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LA STABILITE POLITIQUE, FRUIT DE LA GESTION CONSENSUELLE

Sur le plan politique, le président de la République dira dans son exposé liminaire que depuis son élection à Koulouba, il a voulu partager le pouvoir avec l’ensemble de la classe politique. D’où naîtra ce qu’il a nommé par courtoisie “la gestion consensuelle” en lieu et place de l’unanimisme politique. I

l a cependant reconnu que les partis politiques ont fait beaucoup de sacrifices pour accepter ce système de 2002 à ce jour. Il n’exclut pas, par ailleurs, que certains partis renoncent au consensus pour suivre leur calendrier propre.

Le Chef de l’Etat a tout de même reconnu l’énormité des efforts consacrés afin de maintenir la stabilité politique, toile de fond de toute bonne gouvernance démocratique.

C’est d’ailleurs ce qui le fera dire que la démocratie occidentale est une “démocratie d’affrontement” contrairement à celle de l’Afrique mal soutenue par une économie fragile.

Selon le président ATT, durant ces 3 années de gestion consensuelle, le pays a connu une accalmie appréciable. Ce qui a occasionné des avancées notables dans nombre de domaines. Il s’est dit partant pour l’unité dans la diversité.

Pour lui, il s’agit d’assurer le bien-être des populations. “La gestion consensuelle que j’ai souhaitée n’est pas une camisole de force”, a-t-il déclaré.

DEVELOPPEMENT SOCIO-ECONOMIQUE

Pour le président ATT, le développement du Mali ne peut se faire sans celui des moyens de production, notamment agricoles. C’est ce qui lui fera dire que notre pays a connu des difficultés incommensurables qui ont accentué l’insuffisance alimentaire.

Il s’agit ainsi de la mauvaise pluviométrie de l’année dernière, de l’invasion des criquets pèlerins la même année (NDLR : ce qui a occasionné le déficit d’aliment bétail et de céréales), la crise ivoirienne ayant freiné plus de 70% des importations et des exportations, la chute du prix du coton sur le marché mondial, la chute du dollar, la hausse du prix des hydrocarbures, entre autres.

Ce qui a occasionné un déficit céréalier d’environ 30 000 tonnes en 2004. Comme solution, ATT évoquera la création de petits barrages de retenue d’eau tels celui de Taoussa et le seuil de Talo en cours.

En plus, pour lui, il est nécessaire de rapprocher les zones de production aux consommateurs, d’où le vaste chantier de désenclavement à travers la construction des routes entre les villes du Mali et entre le Mali et les pays frontaliers tels que le Sénégal, la Guinée Conakry, la Mauritanie, l’Algérie.

Le désenclavement permettra d’amoindrir les coûts de transport qui semblent un manque à gagner pour les consommateurs. A cela s’ajoute la construction des ponts pour le grand bonheur des zones rurales.

En effet, le conférencier a signalé que le budget malien ne peut pas supporter toutes les dépenses et que l’aide extérieure a baissé de 72 milliards à 34 milliards de FCFA en 2005. Cela s’ajoute à l’augmentation de la masse salariale passée de 82 milliards (en 2002) à 140 milliards de FCFA en 2005, a-t-il expliqué.

Et d’ajouter que ce fait est dû à l’alignement des salaires des contractuels sur ceux des fonctionnaires, la revalorisation des pensions, des avancements, des indemnités, à l’augmentation du SMIG entre autres. Parlant de la lutte contre la délinquance financière et de la corruption, le conférencier indiquera que de 2002 à nos jours, sur 359 dossiers reçus certains ont été vidés, d’autres sont entre les mains de la justice ou en attente. Il a reconnu la lenteur de la justice bien qu’elle soit indépendante.

Sur le plan du crédit bancaire, Amadou Toumani Touré dira que de 2003 à 2004 le volume a augmenté de 97 milliards 100 à 104 milliards 300 environ, sans pourtant que les Petites et Moyennes Entreprises ou Industries (PME-PMI) en bénéficient.

Parlant de la conjoncture évoquée ces derniers temps, le président de la République indiquera que la solution n’est pas forcément un remaniement ministériel bien qu’il ait reconnu qu’il y a des corrections à faire.

Il a déploré que la plupart des Maliens pensent qu’il faut toujours changer le gouvernement tant qu’ils ne font pas partie. Il a souligné que si certains venaient à quitter le gouvernement car ne voulant pas de la gestion consensuelle, il formerait une équipe qui lui permettra de faire le reste de son mandat.

Pour lui, ceux-là qui veulent quitter ne devraient pas attendre 2007 pour se déclarer. S’agissant de la lutte contre le Sida, ATT s’est dit satisfait d’avoir réussi à négocier le financement de 75 millions de dollars avec la Banque Mondiale au titre du Programme Multisectoriel de Lutte contre le Sida (MAP). Ce faisant, les ARV sont désormais gratuits pour les malades du Sida.

Sur le plan sportif, le président de la République a souligné la mauvaise préparation de nos équipes cadette et junior pour les compétitions.

Il a souligné que de 2002 à nos jours, rares sont les pays africains qui ont pu réaliser la performance du Mali dont les cadets, juniors, seniors, espoirs et militaires se sont qualifiés pour leurs compétitions respectives.

Il a cependant déploré les événements du 27 mars dernier qui sont en partie dus à l’absence des forces de sécurité à travers les axes de la ville.

S’agissant de la dépravation des moeurs, il indiquera que notre société est exposée à la pression culturelle de l’étranger poussant les enfants à regarder des cassettes pornographiques inondant le marché.

Il indiquera que les moyens de la Brigade des moeurs sont limités pour faire efficacement face à la situation.

En plus, il dira que chacun doit s’impliquer afin de donner la meilleure éducation aux enfants. Par ailleurs, ATT a salué la presse dans sa mission d’information, de sensibilisation, de critique et d’analyse.

Il a cependant invité les agents de la presse de travailler en conformité avec le respect de la déontologie et de l’éthique.

Salifou BANGALI

09 juin 2005