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Le mardi 27 novembre 2012, lors de la réception donnée à l’occasion de la célébration du 58è anniversaire de la Révolution du 1er novembre 1954, l’ambassadeur d’Algérie au Mali, Nourredine Ayadi, a donné une magistrale et humiliante leçon de diplomatie à Tiébilé Dramé qui se considère comme un fin connaisseur des problèmes du Nord pour avoir été un très éphémère ministre des Zones arides et Semi-arides, un ministère-gadget vide de tout contenu, crée par Alpha Oumar Konaré dans le cadre des accords politiciens dont il était particulièrement friand.

L’ambassadeur algérien a décliné sa leçon magistrale en insistant sur les points suivants :

1. la solidarité agissante d’Alger à l’égard des pays voisins frères : la solidarité, dont a bénéficié l’Algérie combattante de la part des pays voisins frères et amis, oblige l’Algérie indépendante.

2. Comment ATT a superbement ignoré les mises en garde de l’Algérie : «Il y a deux ans, lors de la même circonstance, j’avais évoqué les différences d’approches et d’évaluation entre nos deux pays sur la situation qui prévalait dans le Nord du Mali. L’Algérie avait, alors procédé au rappel de son Ambassadeur au Mali pour consultation, décision exceptionnelle et d’une extrême gravité, à travers laquelle elle entendait tirer la sonnette d’alarme sur la situation qui se créait au Nord du Mali, du fait de l’ancrage du terrorisme et de ses connexions avec le narcotrafic et la criminalité organisée.

Connaissant la nature de ce phénomène et de ses modes opératoires, l’Algérie considérait qu’il constituait une menace pour la stabilité du Mali, pour son unité nationale et pour la sécurité de toute la région».
De fait, l’inconscience, l’imprévoyance, la frivolité et le caractère velléitaire d’ATT face à la détérioration de la situation ont provoqué l’affaiblissement global du Mali tant au plan intérieur qu’international. Ainsi, en 2011 et 2012, le Mali n’était plus en mesure de faire face à une situation qu’il avait négligée durant de longues années.

L’impact du conflit libyen sur le Mali

La guerre en Libye a été un accélérateur de la dégradation de la situation au Mali. Enfermé dans une logique circulaire absurde, ATT, comme tous les apprentis sorciers, a été paralysé et victime de ses propres turpitudes face à la crise libyenne.
L’ambassadeur algérien le souligne avec pertinence : «Les évènements survenus en Libye et leurs retombées sur la région, ont crée une situation nouvelle qui a modifié l’état des rapports de forces et précipité le cours des évènements. Les rapports de force ont changé, la situation était devenue plus complexe, mais la nature des phénomènes était demeuré la même».

Général d’opérette, totalement dépourvu d’envergure intellectuelle, ATT était démunie face à un monstre qu’il avait laissé prospéré sous de fallacieux prétextes : «le Mali n’est pas concerné par le terrorisme qui est une importation».

Quand bien même, cela était partiellement vrai, le devoir d’un chef d’Etat n’est-il pas de protéger son pays et son peuple face à une menace gravissime mettant en cause la souveraineté nationale et gangrenant les rouages essentiels de l’appareil d’Etat, y compris le proche entourage d’ATT lui-même qui n’ignorait rien des agissements de son épouse, de ses filles, de ses beau-fils, de son chef d’état-major particulier…

L’ancrage du terrorisme et de la criminalité dans la bande sahélo-saharienne et la nécessité d’une riposte sécuritaire et militaire régionale concertée et coordonnée

Le terrorisme et la criminalité dans la bande sahélo-saharienne sont désormais ancrés dans le paysage géopolitique de la bande sahélo-saharienne. L’ambassadeur a raison de le souligner : «le terrorisme et ses connexions avec le narcotrafic constituent hier comme aujourd’hui la principale source de menace. Leur expression militaire a gagné en puissance et en force à la faveur des évènements.
Leur caractère transnational nécessite assurément une riposte sécuritaire et militaire, qui ne peut être que le fruit d’une action régionale, voire internationale concertée et coordonnée, dans le cadre des conventions internationales existantes et des résolutions pertinentes du Conseil de Sécurité».

