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La journée mondiale des lepreux est célébrée chaque année le dernier dimanche du mois de janvier dans 37 pays dont le Mali. Comme d’habitude, l’Union Malienne Raoul Follereau (L’UMRF) n’est pas restée en marge des festivités mondiales de cette année. Pour marquer l’évènement, une grande manifestation a eu lieu hier sous la haute présidence de Amadou Toumani Touré, président de la République du Mali au Centre National d‘Appui aux Malades (CNAM), ex-Institut Marchoux.

Avant les différentes interventions, l’Ensemble Instrumental Raoul Follereau a présenté une brillante prestation. Après l’orchestre, le président de l’Union Malienne Raoul Follereau dira que : “La journée mondiale des lépreux est célébrée chaque année le dernier dimanche du mois de janvier dans 137 pays à travers le monde”. Elle a pour but, selon son initiateur Raoul Follereau “d’obtenir que les malades de la lèpre soient soignés comme tous les autres malades et de guérir les biens portants de la peur absurde et parfois criminelle qu’ils ont de cette maladie et de ceux qui en sont atteints”.

Des résultats considérables dans la lutte contre la lèpre ont été obtenus grâce aux efforts conjugués de l’Association Mondiale Raoul Follereau, de l’OMS et à la performance de notre système socio sanitaire décentralisé. En effet, dans tous les centres de santé communautaire de notre pays, des agents socio sanitaires compétents et dévoués mènent des activités de dépistage et de traitement de façon efficace et efficiente. Si le Mali a pu obtenir ces brillants résultats, c’est grâce à l’éveil des consciences et à l’adhésion solennelle à la journée mondiale des lépreux.

Si la bataille contre la lèpre en tant que maladie est presque gagnée, force est de reconnaître que la bataille contre la lèpre du point de vu social demeure encore une préoccupation majeure pour l’Union Malienne Raoul Follereau (UMRF), et ses partenaires. “En effet, combien sont-ils aujourd’hui les lépreux qui sont obligés de mendier leur pain quotidien pour vivre? Combien sont-ils sans abri et qui dorment à même le sol?” S’est interrogé le président de l’UMRF. Ils sont nombreux ces femmes et hommes malades de la lèpre qui ont besoin de notre aide, de notre amour et de notre solidarité pour retrouver toute leur place dans la société.

Raoul Follereau disait ceux-ci: “le pauvre, le malade, le persécuté a une soif obscure de se retrouver, d’avoir conscience qu’il est un homme comme les autres, qu’il a le droit de vivre et le devoir d’espérer. Lui procurer le moyen d’assurer par lui même, son existence et celle des siens, ne pas se contenter de lui abandonner la monnaie de notre porte-monnaie, mais partager sa souffrance, sa colère, son désir ou sa joie et lui donner une part des nôtres: C’est cela vraiment l’aimer” a suggéré le président UMRF avant de faire état de quelques réalisations qui sont entre autres la mise à la disposition des lépreux des moulins, des machines, ceux-ci s’ajoutent au projet de commercialisation de petits ruminants et de céréales.

VERS L’ELIMINATION DE LA LEPRE AU MALI

Après le discours du président l’UMRF, plusieurs interventions ont été faites en l’occurrence celle du représentant des malades de la lèpre et celle de Michel Recipon, président de l’Association Française Raoul Follereau.

Après ceux-ci, la ministre de la Santé s’est adressé à l’assistance en ses termes: “Aujourd’hui, grâce aux efforts conjugés des gouvernements, des partenaires au développement et des communautés, la lutte contre la lèpre a enregistré des résultats significatifs au Mali, en Afrique et dans le monde. Notre pays, depuis 2001 a atteint, au plan national, le seuil d’élimination de la lèpre fixé à moins d’un cas pour 10 000 habitants.

Cependant, pour des difficultés naturelles d’accès de certaines populations aux centres de santé communautaire, quelques districts sanitaires ont du mal à atteindre ou à maintenir ce seuil d’élimination. Pour ces localités, depuis 2001, nous avons initié des stratégies avancées d’interventions qui consistent à mener des activités de consultations dans les villages enclavés tout en nous faisant aider par des relais communautaires pour le suivi du traitement des malades dépistés. C’est ainsi que par cette stratégie, le taux de détection de la lèpre a augmenté dans les cercles de kéniéba, Ansongo et Niafunké, à la fin du 3ème trimestre 2006, le nombre de nouveaux cas dépistés est de 595 alors qu’il était de 450 pour la même période en 2005.

DE LA FORMATION DES SUPERVISEURS

L’un des défis actuels de la lutte contre la lèpre est l’amélioration de la qualité des services lèpre dans tous les districts sanitaires. Il y a deux semaines, 21 infirmiers et médecins superviseurs lèpre ont reçu une formation appropriée au Centre National de Lutte contre la Maladie (CNAM). Ce qui porte à 55 le nombre total de superviseurs compétents pour les activités de lutte contre la lèpre au niveau du district.

Au niveau de toutes les directions régionales de la santé, il exige un chargé de programme lèpre, a martelé la ministre de la santé.

Avant de clore sont intervention, elle a annoncé des mesures de détection précoce sur l’initiative de l’organisation mondiale de la santé. Ce plan est appelé « Stratégie mondiale d’allègement de la charge hansénienne et de maintien des activités de lutte contre la lèpre 2006-2010« .

Le président de la République Amadou Toumani Touré prononcera ensuite le discours de clôture en ces termes: » Depuis 1972, date à laquelle j’ai été muté au Camp parachutiste de Djicoroni, chaque année c’est une tradition pour moi de fêter la journée mondiale de la lèpre à ce même lieu« .

Mamoutou DIALLO (Stagiaire)

12 février 2007.