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L’Armée malienne a eu 56 ans ce 20 janvier 2017 avec IBK comme commandant en chef. Cet anniversaire est tristement commémoré car marqué par le massacre gratuit d’un nombre impressionnant de nos soldats à Gao. Que Dieu accueille leur âme dans son Paradis Éternel.

Cette célébration nous convie toujours à un devoir de mémoire et de reconnaissance envers les autorités politiques et militaires qui ont conduit le Mali à l’Indépendance et mis en place une armée nationale et républicaine dédiée à la défense de ses intérêts supérieurs.

Nous nous devons d’associer à cet hommage nos anciens (Col. Boubacar Traoré, le père de l’ancien président de la République par intérim) qui, dans un élan patriotique remarquable, se sont engagés dans la nouvelle armée nationale. Le dévouement et l’esprit de sacrifice sont, entre autres, des valeurs essentielles que nous retenons de leur parcours. Celles-ci doivent continuer d’inspirer toutes celles et tous ceux qui ont choisi et/choisiront de servir sous le drapeau national.

Fondée le 10 octobre 1960, après l’indépendance (les derniers soldats français ayant quitté le sol malien, le 20 janvier 1961), l’Armée malienne est responsable de la défense de l’intégrité territoriale et de la souveraineté nationale. Elle est composée pour ce faire, de l’Armée de Terre, de l’Armée de l’Air, de la Garde nationale et de la Gendarmerie nationale. À ceux-là, il faut associer les autres corps, porteurs d’uniforme comme la Police nationale, la Protection civile, la Douane, le Service pénitencier, et autres corps paramilitaires.

Notre armée nationale faisait partie des armées les plus performantes et les plus craintes de la sous-région. Elle était constituée de patriotes engagés, prêts à mourir pour la patrie. Elle a produit des hommes de valeur comme Diby Silas Diarra, Siaka Koné, Bélédougou Koné, Kafougouna Koné, Kissima Dounkara, entre autres. Pourtant, ceux-ci n’étaient pas aussi bien payés que les soldats et officiers d’aujourd’hui. Ils connaissaient, simplement, mieux l’importance de la partie, du drapeau national, du sacrifice ultime. Cela, il faut le dire sans effaroucher qui que ce soit. Nous avons tous été complices à des degrés divers de l’installation progressive dans ce corps des pratiques malsaines avec des recrutements complaisants, l’indiscipline caractérisée des soldats, la désarticulation et la corruption de la chaîne de commandement, parce que l’armée est devenue le refuge des exclus de notre système éducatif, des enfants « gâtés », un lieu où il faut « caser » le frère, le cousin, le beau-frère, le militant en quête d’emploi au détriment de la défense et de la sécurité du pays. Hélas ! Tout sauf les fils du pays qui ont l’amour du métier des armes et qui sont aptes ! Que Dieu ait pitié du Mali et l’assiste.

Il est important de rappeler aussi que l’Armée malienne a souffert de l’intégration des rebelles « touareg » et des déserteurs dans l’armée régulière à la suite d’accords conclus entre politiques, excluant les officiers patriotes et rigoureux sur les principes et règles militaires. On a eu le sentiment, parfois, qu’on a laissé l’armée se politiser et se décomposer en ne lui accordant aucun moyen conséquent. Face aux menaces, elle a engagé des réformes audacieuses qui tarderont à produire ses résultats, mais si elles sont correctement appliquées dans la durée construiront une armée républicaine et performante. Un bémol tout de même, la guerre entre les fils d’un même pays n’est pas aisée.

En ce moment même où notre vaillante armée, avec l’appui de la communauté internationale, livre une rude bataille contre les ennemis de la paix et de la réconciliation, il convient de lui rendre un vibrant hommage. Aussi, est-il important de remercier tous les pays contributeurs pour leur soutien à l’armée malienne dans sa quête de restauration de l’intégrité territoriale du Mali.

Face aux périls, il y a la nécessité, pour nous, de bâtir l’armée de nos besoins, plutôt que de conserver l’armée de nos habitudes. Cette grande ambition exige de nous la poursuite de la modernisation de notre outil de défense et le renforcement continu de nos effectifs. Ainsi, nous consoliderons l’Armée nationale dans sa vocation à demeurer le creuset de l’unité nationale. Célébrons notre Armée nationale… Ayons l’Amour de notre pays, le Mali. Bonne Fête ! Vive les Fama ! Vive l’Armée au service de la République !

Yaya SANGARE/Député

Du 25 Janvier 2017