Les axes fondamentaux de la diplomatie algérienne pour le règlement de la crise malienne

Quatre jours après le coup d’Etat du 22 mars 2012, l’Algérie a précisé sa vision du règlement de la crise malienne. Premièrement, la vision algérienne est «centrée autour de la récupération par les Maliens de la maîtrise du destin de leur nation».

Les Maliens doivent engager un dialogue comme «seule voie pour une solution pacifique à la situation dans le nord Mali», car, il s’agit de «problèmes internes au Mali, de problèmes entre Maliens, entre les composantes d’une même Nation. Il s’agit de problèmes qui relèvent du domaine politique et de la gouvernance et leur traitement, à l’évidence, ne peut relever que du domaine politique. Et il appartient principalement aux Maliens de régler de la manière qu’ils jugent appropriée».

Cette approche tranche clairement avec celle de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) qui s’est substituée de manière outrancière au peuple malien et à ses dirigeants depuis le début de cette crise. Cette ingérence persiste toujours avec la volonté absurde et bornée du médiateur burkinabé de vouloir négocier en lieu et place des Maliens.
Au lieu dénoncer ce mépris affiché par le «Médiateur» autoproclamé de la CEDEAO, de Tiébilé Dramé et ses amis s’aplatissent devant les oukases et les admonestations de Ouagadougou qui est devenue la «nouvelle Mecque» des dirigeants du Front uni pour la sauvegarde de la démocratie et la République (FDR).

Les piliers de la position de l’Algérie sont sans équivoque : «Sauvegarde de l’intégrité territoriale, préservation de l’unité nationale, dialogue entre les Maliens, solution pacifique, mais aussi lutte contre le terrorisme et la criminalité organisée».

L’Algérie estime que :

Premièrement : les «Maliens restent les principaux acteurs, que les institutions maliennes demeurent incontournables et que les forces de défense et de sécurité nationales doivent demeurer le fer de lance de toute stratégie de sortie de crise. Partant, l’Algérie estime que l’armée malienne doit être renforcée et consolidée pour jouer pleinement son rôle dans la nécessaire sauvegarde de l’intégrité territoriale, dans la préservation de l’unité nationale et dans le combat contre le terrorisme, la criminalité organisée et le narcotrafic qui minent la zone nord du pays…». Partant de cette analyse, l’Algérie a décidé «d’apporter une contribution consistante aux efforts de reconstruction de l’armée et des forces de sécurité, en termes de formation, de logistique, d’équipement».

Deuxièmement : le dialogue entre les Maliens s’articulera autour du principe cardinal de «l’exigence du respect de l’intégrité territoriale et de la préservation de l’unité du peuple du malien, comme conditions non négligeables». Ce dialogue impliquera «ceux qui se démarquent sans équivoque du terrorisme et de la criminalité et ceux qui renoncent clairement a toute atteinte à l’intégrité territoriale et à l’unité nationale. Ce dialogue aura pour vocation de favoriser l’avènement d’une solution pacifique, isoler les groupes terroristes et de permettre un redéploiement de l’Administration malienne sur tout son territoire».

Troisièmement : «l’Algérie n’a jamais exclu l’option d’une intervention armée ». Toutefois, «celle-ci doit être envisagée en ultime recours… elle doit être conduite à la lumière d’une définition rigoureuse des objectifs, des moyens requis, des règles d’engagement et de la mobilisation des potentiels requis, pour qu’elle soit entourée des chances de succès».
Pour l’Algérie, «toute intervention armée doit être conduite avec discernement et cibler les véritables menaces que sont le terrorisme et le crime transnational organisé et ce afin d’éviter à notre région des dérives insupportables».

A cet égard, l’ambassadeur a rappelé, judicieusement que l’Algérie «a été agressée et son consulat à Gao victime d’une attaque terroriste» et qu’une «partie de son personnel, dont le Consul d’Algérie se trouve toujours en otage» des groupes terroristes.

En définitive, le diplomate fera remarquer que les éléments de l’approche de son pays ont été développés dès le mois de mars 2012 et que ceux-ci faisaient présentement «l’objet d’un consensus international consacré par la résolution 2071 du Conseil de Sécurité… ».
«Ceux qui veulent voir les Maliens s’entredéchirer dans une guerre fratricide, aux conséquences imprévisibles, ont des motivations et des raisons qui ne sont pas celles de l’Algérie». L’existence d’une communauté pérenne de destin entre le Mali et l’Algérie.

