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A moins d’une semaine du 4e congrès ordinaire de l’Adéma-Pasj prévu pour les 24, 25 et 26 octobre prochains, toutes les Abeilles ont le regard tourné vers les huit coordinations régionales du parti. Ces instances chargées de désigner les délégués avec voix délibératives aux travaux dudit congrès se réuniront toutes, ce week-end, à part celle de Kayes qui a été reportée pour la semaine prochaine.

Les enjeux de ces conférences régionales sont grands, selon un responsable politique de l’Adéma. En effet, dira-t-il, c’est à l’issue des travaux desdites conférences régionales qu’on saura exactement qui représentera quoi dans les instances futures du parti. Conscient donc de cet enjeu, la bataille fait rage dans toutes les structures du parti entre les anciens responsables et les jeunes loups aux dents longues qui veulent désormais accéder au Comité directeur, l’instance suprême du parti.

Et en la matière, les conférences des coordinations régionales de Mopti et Sikasso retiendront beaucoup plus l’attention.

A Mopti où douze membres de l’actuel Comité directeur tentent de renouveler leur mandat à la base, les choses apparaissent beaucoup plus compliquées. En effet, nous informe-t-on, l’actuel président du Groupe parlementaire de l’Adéma à l’Assemblée nationale du Mali, Témoré Tioulenta qui est crédité d’un bon parcours à l’hémicycle compterait figurer parmi les nouveaux délégués de la coordination régionale de Mopti et pourquoi pas obtenir un poste au Comité exécutif de l’Adéma.

La prétention de ce jeune loup qui ne cesse de monter en flèche est selon un responsable de l’Adéma-Pasj, tout à fait légitime. Depuis son élection comme député à l’Assemblée nationale et sa désignation comme président du Groupe parlementaire de l’Adéma, Temoré Tioulenta a su être à hauteur de tâche.

L’autre équation qui se posera ce week-end à la coordination régionale de Mopti est le cas de Ousmane Sy, responsable politique de première heure de l’Adéma-Pasj et ancien ministre de l’Administration territoriale et des Collectivités locales. Après plus de cinq ans d’hibernation politique, Ousmane Sy veut revenir sur la scène politique malienne à travers la section Adéma de Bandiagara où il milite aujourd’hui.

Ce vieux cheval de retour voudrait aussi figurer en bonne place parmi les délégués de la coordination régionale de Mopti pour postuler au poste stratégique de secrétaire politique du parti en remplacement de l’ancien ministre de l’Agriculture Seydou Traoré aujourd’hui président de la Commission Electorale Nationale Indépendante.

Ce sont là entre autres quelques cas et quelques ambitions nourries qui risquent certainement de contrarier et de compromettre le vœu de certains des 12 membres du Comité exécutif de voir renouveler leur mandat.

A Sikasso aussi la coordination régionale est divisée entre les partisans de Adama Diarra et ceux de Tiémoko Sangaré.

Le 1er à savoir Adama Diarra qui a toujours veillé sur la ruche dans la capitale du Kénédougou veut conforter sa position de l’ange gardien du temple. La conférence du week-end prochain apparaît donc à ses yeux comme celle de la continuité et de la confirmation.

Quant au second, Tiémoko Sangaré depuis sa nomination comme ministre de l’Agriculture, il semble retrouver une nouvelle virginité politique. Après son passage remarqué au MIRIA pendant lequel il a été un des plus virulents opposants à l’Adéma, Tiémoko Sangaré est retourné au bercail et, a depuis lors, gravi les échelons au sein de l’Adéma-Pasj.

Après avoir essayé de prendre d’assaut toutes les structures du parti, il a fini par jeter son dévolu sur le poste de 1er vice-président du parti. Un poste très convoité aujourd’hui. Mais au niveau de sa base c’est-à-dire Sikasso cette ambition risque de tomber à l’eau vu son opposition avec Adama Diarra considéré comme un ténor politique dans le Kénédougou.

A Kayes où on s’attendait à des convulsions politiques avec l’arrivée du 2e vice-président du parti, Iba N’Diaye dans les rangs de la coordination, les choses se sont apparemment bien passées. Selon des informations provenant du Khasso, le renouvellement de la section s’est bien passé et la candidature de Iba N’Diaye pour le poste de 1er vice-président est approuvé par toutes les Abeilles de Kayes et ne souffre donc d’aucun problème.


Les enjeux d’un congrès

Très attendu pour être l’occasion des grands choix sociaux, économiques et politiques et surtout le moment de faire le point des rapports du parti avec le pouvoir, le 4e congrès ordinaire de l’Adéma attendu pour les 24, 25 et 26 octobre prochains semble déjà dévier de cette trajectoire.

Les informations qui circulent pour le moment et provenant des instances mêmes du parti n’affectent pas ces aspects.

Aujourd’hui, il n’est question que de poste. Le président du parti, Dioncounda Traoré déjà annoncé pour être le grand vainqueur de ce congrès se complait dans cette situation. Si en effet dans la plupart des schémas, le mandat de Dioncounda Traoré à la tête de l’Adéma n’est pas en cause, en sourdine les gens déplorent quand même de grosses insuffisances dans sa gestion à la tête du parti et à celle de l‘Alliance pour la Démocratie et le Progrès.

Pour un membre du Comité exécutif de l’Adéma qui a voulu garder l’anonymat et qui le connaît bien, Dioncounda Traoré a de tout temps eu «une stratégie mûrement réfléchie, cynique mais qui est d’une efficacité redoutable». Selon ce dernier, «il est avec tout le monde sans être avec quelqu’un». Cette stratégie, ajouta-t-il, est un couteau à double tranchant car pour lui “les résultats d’un combat doivent toujours porter la marque du leader”. Mais chez Dioncounda Traoré «c’est une marque de faiblesse». Et d’ajouter aussi que «Dioncounda Traoré tout au long de sa carrière politique a toujours été un candidat par défaut, un candidat de recours».

Ce 4e congrès ordinaire considéré comme un tournant dans la vie de l’Adéma va sans nul doute renforcer les rapports du parti avec le pouvoir. C’est la continuité qui sera donc le maître mot même si certains milieux du parti très minoritaires nourris sent des velléités de contestations qui iront en se renforçant. Il n’est donc pas exclu d’assister à des troubles qui peuvent surgir lors des travaux.

Birama Fall

17 Octobre 2008