Partager

Dans la nuit du 25 au 26 février, un groupe de six jeunes, tous armés de pistolets de fabrication artisanale, a semé la terreur, de Faladié sur la rive droite jusqu’à Hamdalaye sur la rive gauche. L’opération s’était, malheureusement, mal terminée. Car l’un des agresseurs, Abderhamane Maïga, a été rattrapé par la clameur publique.

C’est une lutte acharnée que les forces de sécurité mènent contre l’insécurité dans le district de Bamako. Mais, malgré le fait que les forces de la police et de la gendarmerie aient multiplié les patrouilles nocturnes et nettoyé la capitale de ses plus redoutables malfrats, les jeunes, pour la plupart des étudiants, sont entrés dans la danse.

C’est ainsi qu’au petit matin de mardi 26 février, aux environs de 3 heures, six jeunes, armés de pistolets de fabrication artisanale, ont quitté le bar  »Blomba » de Faladié pour se livrer aux agressions. Ils étaient à deux, à bord de motos Jakarta. Tout au long de leur parcours, ils se sont attaqués à tous les passants qu’ils fouillaient systématiquement, sous prétexte qu’ils cherchaient le sac à main de leur copine, volé au bar Blomba. Ils ont continué leur opération sans anicroche jusqu’à Hamdalaye, au niveau du Lycée Prospère Camara où les choses ont mal tourné.

En effet, les six malfrats, qui avaient déjà dépossédé plusieurs victimes de leur argent et des bijoux de valeur, sont tombés sur Mama Diarra. Un chauffeur de camion de 34 ans, qui revenait de Sikasso. Il avait garé le camion et se rendait à pied à son domicile quand deux jeunes gens l’ont abordé. Ceux-ci lui signifièrent qu’ils étaient à la recherche d’un malfrat qui a arraché le sac de leur copine, et de ce fait, ils devaient le fouiller.

Le chauffeur leur opposa de la résistance. Mais, tout d’un coup, quatre autres malfrats sont arrivés à leur tour. Il fut ensuite encerclé et maîtrisé. Un passant, à bord de sa voiture, qui a suivi la scène, s’est approché pour voir ce qui se passait. Les malfrats lui intimèrent l’ordre de déguerpir sous la menace de révolver. Il ne demanda pas son reste, mais se retira un peu plus loin pour donner l’alerte.

Entretemps, les malfrats assommèrent le chauffeur avec la crosse de révolver avant de le dépouiller des 180 000 FCFA qu’il avait dans sa poche. Ils étaient encore là quand la population vola au secours de la victime.

Quatre malfrats réussirent à prendre le large, mais deux d’entre eux, Bourama Touré et son complice Abdérhamane Maïga, dans leur précipitation, tombèrent de leur moto et furent pourchassés par la clameur publique. Bourama Touré réussit à semer ses poursuivants. Abderhamane Maïga, quant à lui, n’eut pas cette chance. Car, en voulant escalader le mur de la clôture du Lycée Prosper Kamara, il dégringola et comme le malheur ne vient jamais seul, dans sa chute, il eut une luxation de la hanche.

Il fut cueilli par ses poursuivants et transporté au commissariat du 5e arrondissement. A une autre époque, il aurait été lynché. Les éléments de la brigade, que dirige l’inspecteur de police Koné, recherchent activement les cinq autres malfrats.

Pierre Fo’o Medjo

06 Mars 2008.