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Dans son discours d’ouverture des travaux de ce 4e comité central du parti, le président du parti Sadi a tiré à boulet rouge sur ceux qu’ils qualifient d’entraves à la sortie de crise au Mali. Gouvernement pléthorique, État budgétivore malgré le contexte de guerre du pays, incohérence dans le tandem Dioncounda-Cheick Modibo, soumission au diktat de la Cédéao, etc. Pour l’ancien ministre de la culture, il y a de l’amateurisme au sommet de l’Etat malien.

Les rideaux sont tombés ce dimanche 16 septembre au Centre international de conférence de Bamako sur les travaux du 4e comité central du parti Solidarité africaine pour la démocratie et l’indépendance (Sadi). Placées sous le thème de « l’intégrité territoriale et de l’unité nationale », ces assises ont enregistré la participation des délégués des coordinations de Paris et de l’ensemble des régions et cercles du pays.

Pendant deux jours, il s’agissait pour eux de se plancher sur la situation du parti (état des lieux, niveau d’implantation territoriale, le bilan des actions menées au plan politique et institutionnelle, les perspectives), la situation politique nationale (la crise politique, institutionnelle et sécuritaire au Mali, les propositions de sortie de crise du parti Sadi, sa participation aux actions du MP-22 et de la Copam).

Fidèle à sa ligne de parti populaire, Sadi a saisi cette occasion de réaffirmer son engagement en faveur des luttes sociales. Le présent Comité central intervient, selon son président dans un contexte difficile pour les couches modestes, avec la libéralisation dans tous les domaines (secteur agricole, services..), la déréglementation du fonctionnement de l’économie nationale dont la régulation devient le fait non pas de l’Etat dont les prérogatives sont revues à la baisse, mais des forces du marché qui circulent librement dans le monde.

Comme si cela ne suffisait pas, explique Cheick Oumar Sissoko, le contexte reste marqué par la privatisation des pans entiers de l’économie nationale, sociétés et entreprises d’Etat, banques, transports, communication, eau, électricité et maintenant les terres.

« La France et son MNLA »

« Cette situation de mise sous tutelle nous prive de la maitrise des politiques économiques, sociales, culturelles. Elle ne suffit pourtant pas aux puissances du monde confrontés à une crise financière et une crise de la dette, qui les déstabiliser et les poussent à rechercher des richesses, des marchés », a déclaré le président du parti Sadi Cheick Oumar Sissoko, pour qui en Afrique, après la Côte-d’Ivoire, la Libye, le Mali est un enjeu stratégique avec ses richesses et la position géo- stratégique de Tessalit.

Comme en Côte-d’Ivoire en 2002, analyse Cheick Oumar Sissoko, la rébellion au Mali est accompagnée. « En France, la cellule de communication du MNLA (Mouvement national de libération de l’Azawad) a pignon sur rue, portes ouvertes à RFI, France 24. Des responsables sont reçus au Quai d’Orsay. En Mauritanie sous tutelle française, des leaders du MNLA s’installent avec d’autres qui y résident, bien préparés à déstabiliser le Mali depuis la rébellion de 1990″, accable le président du parti SADI. Selon l’ancien ministre de la culture, « au Burkina Faso sous tutelle française, le MNLA est accueilli dans les meilleures conditions avec le soutien de Blaise Compaoré, d’Alassane Dramane Ouattara et de la Suisse ».

« De l’amateurisme au sommet de l’Etat »

Toutes ces situations, renchérit le responsable du parti d’opposition, pouvaient être évitées si les dirigeants du Mali avaient pris en compte les préoccupations du peuple et s’étaient comportés de manière responsable.

« Le changement auquel le peuple aspire ardemment, est aujourd’hui encore à l’ordre du jour. Il ne peut pas se faire sans la rupture avec l’ordre ancien c’est-à-dire les régimes pourris de l’UDPM, de l’Adéma/FDR et du PDES », pense Cheick Oumar Sissoko, qui s’insurge contre la demande d’aide adressée à la Cédéao par le président de la transition Dioncounda Traoré.

Selon lui, toute demande d’aide à la Communauté internationale inclue d’abord et avant tout, la livraison de nos armes illégalement retenues dans les ports de la Cédéao et au Niger, la condamnation et l’arrêt des mutins des pays qui soutiennent les rebellions (Mauritanie, Burkina Faso, Suisse, Gabon), la sécurisation des frontières de l’Algérie, de la Mauritanie, du Niger, et empêcher l’utilisation de leur territoire en cas de conflits, la réduction de la taille du gouvernement (un maximum de 16 ministres, au lieu de 32 portefeuilles). Ce qui fera dire au président du parti Sadi, que le gouvernement est pléthorique, et les charges de l’Etat sont budgétivores et insupportables en cette période de guerre.

« Dioncounda Traoré et Cheick Modibo Diarra viennent encore une fois de montrer qu’ils sont loin d’être à la hauteur des lourdes fonctions de président de la République et de Premier Ministre qu’on essaie de leur faire assumer », a asséné le président du parti Sadi. En clair, pour l’ancien ministre de la Culture, « il y a de l’amateurisme au sommet de l’Etat malien ».

Ce 4e comité central du parti Sadi a été aussi l’occasion pour les militants d’exprimer leur compassion après la disparition du Pr. Dialla Konaté. Aussi, les assises de Bamako ont été sanctionnées par un grand meeting tenu dimanche dans la « salle des 1000 places » de l’ex-Palais des congrès. A cette tribune, les militants Sadi ont réaffirmé leur soutien, d’une part, aux luttes sociales, et d’autre part aux forces armées du Mali dans leur mission de reconquête du territoire.

Les assises du 4e comité central ont également demandé le retrait des trois députés du parti Sadi de l’Assemblée nationale et la dissolution de celle-ci. Reste à savoir si cette recommandation sera suivie par les deux autres députés (Moussa Coumbéré de Kolondiéba et Oumou Coulibaly, élue à Niono) au moment où des voix s’élèvent au sein du parti contre cette décision.

A suivre…

Issa Fakaba Sissoko

L’Indicateur du Renouveau du 18 Septembre 2012