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mediateur.jpgLe Premier ministre Modibo Sidibé a présidé hier l’ouverture du 5è congrès de l’Association des ombudsman et médiateurs francophones (AOMF). La cérémonie s’est déroulée à l’hôtel de l’Amitié en présence de plusieurs membres du gouvernement, des présidents des institutions de la République, des ambassadeurs et des représentants des organisations internationales.

Cette rencontre survient juste au lendemain de la 12è édition de l’Espace d’interpellation démocratique (EID). C’est là une heureuse coïncidence de calendrier que le
chef du gouvernement n’a pas manqué de relever.
Il a souligné à ce propos la convergence entre les médiateurs et les objectifs poursuivis par l’EID.

Expérience originale initiée depuis 1994, l’Espace d’interpellation démocratique constitue, en effet, une réponse aux exigences de transparence et de contrôle citoyen de la gestion des affaires publiques. Notre pays a adopté l’EID comme instrument de consolidation de la démocratie au lendemain des événements de mars 1991, a rappelé Modibo Sidibé en soulignant combien les objectifs poursuivis par les institutions de médiation étaient proches de l’Espace d’interpellation en ce qu’ils offrent des recours aux administrés et représentent un conseil pour l’administration.

Les ombudsman et les médiateurs vont cependant plus loin. Ils produisent des rapports annuels pour présenter aux autorités compétentes les activités menées dans le cadre de la gestion des réclamations des citoyens. Ils formulent aussi des recommandations et des propositions de réformes à l’attention des pouvoirs publics.

« La suite réservée à ces rapports devra permettre d’améliorer les pratiques institutionnelles et de sauvegarder les droits humains« , a indiqué le Premier ministre.

Les ombudsman et les médiateurs apportent aussi une contribution significative à la défense des droits et libertés du citoyen, au renforcement de la démocratie et à l’édification ou la revitalisation de l’État de droit.

SIGNE D’UNE GRANDE VITALITE

L’Association des ombudsman et médiateurs de la francophonie regroupe des pays d’Afrique, d’Asie, d’Europe et de l’Océan indien membres ou observateurs. « L’association poursuit des objectifs essentiellement professionnels par la coopération entre ses membres et s’engage à promouvoir l’État de droit, la démocratie, la paix sociale« , a expliqué Mme Diakité Fatoumata N’Diaye, Médiateur malien et présidente sortante de l’AOMF.

Créée en 1998, l’association réunit aujourd’hui plus d’une cinquantaine de membres. Cette croissance, soulignera-t-elle, a évolué au rythme des progrès de la démocratie et de l’État de droit dans l’espace francophone. La tenue pour la cinquième fois de son congrès souligne la grande vitalité de l’association et le dynamisme des institutions nationales qui la composent.

Les assises vont évaluer les activités des 2 années écoulées à la lumière des objectifs que les ombudsman et médiateurs s’étaient fixés. Les résultats atteints permettront de formuler les nouvelles priorités et de définir les futures actions. Le congrès procédera également au renouvellement des instances. Un nouveau bureau conduira ainsi les destinées de l’AOMF.

Le secrétaire général de la Francophonie, Jean-Paul Delevoye, a jugé que le mandat qui s’achève a été une réussite. « On me reprochera peut-être de le dire trop tôt, parce que notre congrès n’est pas encore officiellement ouvert et parce que j’anticipe sur ce qui sera dit lors de l’assemblée générale statutaire. On ne me reprochera pas, en revanche, de vous exprimer, au nom de tous nos collègues médiateurs et ombudsman de la francophonie, nos remerciements pour avoir voulu que ce congrès se tienne à Bamako« , ajoutera-t-il.

Le 5è congrès de l’AOMF, à l’occasion duquel se tient l’assemblée générale ordinaire de l’association, permettra de prendre des décisions importantes qui vont déterminer les activités de l’association durant les 2 prochaines années.
Le thème principal du congrès intitulé « Le médiateur de la République, garant de l’équilibre entre les droits collectifs et les droits individuels » est révélateur de la complexité du rôle qui est dévolu aux ombudsman et médiateurs.
Il souligne, a priori, que les droits du citoyen, de par leur nature et leur objet, peuvent s’opposer les uns aux autres. Ils peuvent de surcroît affronter les intérêts de la collectivité.

S. DOUMBIA – L’Essor

12 Décembre 2007.