Partager

Hier jeudi, dans le cadre de la 4ème conférence internationale sur la grippe aviaire, la cérémonie d’ouverture de la conférence internationale ministérielle a eu lieu au Centre international des conférences de Bamako, sous la présidence du chef de l’État, Amadou Toumani Touré.

Etaient présents, le Premier ministre Ousmane Issoufi Maïga, plusieurs membres du gouvernement, nombreux invités de marque, ainsi que plus de 500 participants venus du monde entier.

Denis Sassou N’Guesso président en exercice de l’Union africaine et président du Congo, Kofi Annan secrétaire général des Nations Unies, et Alpha Oumar Konaré, président de la Commission de l’Union africaine, initialement annoncés, n’ont pu effectuer le déplacement, mais se sont fait représenter.

Mme Bience Gawanas, représentante de la Commission de l’Union africaine, a d’emblée reconnu, qu’aujourd’hui, le monde entier, fait face à une grippe aviaire hautement pathogène avec le risque d’une pandémie.

Selon Mme Gawanas, depuis son apparition en 1997 en Asie, la grippe aviaire a déjà provoqué beaucoup de dégâts dans le monde. En effet, plus de deux millions de volailles ont été tuées, 256 personnes ont été infectées dont 52 cas de mort recensés, et le taux de mortalité atteint 50% ».

Continent le plus exposé à l’épizootie, l’Afrique est non seulement déjà confrontée à la pauvreté et à d’autres maladies plus graves comme le sida, mais a souligné la représentante de la Commission de l’UA, c’est en Afrique que les hommes et les oiseaux vivent dans la même cour, alors que les systèmes de santé y sont très faibles.
Concernant le bilan de la lutte contre la maladie un an après la conférence des bailleurs à Beijing, la commissaire de l’UA a déploré le fait que des bailleurs de fonds n’ont pas honoré leurs engagements. En effet, dans la capitale chinoise, les principaux donateurs avaient promis au total 1,9 milliard de dollars, environ 1000 milliards Fcfa.
Aussi, appel a été lancé par Mme Bience Gawanas aux donateurs, afin que l’Afrique soit dotée d’un stock de médicaments contre la grippe aviaire.

Tout en saluant les efforts consentis à travers le monde, appel a été également lancé par Mme Bience Gawanas à l’endroit de la communauté internationale, à intensifier la lutte préventive contre cette épizootie, à contrecarrer la transmission du virus à l’homme et surtout à éviter coûte que coûte, la transmission de la maladie entre humains.

David Nabarro, coordinateur principal du système des Nations Unies pour la grippe aviaire, a expliqué les recommandations des experts réunis en prélude à la conférence ministérielle : Les experts ont bien mesuré l’ampleur de la menace que fait planer l’épizootie, aussi, ont-ils demandé l’intensification de la lutte en renforçant les moyens existants et souhaité la mobilisation de nouvelles ressources afin de faire face à une éventuelle pandémie, a-t-il indiqué.

Révélation a été faite par David Nabarro, que 127 millions de dollars, environ 66 milliards de Fcfa, ont été décaissés à ce jour, mais l’Afrique malheureusement, n’a pas vraiment profité de ces financements, a-t-il déploré.

Aussi, pour Mr Nabarro, la coordination des actions est essentielle dans la lutte contre l’épizootie de la grippe aviaire, et Bamako doit être une confirmation de la solidarité contre la maladie, selon lui. La vigilance doit être de mise car le virus H5N1 est là, a-t-il rappelé.

La représentante de la présidence de l’Union européenne, le ministre finlandais des Affaires sociales et de la Santé, Mme Liisa Hyssälä, a quant à elle souligné, qu’un an après la conférence de Beijing sur la mobilisation des fonds contre la grippe aviaire, il était nécessaire de faire le bilan et de recenser les nouveaux besoins.

Pour Mme Hyssälä, malgré les efforts positifs accomplis, le virus sévit à travers le monde et le risque d’une pandémie persiste et priorité doit être donnée non seulement aux pays touchés par la maladie, mais aussi à ceux qui sont menacés.

Annonce a été faite par Mme Irène Horejs, chef de la délégation de l’Union européenne au Mali, que les actions de renforcement des services sanitaires et les dispositions contre toute nouvelle crise sanitaire occupent une bonne place dans le programme soutenu par le 10è Fonds européen de développement qui entre en vigueur en 2008. Et sans attendre, une enveloppe sera débloquée dès 2007, pour accompagner la lutte contre la grippe aviaire.

Pour Mme Horejs, la longue bataille engagée depuis un an est loin d’être gagnée. Nous sommes tous invités à poursuivre nos efforts dans un cadre coordonné et dans une étroite concertation avec toutes les parties concernées. L’Union européenne attache une grande importance à cette cohérence, a-t-elle expliqué.

Quant au président de la République. Amadou Toumani lui a appelé la communauté internationale à aider l’Afrique qui est n’est pas assez bien armée pour faire face à la grippe aviaire.
Pour le président Touré, après les conférences de Genève, Beijing et Vienne qui ont permis d’élaborer des plans d’actions, Bamako doit être le point de départ d’une action énergique contre la grippe aviaire.

L’Afrique qui fait face à cette maladie épizootique n’est pas restée les bras croisés a signalé le président de la république. Ainsi à Dakar, en février dernier, puis à Abuja en juin, les ministres et experts africains avec le concours des partenaires au développement, ont évalué l’ampleur de la menace et proposé des réponses appropriées contre l’épizootie.

Le chef de l’État a avoué s’être plusieurs fois rendu dans le Delta central du Niger, où des milliers d’oiseaux viennent chaque année de partout dans le monde dans notre pays. Ces oiseaux, selon le président Touré, « n’ont pas besoin de visa pour s’installer au Mali. Par contre, il nous faut aujourd’hui un visa sanitaire. Ce qui nécessite la contribution de tous », a-t-il martelé.
Le chef de l’état a rappelé combien le secteur de l’élevage est important pour notre pays. Or une éventuelle introduction de la grippe aviaire aurait des conséquences dramatiques sur une partie de ce secteur, a-t-il expliqué.

Mais la forme animale de la maladie est un danger bien moins grave, à côté du péril que constituerait une transmission à grande échelle de la maladie à l’homme, a indiqué le président Touré.

Aussi, convient-il de se féliciter de toutes les initiatives prises par la communauté internationale pour la prévention,

Le président Touré a souhaité que Bamako soit l’occasion de faire le point sur l’évolution de la maladie dans le monde et d’échanger des informations sur les stratégies, les formes d’appui à donner aux professionnels du secteur de l’aviculture et de la recherche sur les vaccins.

Remerciements à l’endroit de l’Union africaine et l’Union européenne pour leur engagement aux côtés du gouvernement pour l’organisation de cette conférence ministérielle, ont été émis par le chef de l’état.

08 décembre 2006.