Partager

Les travaux de la 4e session extraordinaire du Comité Interparlementaire de l’UEMOA sur le rôle des Parlements dans la gestion de l’émigration en Afrique de l’Ouest se sont achevés ce vendredi 27 juin 2008 au Centre international de conférence de Bamako.

Cette session à laquelle ont pris part les participants issus des parlements nationaux des huit Etats membres de l’UEMOA, des institutions parlementaires africaines, des parlements des pays de transit et d’accueil ainsi que des représentants d’organisations internationales et d’associations d’émigrés a adopté des résolutions et recommandations ainsi qu’un appel et une déclaration dite «Déclaration de Bamako».

Ainsi à travers cette déclaration, les participants ont exprimé leur préoccupation par rapport à l’ampleur de l’émigration clandestine des jeunes de l’Afrique de l’Ouest vers l’Europe au risque de leur vie dans des conditions inhumaines et dégradantes ainsi que par les effets négatifs de ce phénomène aussi bien pour les Etats d’origine, de destination que de transit.

A cet effet, ils ont recommandés aux autorités de l’UEMOA l’élaboration d’une politique migratoire commune et l’harmonisation des positions pour la conclusion d’accords migratoires avec les partenaires.

Ils ont invité également tous les acteurs de l’intégration à veiller tout particulièrement à la mise en œuvre effective des règles relatives à la libre circulation et au droit de résidence, en combattant efficacement toutes les tracasseries et entraves communautaires.

Ils ont aussi incité sur la mise en œuvre de politiques hardies, novatrices et durables pour les jeunes dans le terroir à travers notamment le financement de l’auto-emploi et la création d’activités génératrices de revenus subséquents. Quant à la résolution, elle se rapporte au rôle des parlements dans la gestion de l’émigration en Afrique de l’Ouest.

Ainsi, les participants ont invité le Comité interparlementaire de l’UEMOA à déployer une diplomatie parlementaire offensive, afin d’obtenir la ratification et le respect des conventions sous-régionales et internationales entre les Parlements.

Dans une communication, les participants ont recommandé aux parlements nationaux de suivre les politiques gouvernementales en matière de migration des populations.

Enfin dans son appel aux parlements et aux gouvernements des pays européens, le Comité Interparlementaire de l’UEMOA a dénoncé vigoureusement «la directive retour» votée par le parlement européen le 18 juin 2008 et a invité ce dernier à définir ensemble des règles transparentes et équitables qui tiennent compte des intérêts de toutes les parties prenantes dans le processus de migration.

Ces résolutions et recommandations en plus de la déclaration dite «Déclaration de Bamako» illustrent combien les parlementaires s’intéressent à une question aussi importante qu’est l’émigration. A cet effet, le président du CIP M. Mélégué Traoré, a clarifié le rôle spécifique à jouer par les parlements dans la question migratoire, quand on sait que les politiques migratoires sont définies par les gouvernements.

Pour lui «les parlements jouent leur rôle en votant des bonnes lois en matière migratoire, en contrôlant la politique migratoire que le gouvernement est chargé dans chaque pays d’élaborer et d’exécuter puis en faisant en sorte que l’allocation de ressources c’est-à-dire les ressources budgétaires soient votées pour soutenir la politique migratoire et enfin naturellement en créant une conscience ouest-africaine en matière migratoire».


Sidi Modibo Sagara

30 Juin 2008