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Le Mali, à l’instar des autres pays du continent, a célébré hier la 4è édition de la Journée africaine de l’état civil. Conformément aux conclusions de la quatrième Conférence des ministres africains en charge de l’état civil, tenue en décembre 2017 en Mauritanie, le 10 août de chaque année est consacré à la commémoration de la Journée africaine d’enregistrement des faits d’état civil et de statistiques de l’état civil (CRVS).

Cette année, le thème retenu à travers le continent est : «Leadership pour un service essentiel : Construire des systèmes d’enregistrement des faits et de statistiques d’état civil résilients en Afrique qui fournissent des services innovants, intégrés et décentralisés pour la période post-Covid-19».

Cette célébration vise à informer et sensibiliser tous les acteurs et les usagers sur l’importance de l’enregistrement des faits d’état civil. La cérémonie d’ouverture des activités a été présidée hier par le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux Mahamadou Kassogué, représentant son collègue de l’Administration territoriale, à la direction nationale de l’état civil. C’était en présence du directeur national de l’état civil, Dr Abdoulaye Alkadi et de nombreuses autres personnalités.

Après les mots de bienvenue du maire de la Commune urbaine de Kati, le représentant de l’Union africaine (UA), Hugues Martial Penda a indiqué que la mise en place d’un système efficace d’enregistrement des faits et des statistiques de l’état civil permet aux gouvernements d’améliorer leurs politiques. Notamment en matière de santé, d’éducation, de protection des droits, etc.

Dans son discours, le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme a indiqué que notre continent a réalisé des progrès considérables ces dernières années pour améliorer les systèmes d’enregistrement d’état civil et des statistiques vitales, en particulier l’enregistrement des naissances. Mahamadou Kassogué de souligner qu’avec un taux national de 87 % d’enregistrement à la naissance, les autorités ambitionnent de bâtir un système où aucun fait d’état civil ne doit échapper à l’enregistrement.

Pour cela, notre pays est engagé à avancer vers des solutions digitales. Occasion pour le Garde des Sceaux de relever les résultats déjà satisfaisants enregistrés sur le Recensement administratif à vocation d’état civil (Ravec). «Notamment la disponibilité d’une base de données alpha numérique et biométrique des citoyens, pour servir de matrice à l’établissement des documents d’identification sécurisés, et contribuer à l’élaboration du fichier électoral», s’est félicité Mahamadou Kassogué.

Pour qui, ce progrès dénote de la vision du gouvernement de la Transition consacrée par son Plan d’action. Toutefois, à côté de ces résultats satisfaisants, cette journée est aussi une opportunité de jeter un regard critique sur notre système d’état civil, de son rôle dans la construction d’un État de droit. Mais également de tirer des enseignements sur l’impact de la pandémie en cours, sur le fonctionnement dudit système.

Le représentant de l’Union européenne (UE), Salvador Pinto Da França, a souligné que c’est grâce à l’état civil qu’une personne peut se prévaloir de ses droits fondamentaux et de la jouissance de la justice en soi-même. «C’est bien pour cela qu’il est crucial de comprendre la nécessité de déclarer les naissances, les mariages et les décès, et d’obtenir des actes d’état civil en bonne et due forme», a-t-il noté.

Pour sa part, la représentante de l’Unicef, Daniela Luciaci, a félicité le gouvernement pour le progrès que le Mali a réalisé depuis l’adoption de la stratégie nationale de renforcement du système de l’état civil. Ce, malgré tous les défis auxquels le Mali comme le reste du continent a été confronté à la crise sanitaire de Covid-19. La visite de la salle de numérisation par les officiels et la présentation d’un sketch de sensibilisation sur l’importance de l’état civil ont été des moments forts de la cérémonie.

Aboubacar TRAORÉ

Source: ESSOR