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L’amélioration des conditions de vie des femmes africaines, leur émacipation et la promotion de leur participation effective à tous les niveaux ainsi que leur sécurité se présentent comme des défis majeur que le continent africain doit impérativement rélever pour la réussite totale de son pari du développement durable.

C’est dans cette optique que la 44ème journée de l’organisation panafricaine des femmes était placée sous le signe “paix sécurité et stabilité économique en Afrique”. La cérémonie a enregistré la présence des membres du gouvernement, d’Ambassadeurs et de représentants des organisations internationales accréditées au Mali, de Mme la Ministre de la Femme de l’enfant et de la famille, Mme Diallo M’Bodji Sène, de la secrétaire régionale de l’OPF, Mme Alwatta Ishata Sahi, de la secrétaire exécutive de la CAFO, du médiateur de la République Mme Diakité Fatoumata N’Diaye, et de bien d’autres invités de marque.

Riche de 44 ans d’expérience au service des femmes, hommes et enfants du continent Africain, l’OPF (Organisation panafricaine de la femme) poursuit sa mission, qui est de permettre aux peuples d’Afrique de vivre dans un continent libre, sans guerre ni maladie.

Mme Touré Lobbo TRAORE, Première Dame du Mali a rendu un vibrant Hommage, à tous les Mouvements et associtions de femmes pour leur combat quotidien, en faveur de la paix, singulièrement, lors des derniers évènements au Nord du Mali. Et c’est en ce sens qu’elle a convié les femmes à une plus grande vulgarisation de la résolution 1325 de l’année 2000, des Nations-Unies, traitant exclusivement et pour la première fois des femmes et des conflits armés.

Pour la circonstance, la Première Dame a préconisé d’ouvrir la réflexion sur le chemin parcouru, et d’inviter les femmes à plus de combativité, face aux multiples défis concernant la stabilité sociale et le plein épanouissement. Elle a aussi salué le secrétariat exécutif de l’OPF pour la pertinence et l’actualité du thème retenu cette année, à savoir “paix, sécurité et stabilité économique”.

Mme Touré Lobbo a déploré le fait que l’Afrique, engagée dans une Dynamique d’intégration, est devenue un continent de conflits armés internes, véritables source d’insécurité où le trafic illicite des armes légères et de petit calibre et leur accumulation constituent une réelle menace pour la paix et le développement. Pour elle, les conflits armés sont un drame pour toute la société et pour la femme, un désastre que n’épargne ni sa personne, ni sa famille ni son bien.

Elle a enfin encouragé toutes les femmes du Mali, d’Afrique et du monde pour leur combat au service de la paix, sans pourtant oublier d’adresser une mention particulière au Ministère de la promotion de la femme de l’enfant et de la famille, pour l’accompagnement des organisations et associations de femmes, dans leur lutte pour la paix, la sécurité et la stabilité économique.

Mme Alwatta Ishata Sahi, secrétaire régionale de l’OPF, après avoir souhaité la bienvenue à tous, a salué Son Excellence, Monsieur Amadou Toumani Touré, président de la République du Mali et son épouse pour toutes les actions menées en faveur de la paix et réitéré son soutien aux accords d’Alger.

Il s’agit, pour Mme Alwatta, par rapport au thème choisi, “Paix, Sécurité et Stabilité économique en Afrique”, d’interpeller tout le monde, car aucune construction nationale, aucune cohésion sociale, aucune stabilité économique durable ne peut se faire sans la paix et la sécurité. C’est pourquoi elle n’a pas hésité à dire que ce sont les femmes, actrices principales du développement d’un pays, qui subissent le plus les conséquences des perturbations de la paix.

Elle a lancé un appel à la Communauté Internationale et aux plus Hautes autorités de nos pays pour mettre en oeuvre les engagements pris dans la Résolution 1325 du Conseil de Sécurité des Nations Unies afin d’accroître la représentativité des femmes à tous les niveaux de prise de décision dans la prévention, la gestion, le maintien de la paix et a exhorté les femmes à conjuguer leurs efforts et à s’imposer de manière positive pour que la mise en oeuvre des instruments tels que la Déclaration universelle des droits de l’homme, la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes, la Charte Africaine des droits de l’Homme soient effective dans les pays africains.

