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Constituée de 63 officiers, cette promotion porte le nom de l’ancien président de la République. Ces officiers entendent perpétuer les valeurs républicaines, humanistes et d’intégration qu’a incarnées l’illustre disparu.

La sortie de la 43è promotion de l’Emia a eu lieu, vendredi dernier, sur la place d’armes du Centre d’instruction Boubacar Sada Sy de Koulikoro, sous la présidence du chef de l’État, le colonel Assimi Goïta. C’était en présence du Premier ministre, Choguel Kokalla Maïga, du président du Conseil national de Transition (CNT), le colonel Malick Diaw. L’épouse du parrain Mme Touré Lobbo Traoré, plusieurs membres du gouvernement, des autorités militaires, politiques et coutumières ont également assisté à la cérémonie qui consacrait en fait la sortie de promotion. Il y avait aussi celle du cycle spécial (2020-2021).

Le cycle spécial d’une année a regroupé 50 officiers, tous de nationalité malienne, dont un personnel féminin. Ce sont des spécialistes et la plupart des ingénieurs. Le sous-lieutenant Tiécoura Oumar Tougouté fut major du cycle spécial avec une moyenne de 16,62/20. 

La 43è promotion du cycle normal de l’Emia est constituée de 63 officiers dont 4 personnels féminins et 14 venant de l’étranger. Ces officiers viennent d’effectuer un cycle normal de 2 ans. Le sous-lieutenant Véronique Dakouo du Mali est sorti major de la promotion du cycle normal avec une moyenne de 17,39/20. Elle a exprimé sa reconnaissance à ses parents et à ses instructeurs dont les soutiens, conseils et encadrements ont été déterminants dans la réussite de sa formation. « Être une femme n’est pas une fin en soi, ni une faiblesse », a déclaré Véronique Dakouo, ajoutant que les femmes sont aussi capables d’accomplir de grandes choses.

Les officiers en train de recevoir leur sabre de commandement

Après avoir reçu des mains de leurs aînés leurs sabres et épaulettes, les officiers des deux promotions ont prêté serment devant le chef suprême des Armées. Cette remise des épaulettes marque la fin de la vie d’élève officier et le début de celle d’officier qui les appelle à endosser des devoirs et des responsabilités. La prise des sabres marque la voie au commandement à travers une arme prestigieuse et pleine de tradition. Elle symbolise leur entrée dans la communauté des officiers. 

Cette cérémonie de sortie de la 43è promotion a également été marquée par un chant des promus dénommé «Faso joli». Cette chanson exprime leur volonté assumée à faire de la construction de leur patrie leurs ultimes priorités dans une Afrique unie.

Pour le chef d’état-major général des Armées, le général Oumar Diarra, l’enjeu, pour les années à venir, est de réussir le pari de la régénération et de la modernisation pour disposer d’une armée puissante et maître de son destin. « Un pays en guerre a besoin d’une armée forte, solidaire, compétente pour faire face à un ennemi hybride et à la menace asymétrique», rappellera-t-il, avant d’exhorter les jeunes officiers à commander avec courage et discernement. 

Le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, a exprimé sa fierté de transmettre le flambeau aux jeunes officiers de la 43è promotion. Selon le chef suprême des Armées, cette nouvelle étape marque le début d’une longue et exaltante carrière de meneurs d’hommes. Pour relever les défis auxquels ils seront confrontés quotidiennement, le colonel Assimi Goïta a invité les jeunes officiers «à plus de rigueur, de détermination, d’engagement, d’abnégation et surtout de la ténacité». 

Il les a appelés à avoir le souci constant des hommes placés sous leur commandement sans lesquels aucune victoire ne sera possible. «Je leur demande aussi de rester fidèles surtout à leur serment d’officier qui est un engagement solennel qui les lie à la nation et aussi aux Forces armées et de sécurité», a exhorté le chef de l’État. 

Parlant du parrain, le chef suprême des Armées rappellera que ce général a incarné, durant toute sa carrière, des valeurs républicaines, humanistes et d’intégration. « J’invite la 43è promotion à suivre les traces de son parrain qui restera toujours gravé dans la mémoire des Maliens», a conclu le colonel Assimi Goïta. 



Envoyés spéciaux 
Oumar DIAKITÉ
Sékou KOUYATÉ

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Amadou Toumani Touré : UN HOMME AU DESTIN EXCEPTIONNEL

La 43è promotion porte le nom de feu le général d’Armée Amadou Toumani Touré, un homme au destin exceptionnel. Cet homme d’État, humaniste, républicain, est surnommé Soldat de la démocratie et de la paix.
Né le 4 novembre 1948 à Mopti, ATT fut d’abord enseignant de l’École normale secondaire de Badala avant d’épouser le métier des armes en 1969 marquant son entrée à l’Emia.

Puis, il intègre l’École supérieure des troupes aéroportées de l’ex-URSS, le Centre national d’entraînement commando de Mont-Louis en 1978, puis l’École supérieure de Guerre interarmes de Paris et le Cours supérieur interarmes de France.

Ces différentes formations lui ont valu d’occuper les postes du commandant de la Garde présidentielle et de chef de bataillon du 33è Bataillon des commandos parachutistes. À la suite de la révolution populaire de 1991, ATT renverse le régime du général Moussa Traoré et devient ensuite président du Comité de transition pour le salut du peuple (CTSP). En 2002, il remporta l’élection présidentielle. 

Ce général d’Armée s’est distingué par ses actions dans le domaine social. Il a d’abord créé une structure pour aider les enfants en situation difficile dénommée « Fondation pour l’Enfance ». Ensuite, il a été à l’origine du projet de logements sociaux qui a permis d’offrir un toit à des millions de Maliens. Comment ne pas mentionner son combat contre la maladie du ver de Guinée avec l’appui de la Fondation Jimmy Carter ?
Outre son parcours à la tête du pays, ATT a servi aussi comme représentant du secrétaire général des Nations unies en Centrafrique.


O. D.

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Sous-lieutenant Tiécoura Oumar Tougouté : MAJOR DU CYCLE SPÉCIAL

Né le 16 novembre 1996 à Soungoulasso dans le Cercle de Koutiala, le sous-lieutenant Tiecoura Oumar Tougouté de l’Armée de l’Air est ingénieur en propulsion aéronefs, diplôme obtenu en Algérie. Il est aussi détenteur d’un diplôme universitaire général en Économie. 

O. D.

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Sous-lieutenant Véronique Dakouo du Mali : MAJOR DU CYCLE NORMAL

Né le 5 février 1993 à Touba dans le Cercle de Tominian, le sous-lieutenant Véronique Dakouo a fréquenté l’École des sous-officiers de Banankoro entre 2013 et 2015. Travailleuse infatigable, elle mène la danse au sein de cette formation en se classant major durant toutes les évaluations des deux années, à l’exception du 2è trimestre de la 2è année.

Source: L’Essor