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Les travaux de la 5ème conférence ordinaire du Haut Conseil des Maliens de l’Extérieur (HCME), ouverts le vendredi 13 février 2009 au Centre International de Conférences de Bamako (CICB), sous la présidence du Chef de l’Etat, Amadou Toumani Touré (ATT), se poursuivent cahin caha au Centre Culturel Islamique de Hamdallaye. Les enjeux politiques et économiques sont en passe de tuer le jeu car, deux jours après la cérémonie d’ouverture, c’est le blocage à tous les niveaux.

Plusieurs conseils de base sont doublement, voire triplement représentés, alors qu’il faut seulement une délégation par pays. Il faut ajouter à cela les probables candidatures qui s’affrontent pour le contrôle du nouveau bureau. Les observateurs et les délégués sont unanimes qu’on n’a jamais vu une rencontre sous haute sécurité que la 5ème conférence ordinaire des Maliens de la diaspora. Il y avait une présence impressionnante des forces de l’ordre et de sécurité.

Les cas litigieux

Conformément au programme élaboré par la commission d’organisation, après la cérémonie d’ouverture au CICB dans l’après-midi du 13 février 2009, les travaux proprement dits devraient se poursuivent le 14 février aux environs de 9 heures au Centre Culturel Islamique de Hamdallaye par le contrôle des mandats.

Cette première tâche a été laborieuse du fait de la double, voire la triple représentativité de certains conseils de base. Cinq pays étaient dans cette situation : la France, la Côte d’Ivoire, la Mauritanie, les Etat-Unis d’Amérique et la Guinée Conakry. Cette représentativité non conforme aux statuts et règlement intérieur du HCME découle des difficultés dans la mise en place et du renouvellement des conseils de base.

Par exemple en France, un premier renouvellement a reconduit le président sortant Diadié Soumaré avec comme secrétaire général Makan Sidibé. Un second renouvellement sous la supervision du ministère des Maliens de l’Extérieur et de l’Intégration Africaine a choisi Gaharo Doucouré comme président du conseil de base des Maliens de la France.

Si le gouvernement malien reconnaît le bureau dirigé par Gaharo Doucouré, par contre, l’Etat français reconnaît comme président des Maliens de l’Hexagone, M. Diadié Soumaré. Toutes les deux tendances se sont retrouvées à Bamako avec leurs différentes délégations.

Puisque les textes du Haut Conseil disent qu’il faut une et une seule délégation par conseil de base, laquelle il faut choisir parmi les deux de la France ? Comme à l’image de la France, les Maliens de la Mauritanie, de la Guinée Conakry, des Etats-Unis d’Amérique sont venus à la 5ème conférence avec deux conseils différents.

En Côte d’Ivoire, le renouvellement du conseil de base a échoué à plusieurs reprises. Puisque le mandat du bureau sortant n’a pu être renouvelé, son président El Hadj Tanapo, revendique toujours une légitimité. Faux, rétorquent ses adversaires qui soutiennent qu’il a cessé d’être président depuis la fin de son mandat et que c’est son incompétence qui a créé cette situation.

Le Conseiller Technique chargé des Maliens de l’Extérieur, Amadou Soulalé et le Secrétaire Général du département en charge des Maliens de l’Extérieur, Mamadi Traoré, deux acteurs clés de l’organisation de cette 5ème conférence n’ont pu trouver la solution de 9 heures à 23 heures 30 dans la nuit du samedi 14 février.


L’intervention du ministre Badra Alou Macalou

Aux environs de 23 heures, la guerre d’usure a atteint son paroxysme. On sentait de la fatigue et du sommeil sur tous les visages. Les délégués, par groupes étaient assis dans les halls du Centre Islamique, d’autres étaient allongés sur des nattes à même le sol. Un communiqué circula faisant croire aux délégués qu’ils peuvent rentrer à la maison et que la reprise des travaux interviendra le dimanche 15 février à 9 heures.

Le même communiqué précisa que les délégués des pays où il y a litige sont priés de rester. A cet instant même, une autre information annonça l’arrivée du ministre des Maliens de l’Extérieur et de l’Intégration Africaine Badra Alou Macalou au Centre Islamique aux environs de 23 heures 30 mn. “ Il viendra pour trancher définitivement le litige du conseil de base de la France” , nous a affirmé un membre du bureau sortant.

Comme annoncé, le ministre a fait son entrée dans la salle de conférence du Centre Islamique aux environs de minuit. Il a pris fait et cause pour le bureau présidé par Gaharo Doucouré, le seul légal à ses yeux pour représenter les Maliens de la France. Pour la Mauritanie, la Guinée Conakry et les Etats-Unis d’Amérique, un consensus aurait été trouvé entre les délégués.

Pour la Côte d’Ivoire, puisque le mandat du bureau sortant n’a pu être renouvelé et qu’il n’y a pas d’autre bureau, le bureau sortant présidé par El Hadj Tanapo aurait été accepté au détriment des autres camps.

Il faut souligner que l’intrusion du ministre Badra Alou Macalou dans les débats a été dénoncée par certains délégués qui pensent qu’il veut tout simplement leur imposer son candidat en la personne de Habib Sylla, président du conseil de base des Maliens du Gabon.

Les candidats probables

Pour le contrôle du nouveau bureau, plusieurs camps se sont affrontés. Le jeu était largement ouvert dans la mesure où le président sortant, Abdrahamane Chérif Haïdara, fatigué sous le poids de l’âge, a déclaré dans son discours d’ouverture qu’il n’est pas candidat à sa succession.

Les candidatures annoncées sont : Gaharo Doucouré de la France, Habib Sylla du Gabon, Diadié Doucouré de la France délégué en tant que président d’honneur du bureau sortant, Dioncounda Diawara de la Chine entre autres.

Tout laissait penser que le programme ne sera pas bouclé dans le temps imparti car, l’élection du nouveau bureau qui devait intervenir le 14 février aux environs de 21 heures n’a pu se faire.

A 16 heures encore le 15 février 2009, le bilan financier ainsi que le rapport d’activités du bureau sortant n’étaient même pas encore adoptés, alors que c’était leur indiqué dans le programme pour la cérémonie de clôture.


Nous y reviendrons!

Daba Balla KEITA

16 février 2009