Toutes choses qui l’ont amenée également à lancer un appel aux peuples africains et à attirer l’attention de toutes les femmes maliennes afin qu’elles se donnent la main pour écarter la violence à tous les niveaux et cultivent l’éducation à une culture de la paix.

Pour terminer, elle a adressé ses sincères remerciements à toutes les femmes africaines sans pour autant oublier Mme la ministre de la Promotion de la femme, de l’Enfant et de la Famille pour sa disponibilité et l’attention particulière qu’elle a toujours accordée au bureau sous-régional de l’OPF.

Quant à M’Bodji Sène, la ministre de la promotion de la Femme, elle a remercié l’épouse du Président de la République d’avoir bien voulu accepter de présider la Journée Panafricaine des femmes et au nom de toutes les femmes du Mali, elle lui a exprimé sa profonde reconnaissance. Pour Mme Diallo Sène, c’est en raison de l’ampleur de l’impact des guerres et des conflits que les femmes doivent s’investir pour la concrétisation du thème : “Paix, Sécurité et Stabilité economique en Afrique”.

Et c’est ce qui lui fera dire que les guerres non seulement entraînent des actes de violence spécifiques sur les femmes, mais aussi elles sont une source de perte grave de moyens de subsistance et de fracture des liens sociaux. C’est donc conscientes du poids des conflits sur la stabilité économique et sociale de notre continent, que les femmes d’Afrique restent aujourd’hui profondément préoccupées par la persistance et la recrudescence de la violence à travers le continent et de par le monde, dira-t-elle.

Le choix de ce thème retenu par la Commission Nationale d’Organisation n’est pas fortuit, a-t-elle pouruivi, dans la mesure où l’Afrique continue d’être secouée par des guerres civiles et des conflits armés, entraînant de nombreuses pertes en vies humaines, des déplacements de populations et la destruction des infrastructures. Elle a par ailleurs noté que notre pays, en dépit d’une stabilité relative, connaît une insécurité rampante qui explique la rébellion dans le nord du pays dans années 1990 et récemment le 23 mai 2006.

S’agissant des récents évènements du 23 mai 2006, Mme la Ministre dira que les femmes maliennes, en tant qu’épouses, mères et filles ne peuvent que se réjouir de la hauteur de vue qui a animé les plus hautes autorités de l’Etat à préférer le dialogue et la concertation à l’affrontement, par la signature des Accords d’Alger. Ce qui a pu éviter au Mali les conséquences incommensurables d’un conflit armé, dont les premières victimes seraient les femmes et les enfants.

Pour terminer, elle a rassuré ces autorités que les femmes du Mali restent mobilisées et disponibles pour jouer leur rôle au sein des mécanismes de gestion et de suivi prévus par les Accords d’Alger pour la restauration de la paix, de la sécurité et du développement dans la Région de Kidal.

Dans la même foulée, une Motion spéciale de Soutien des Femmes du Mali a été lue et remise à Mme Fanta Sylla, Ministre de la Justice et Garde des Sceaux pour le Président ATT, relative à la signature de l’Accord d’Alger pour la Restauration de la Paix, de la Sécurité et du Développement dans la Région de Kidal.

Un message a été adressé au Président ATT par la secrétaire exécutive de la CAFO. La fête a été agrémentée par la prestation des artistes, la présentation de shetchs, de poèmes, un défilé de mode des tenues traditionnelle par les Maliens et Communauté Africaine résidant au Mali.

Pour la circonstance, il a été également question de remise de diplômes à trois femmes: Docteur Mariam Djibrila Maïga, Mme Togo Fanta Moussa Coulibaly et Mme Mama la Paix.

Mariétou KONATÉ

1er août 2006.