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Un an après la Conférence des donateurs pour le Mali, conférence dénommée « Ensemble pour le renouveau du Mali », tenue à Bruxelles, Bamako a abrité le jeudi 15 mai dernier au Cicb, la troisième réunion de suivi de la conférence des donateurs pour le Mali. Occasion de faire le bilan de la mise en œuvre des engagements pris dans la capitale belge en faveur d’un renouveau de notre pays.

Présidée par le Premier ministre malien, Moussa Mara, la troisième réunion de suivi de la conférence de Bruxelles pour le Mali s’est tenue, le 15 mai, en présence des présidents des institutions de la République, des membres du gouvernement, du Commissaire au développement de l’Union européenne, Andris Piebalgs, de Mme Annick Girardin, secrétaire d’Etat française au Développement et à la francophonie.

Dans son mot de bienvenue, le ministre malien des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, s’est réjoui de la tenue de cette rencontre à Bamako, car cela témoigne de l’élan imprimé depuis le 7 novembre 2013 au suivi des engagements réciproques pris par le Mali et ses partenaires sous l’impulsion de la France et de l’Union européenne pour la relance et le développement.

Le Commissaire au développement de l’Union européenne, Andris Piebalgs, a indiqué pour sa part, que cette rencontre permettra de mesurer le chemin parcouru depuis le 15 mai 2013, lorsque les autorités maliennes ont présenté à la communauté internationale un Plan pour la relance durable du Mali, plan qui illustrait leur détermination à réformer en profondeur leur pays et à s’attaquer aux causes de la crise.

Dans la recherche de solutions aux problèmes, l’UE va aider rapidement et concrètement le Mali à mettre en œuvre les réformes structurelles nécessaires. Andris Piebalgs a tenu à préciser que sur les 531,9 millions d’euros annoncés par l’UE, 523,9 millions ont été engagés et 269 millions ont été payés à ce jour. Dans le cadre du 11ème FED, et conformément aux priorités définies dans le Pred, l’UE consacrera 615 millions d’euros aux secteurs de la réforme de l’Etat et de la consolidation de la paix, de la sécurité alimentaire et du développement rural et de la construction de l’axe routier reliant Bourem à Kidal.

En matière d’urgence humanitaire, le Commissaire au développement de l’UE a exprimé ses inquiétudes par rapport au risque d’une nouvelle crise alimentaire dans le Sahel, cette année. Déjà, l’UE a mobilisé 180 millions d’euros d’aide humanitaire dans le Sahel depuis le début de l’année 2014, dont 53 millions pour le Mali.

Quant à Annick Girardin, elle engagée des bailleurs, à soutenir le Mali. Pour elle, la bonne gouvernance, la transmission régulière des rapports du Vérificateur général à la justice, la mise en cause de certains agents de la fonction publique corrompus, la réflexion lancée pour améliorer l’efficacité de la justice sont les premiers progrès.

«Les états généraux de la décentralisation et les assises sur le nord ont permis de poser les premières pierres. Un plan stratégique a été examiné par le Conseil des ministres où une réflexion a été engagée sur un calendrier de transfert de compétences de ressources vers les collectivités territoriales singulièrement les régions. La gestion économique et financière, par ailleurs, je pense ici à la consolidation des comptes du trésor qui ont été engagés, enfin la réforme visant à développer le potentiel économique du Mali, en particulier le développement agricole.

Certains sujets tout aussi cruciaux tels que l’éducation, le développement urbain et la mobilisation de la diaspora feront l’objet de discussion. Le parlement maintenant installé doit s’atteler au développement économique et social du pays…», conclura Annick Girardin.

Dans son discours, le Premier ministre, Mara a rappelé cette réunion se tient à un moment où l’horizon est bien dégagé et que les perspectives sont bien identifiées quant à la refondation de l’Etat. Car, la crise institutionnelle est derrière nous, et l’Assemblée nationale a adopté la Déclaration de politique générale du gouvernement.

« La réconciliation nationale, l’instauration de la paix et de la sécurité sur l’ensemble de notre territoire sont nos priorités immédiates. Raison pour laquelle le président de la République vient de nommer un haut représentant chargé du dialogue inclusif inter malien en vue d’une paix définitive dans le Nord de notre pays», dira Moussa Mara.

Il a aussi souligné que le gouvernement œuvre pour le retour des réfugiés dans leurs localités d’origine. A la date d’aujourd’hui, le retour de l’administration et des services sociaux de base est effectif dans les chefs-lieux de Régions, des cercles et de plusieurs arrondissements. Ainsi, dans la Région de Tombouctou, 83% des écoles fonctionnent, et près de 90% des enseignants sont présents. A Gao, les chiffres sont de 71% pour les écoles et 79% pour les enseignants. La situation est beaucoup plus difficile pour la région de Kidal. 4 écoles sur 62 fonctionnent et 25 enseignants sur 310 sont à leurs postes. Dans le domaine de la santé, l’on observe les mêmes disparités.

Selon Moussa Mara les engagements d’aider le Mali on été pris sur la base du Document Pred pour la période 2013-2014 à hauteur d’environ 2 155 milliards de FCFA, dont 25% de prêts et 75% de dons.

En termes de bilan, sur les 2155 milliards promis en mai 2013, 1474 milliards ont fait l’objet d’engagement ferme à travers des accords et conventions signés. 965 milliards de FCFA ont déjà été décaissés, dont 807 milliards en 2013 et 158 milliards en 2014. «Nous devons mobiliser 681 milliards d’ici la fin de l’année. Beaucoup reste donc à faire du côté des amis qui ont fait des promesses bien que n’ayant pas de programme de coopération avec notre pays. Nous les exhortons à redoubler d’efforts afin de tenir leurs engagements », a exhorté Mara.

Concernant la destination des ressources, Moussa Mara a précisé que sur les 965 milliards décaissés, 193 milliards ont été encaissés par le Trésor malien au titre des aides budgétaires et 140 milliards ont été reçus à travers les aides projets. Soit, au total 333 milliards. « Cela suppose que 632 milliards, soit près des 2/3 des montants décaissés, ont été utilisés sans implication de nos services », a-t-il précisé.

Dans ses conclusions, la Troisième réunion du groupe de suivi de la conférence salue l’évolution de la situation générale du pays depuis la deuxième réunion tenue le 5 février à Bruxelles, notamment, la rentrée de l’Assemblée Nationale, la présentation de la Déclaration de Politique Générale du Premier Ministre. Dans le cadre de la lutte contre la corruption, les partenaires ont apprécié les avancées enregistrées par le Gouvernement.

Notamment l’adoption, par l’Assemblée Nationale, de la loi sur l’enrichissement illicite. Quant à la réconciliation nationale, les partenaires saluent les initiatives prises par les autorités nationales dans le cadre du dialogue inclusif, y compris la création de centres d’écoute en matière judiciaire, du retour des déplacés/réfugiés et des négociations avec les parties prenantes. Ils invitent pour l’occasion, les parties prenantes à une plus grande compréhension mutuelle.etc.

Paul N’GUESSAN

19 Mai 2014