En conclusion, l’ambassadeur affirme fortement : «L’Algérie et le Mali sont liés par une communauté pérenne de destin. Leurs affinités sont naturelles et leurs liens sont solides car façonnés par la matrice immuable de la géographie et forgés par la mémoire inaltérable des épreuves de l’Histoire. Ces liens se renforcent dans les épreuves ? Celle qu’endure actuellement le peuple malien frère est certainement complexe. Mais, en dépit de la conscience que l’on peut avoir du Nord, il nous faut rester optimiste. Les raisons de l’être sont objectives et réaliste. Vive le Mali, Vive l’Algérie, Vive la fraternité algéro-malienne».
Voilà en des mots savamment bien pesés ; l’ambassadeur a donné à un homme politique aspirant à jouer un rôle de premier plan au Mali une leçon magistrale contenant une parfaite maîtrise des aspects géostratégiques, historique, diplomatique et sécuritaire de la crise malienne.

Cette analyse est à mille lieux des péroraisons scabreuses contenues dans les déclarations du président du Parti pour la renaissance nationale (Parena), un parti groupusculaire, sans enracinement dans le paysage national et qui est totalement instrumentalisé pour satisfaire la terne ambition d’un homme aveuglé par son propre égo de se hisser sur la colline de Koulouba. Cependant, le22 mars 2012 a faussé tous ses calculs. Il rejoint le FDR pour faire parler de lui. Et s’autoproclame conseiller spécial de Dioncounda Traoré.

Extrait du rapport de la CASCA 2006 23è Sommet France-Afrique (pages 112 à 115)

* La non tenu du livre journal de banque pour la régie spéciale et la contribution française ;

* la non-tenue du livre journal de caisse ;

Le dépassement du plafond des crédits autorisés en novembre 2005 créant des factures impayées d’un montant de 643.412.896 FCFA. Ces dépenses ont été exécutées sans autorisation du DAF de la Primature, ordonnateur du budget ;

* la non-conformité des factures aux critères exigés par la réglementation en matière de procédure d’exécution des dépenses ;

* le non enregistrement des contrats à la Direction nationale des Domaines et du Cadastre, en violation de l’article 551 du Code général des Impôts ;

* le financement de certaines dépenses ;

* l’inexistence d’ordre de services (contrats de travaux, bons, ordres de services établis) ;

* l’existence de PV de réception établis après le Sommet aux fins de paiements ;

* l’existence de factures non accompagnées d’attestation de services faits pour un montant de 353.914.234 FCFA ;

* la non-définition des taches des contractants dans les contrats ;

* la passation de 24 marchés pour un montant total de 5.604.413.311 FCFA sur lesquels 2.147.307.150 FCFA restent à payer ;

* l’impossibilité pour la mission de déterminer le solde théorique en raison de la non-tenue du livre journal de caisse ;

* des matériels manquants à l’inventaire évalués à 34.892.770 FCFA.

Nous avons toujours soutenu qu’il est impérieux de faire l’audit de la Nation pour extirper les «délinquants à col blanc» afin d’amorcer un nouveau départ. L’opinion se rappelle, très certainement, que c’est sur instruction, sinon la forfaiture, de l’ancien Président ATT que ce dossier sulfureux a été classé pour un instant par le juge anti corruption.

Le Président ATT a été violenté à l’époque par les compagnons politiques de Tiébilé Dramé ; c’est donc à l’issue d’une transaction diabolique que ce rapport de vérification sera classé pas parce qu’il est faux mais à cause de la faiblesse du chef de l’Etat, qui n’avait aucune valeur juridique.

Il revient au ministre chargé de la Justice d’ouvrir ce rapport de contrôle pour permettre à l’Etat de récupérer les fonds évadés puisqu’il s’agit bien de faits avérés révélés par des hommes assermentés ; rien ne saurait s’opposer à la réouverture de ce dossier.
Mieux on voit que l’équipe de contrôle n’avait pas fini de déterminer entièrement tout le déficit parce qu’elle mentionne « l’impossibilité pour la mission de déterminer le solde théorique en raison de la non-tenue du livre journal de caisse» ; c’est à l’issue de ce travail que la mission de contrôle pouvait faire ressortir les détournements en numéraires ; tout ce qui justifie le détournement en espèces.

Brin COULIBALY

L’Inter de Bamako du 10 Décembre 2012