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Ce sera une fête de l’indépendance marquée par des désillusions. Malgré la libération récente de 44 otages, les inquiétudes planent encore au nord du pays. D’autres foyers de tensions ont surgi dans cette zone très étendue et difficile à contrôler. Rébellion, groupes armés, mouvements d’auto défense, l’opinion, aujourd’hui, a du mal à qualifier les différentes parties prenantes à ce conflit dénommé crise du nord. Tellement les jeux ont été brouillés. Pourtant, l’armée est claire : l’intégrité du territoire sera préservée et l’Accord d’Alger reste la base de toute négociation.

Dommage que les diverses composantes de la société malienne n’aient pas été associées au processus de règlement du conflit. Les négociations ne doivent pas se faire, à l’exclusion d’un pan entier de la Nation. Le dialogue gouvernemental a révélé des limites criardes, concernant un problème d’une dimension sous régionale. Le forum sur l’école est l’autre goulot d’étranglement qui n’a pas attendu la rentrée scolaire pour se mettre sur pied de guerre. Les enseignants du supérieur veulent boycotter la rentrée académique 2008-2009 s’ils ne sont pas mis dans leurs droits. Ils se disent victimes de rétention sur leurs salaires depuis le mois de juin 2008.

L’association des travailleurs compressés, les déflatés et les partants volontaires à la retraite se battent toujours pour percevoir les fonds qui leur sont dus. Les prix flambent. L’opinion a bien compris le sens du ‘’Bé bi ba bolo ‘’ puisqu’il ne sait plus où donner de la tête. Alors que notre pays a 48 ans d’indépendance. Le multipartisme n’est pas arrivé à exclure l’unanimisme et plus de 43 partis politiques se sont alignés derrière un Indépendant, de surcroît, militaire de son Etat. L’opposition se rebiffe, s’organise et monte au créneau. La politique du consensus reste tenace et cette majorité incolore, truffée d’opportunistes de tous acabits, de crainte de perdre ses subsides, pour ne pas dire ses illusions, tente de la bâillonner, de préférence, à l’Hémicycle. Cela ne fait pas honneur à la démocratie pluraliste et on se demande si le Mali n’a pas reculé de trois Républiques.

Les mœurs sont bafouées puisque ceux qui sont censés être ses porte drapeaux se sont mis en première ligne pour goûter aux plaisirs de ce bas monde. Ils sont aujourd’hui les modèles ratés de leurs petits-enfants. La vie est chère et les prix des denrées de première nécessité ne cessent de grimper.

Le 22 septembre a donc un arrière-goût amer, car le contexte est plutôt tendu et les esprits ne sont pas apaisés. Autant de discours tonitruants sous le couvert de l’avancée démocratique, du PDES, de l’initiative riz continuent d’être débités sans convaincre le citoyen moyen qui reste plus que sceptique aux gesticulations d’un gouvernement qui se perd en conjectures. Bonne fête d’indépendance pour ceux qui y croient encore, à force de s’accrocher à leurs illusions, car, il faut bien vivre.

Baba Dembélé

Le Républicain du 19 septembre 2008