établissements privés du Mali, le samedi 5 avril. Cette réunion, convoquée par le bureau, avait pour objectif de faire le point de la situation de paiement des frais scolaires et des demi-bourses au titre de l’année scolaire 2007-2008 et la confirmation de la grève illimité qui a débuté depuis hier et cela jusqu’au paiement intégral des montants. Selon Ibrahima Remy Doumbia, son association a sollicité auprès des deux ministres en charge de l’éducation une audience, dans le cadre de la consolidation effective du partenariat pour l’intérêt exclusif de l’école.

C’est après cette audience que le ministre des Enseignements Secondaire, Supérieur et de la Recherche Scientifique a pris un arrêté libéré comme suit «  suite à une réunion, le vendredi 7 mars 2008, relative à l’examen de préparation des diverses décisions portant orientation, réorganisation et le transfert des nouveaux titulaires du DEF, passages et redoublements, régularisation des anciens élèves et de la décision portant attribution des frais scolaires et demi-bourses entre le cabinet ministériel et les partenaires de l’école, le vendredi 14 mars est consacré au dépôt des listes des retardataires. Après l’examen des listes, la signature des dernières décisions et leur diffusion sont prévues pour le vendredi 21 mars. L’intervalle de temps entre le lundi et le vendredi 12 avril sera consacré au traitement et au contrôle par les promoteurs privés.

Le traitement des décisions par la direction nationale et l’inspection de l’enseignement secondaire sont prévus du lundi 14 avril au vendredi 26 avril. Suivra ensuite la signature par le Secrétaire général du ministère des Enseignements secondaire, supérieur et de la recherche scientifique.

Sa diffusion est programmée du lundi 21 avril au vendredi 26 avril prochain
« . Face à la situation, l’Association des écoles privées agréées du Mali (AEPAM) estime que le contenu de la correspondance du ministre est en total déphasage avec l’arrêté ministériel en date du 20 mars 2008 fixant les taux des frais scolaires alloués aux établissements privés d’enseignement secondaire.

Ce présent arrêté fixe les taux annuels par élève de frais scolaires alloués aux établissements privés d’enseignement secondaire au titre de la prise en charge de la formation des élèves orientés par l’Etat dans lesdits établissements. Ces taux, déterminés en fonction des filières de formation, sont fixés comme suit par élève: enseignement secondaire général 80 000 FCFA, CAP tertiaire 90 000 FCFA, CAP industrie et BT, tertiaire font chacun 110 000 FCFA, BT agro-pastoral, BT industrie et BAC technique font également chacun 135 000 FCFA.

L’orateur d’ajouter que le paiement des frais scolaires s’effectue comme signé dans l’arrêté ministériel comme suit : la première tranche doit être payée à la première quinzaine du mois de mars de l’année en cours et la deuxième à la seconde quinzaine du moi de mai de l’année en cours ce qui n’a pas été heureusement le cas. Jusqu’à présent les promoteurs des écoles privées courent toujours derrière leurs dus. Ce qui, pour le Secrétaire général est déplorable.

« Aujourd’hui le système ne tient que par les écoles privées. Nous encadrons plus de 50 % des effectifs de l’école malienne » a-t-il déploré. Avant d’insister sur l’urgence de trouver une solution rapide à leur problème.

Ramata TEMBELY

08 avril 2008.