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Dans le rapport du Secrétariat de l’Organisation Mondiale de la Santé ( OMS), il est dit que chaque année, environ un Etat Membre de l’OMS sur cinq connaît une crise de cette nature et les systèmes locaux sont alors surchargés, endommagés ou désorganisés. Des centaines de millions de personnes courent le risque d’être confrontées à une situation de crise et plus de 40 millions vivent une telle situation. C’est la survie même de ces populations qui est en jeu.

Près de la moitié de la cinquantaine de pays actuellement touchés par les crises sont très loin d’atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement. Dans 16 de ces pays, il a été signalé que la mortalité des moins de cinq ans avait augmenté au cours des dix dernières années. Il est crucial d’accorder davantage d’attention aux priorités sanitaires dans les communautés à risque si l’on veut accélérer la réalisation de ces objectifs.
Rappel

Le dimanche 26 décembre 2004 à l’aube, un énorme séisme atteignant 9 sur l’échelle de Richter a frappé la côte occidentale du Nord de l’île de Sumatra, en Indonésie. L’épicentre était situé à une trentaine de kilomètres sous terre à 250 kilomètres au large au sud-ouest de Banda Aceh. La première secousse a été suivie de répliques d’intensité allant de 6 à 7,3, elles-mêmes suffisamment fortes pour faire des milliers de morts. Le séisme a déclenché des raz de marée puissants atteignant 10 mètres de hauteur, qui se sont déplacés vers les régions voisines de l’océan indien à plus de 500km/heure, ravageant des zones côtières d’Inde, d’Indonésie, des Maldives, de Sri Lanka et de Thaïlande, mais aussi du Myanmar, des Seychelles et de Somalie.

Selon les estimations, 280 000 personnes ont perdu la vie à la suite de ce séisme. Dans les zones touchées, la vie économique s’est arrêtée, le commerce s’est effondré. Des millions de personnes ont vu leurs familles et leurs communautés déchirées. Les traumatismes entraînés par cette catastrophe terrible ne sauraient être sous-estimés.

Pour répondre aux besoins immédiats des populations sinistrées, des centaines de membres du personnel ont été mobilisées, ainsi qu’une quantité considérable de kits de traitement, de matériel médical et de matériel technique. Tous ces moyens ont été mis à disposition à la suite d’une évaluation de la situation par l’OMS de façon à mettre en place un programme de travail crédible, rapide et efficace dans un environnement opérationnel hétérogène, exigeant et parfois dangereux.

Résolution

Fort de cela, la 58è Assemblée Mondiale de la Santé a regretté les graves conséquences humaines du séisme et du tsunami du 26 décembre 2004 qui ont frappé de nombreux pays, de l’Asie du sud-est à l’Afrique orientale, et fait, selon les estimations, 280 000 morts, des milliers d’autres personnes étant toujours portées disparues, et pas moins d’un demi million de blessés, et laissé au moins cinq millions de personnes sans abri et/ou privées d’un approvisionnement suffisant en eau potable, de moyens d’assainissement, de nourriture ou de services de santé.

L’Assemblée a donc demandé à la communauté internationale de continuer à soutenir fermement et durablement les zones affectées par le tsunami du 26 décembre 2004, et d’accorder la même attention aux besoins des populations touchées par d’autres crises humanitaires.

De même, elle a invité les 192 Etats Membres à apporter un soutien adéquat aux pays touchés par le tsunami et à tous les autres Etats Membres affectés par une crise ou une catastrophe pour le relèvement durable de leurs systèmes sanitaires et sociaux.

Elle a aussi encouragé, dans le cadre du projet de budget programme pour l’exercice 2006-2007, l’examen des activités de l’OMS en rapport avec les crises et les catastrophes, afin de permettre des interventions immédiates, en temps voulu, adaptées, suffisantes et durables, et à envisager d’augmenter les contributions afin de garantir le financement adéquat des actions et des interventions importantes de l’OMS, avant, pendant et après les crises.

Enfin, la 58è Assemblée Mondiale de la Santé a prié le Directeur Général de l’OMS, le Dr Lee Jong-wook, d’intensifier l’appui de l’OMS aux Etats Membres affectés par une crise ou une catastrophe qui s’efforcent d’améliorer les systèmes de surveillance de la maladie et l’accès à de l’eau propre, à des moyens d’assainissement, entre autres.

Le Directeur Général est aussi invité à communiquer activement et en temps voulu, des informations exactes aux médias internationaux et locaux pour mettre fin aux rumeurs et prévenir ainsi les mouvements de panique, les conflits et les autres conséquences sociales et économiques.

La présente résolution recommande, de même, au Dr Lee d’encourager la coopération relative aux activités sur le terrain entre l’OMS et les autres organisations internationales, avec l’appui des organismes donateurs, de façon à aider les gouvernements des pays touchés par le tsunami à coordonner les mesures prises pour relever les défis pour la santé publique, sous l’égide du Bureau de Coordination des Affaires Humanitaires de l’ONU, et à planifier et assurer un relèvement rapide et durable des systèmes et des services de santé, et de faire rapport à l’Assemblée de la Santé sur les progrès de cette coopération.

Par conséquent, le Dr Lee est prié d’élaborer des modèles et des lignes directrices pour l’évaluation rapide des incidences sanitaires après les crises, afin d’assurer des interventions appropriées, rapides et efficaces pour les communautés affectées.

Ibrahima Sangho, depuis Genève

23 mai 2005