Partager

Le Comité interparlementaire de l’Uémoa (CIP Uémoa) a ouvert hier au CICB, sous la présidence du président de la République ATT, sa 4e session extraordinaire sur l’émigration.

Le sujet de l’émigration tient à cœur les gouvernants aussi bien que les politiques. Le CIP de l’Uémoa s’est saisi de la question. Les députés venus de la Côte d’Ivoire, du Bénin, du Burkina Faso, de la Guinée-Bissau, du Mali, du Niger, du Sénégal et du Togo ont ouvert la réflexion sur « le rôle des parlements et des élus dans le traitement de l’émigration en Afrique de l’Ouest ».

L’ouverture de la cérémonie, présidée par le président du CIP-Uémoa, Mélégué Traoré, a été rehaussée par la présence du président ATT et les présidents des Assemblées nationales du Bénin, du Sénégal et du Togo ainsi que les représentants de leurs homologues du Burkina Faso, du Niger, de la Guinée-Bissau et de la Côte d’Ivoire. Les parlements marocains, algériens et belges ont répondu également à l’invitation.

L’Uémoa est un organe de solidarité et de complémentarité entre les pays membres ayant comme objectif fondamental l’intégration économique et sociale.

Il est donc dans son rôle de susciter une réflexion sur l’émigration dans l’espace sous-régionale en Afrique de l’Ouest.
Le président de l’Assemblée nationale du Mali, Dioncounda Traoré, a mis le doigt sur l’importance du sujet qui retient l’attention de tous même les parlements européens.

Il a surtout déploré les conditions infra-humaines auxquelles sont soumis des Africains sur le vieux continent et a invité ses collègues à se pencher sur le flux migratoire intra-africain avec courage et détermination au moment où la libre circulation des personnes et des biens est devenue un vœu pieux en Afrique.

« Comment s’offusquer des traitements réservés à nos compatriotes sous d’autres cieux si des Etats africains maltraitent et expulsent des Africains », a dénoncé Dioncounda.

Pas une pathologie sociale

Le président du CIP-Uémoa, Mélégué Traoré, corroborant les propos de Dioncounda, a jeté une pierre dans le jardin des prétendus défenseurs de l’Union africaine. « On ne peut pas parler de Parlement ou de gouvernement africain lorsque des émigrés sont bien moins traités humainement dans certains pays africains qu’en Europe », a-t-il fait entendre.

Et d’ajouter que l’émigration est loin d’être une pathologie sociale, mais un phénomène séculaire que certains pays ont tendance à criminaliser. Il a appelé ses collègues députés du CIP et des parlements nationaux à jouer leur partition.

Le président ATT a imputé la cause de l’émigration à des facteurs comme la croissance économique dans certains pays, le manque d’emploi pour les jeunes… Il a aussi fait cas des facteurs positifs tel que l’envoi d’argent aux pays d’origine. ATT a surtout déploré la fuite des cerveaux qui crée des problèmes au niveau de la qualité des services et le déficit de compétence.

Mais ce qu’il a regretté le plus, c’est le transfert de l’argent des émigrés dont il juge le coût excessivement élevé. « Le coût des transferts de capitaux de nos émigrés dépasse l’aide publique au développement », a-t-il indiqué. Mais il a ajouté qu’une expérience entre les postes française et malienne a permis de diminuer les coûts.

La Commission de l’Uémoa a mis en œuvre un certain nombre d’actions visant la gestion intelligente de l’émigration. L’un de ses commissaires, le Bissau-Guinéen, Duarté Louis Barros a égrené un chapelet d’actes réalisés par l’institution sous-régionale.

Il a parlé de l’adoption, il y a deux ans au Sénégal, du programme de développement de l’Uémoa, destiné à rendre notre espace économiquement prospère et accueillant pour tout investisseur.

Selon lui, l’Uémoa a mené d’autres actions visant à lever les entraves à la libre circulation des personnes et des biens, la fluidité aux frontières à travers les postes de contrôle juxtaposés. Dans le domaine de l’éducation, l’Uémoa, a-t-il rappelé, a créé un centre d’excellence pour former nos jeunes sur place en ingénierie de l’eau, la médecine vétérinaire, les télécommunications.

L’équipement et le renforcement des capacités des centres de santé de référence pour diminuer au maximum les évacuations sanitaires font partie des actions engagées par l’organe dirigé par notre compatriote Soumaïla Cissé.

Abdrahamane Dicko

24 Juin 2008