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Samedi dernier au stade de Franceville (Gabon), le groupe D a livré son verdict de la 2e journée. La Guinée a largement dominé (6-1) le Botswana et le Ghana a battu (2-0) le Mali. Lors de la 3e et dernière journée de ce groupe, les Guinéens devront obligatoirement battre le Ghana pour espérer se qualifier aux quarts. Le Ghana, vainqueur du Mali, occupe la première place de ce groupe. Mais pour l’heure rien n’est encore joué et tout le monde aura son match lors de l’ultime journée ce mercredi à Franceville et Libreville pour un dénouement.

Ce qu’on retient du match Ghana-Mali et l’impression que nous en avons, c’est que la victoire du Ghana est méritée. Parce que c’était l’équipe la plus entreprenante. Celle qui a essayé de créer le jeu pour la victoire et l’homme du match et auteur du second but de la rencontre, André Ayew l’a reconnu. « C’est vrai, mais ce qu’on a fait en deuxième mi-temps, c’était le contraire de la première. Dorénavant, on va essayer de reproduire ça en première mi-temps et essayer de garder ce même bloc, ce même état d’esprit est magnifique et prouve que l’équipe progresse ». Le défenseur et capitaine des Aigles, Cédric Kanté est du même avis. « Nous avons refusé d’aller au contact ».

Pourtant, les nôtres ont entamé le match avec une détermination sans faille. Le même André Ayew l’a reconnu également. « Il faut reconnaître que le Mali est entré dans le match avec beaucoup de détermination et on a senti qu’il voulait marquer d’entrée. On a su faire face avec nos blocs ».

Les Ghanéens à cet instant du match n’étaient pas super sereins en défense, mais avec une grande liberté de mouvement en attaque. A l’opposé, on a vu des Aigles qui ne s’appliquaient pas, notamment Modibo Maïga et Abdou Traoré. Une frappe de Kwadwo Asamoah repoussée par le portier des Aigles, Soumbeyla Diakité, ne sera pas reprise par Sulley Muntari en retard (23e). A cette attaque, a répondu un coup franc de Cheick Diabaté qui trouvera le double poteau sortant des bois ghanéens gardés par Kwarasey Larsen (38e).

Deux vraies alertes qui ont marqué la première période que l’entraîneur guinéen Michel Dessuyer en espion dans une des cabines du stade de Franceville a appréciées. « Ce fut une première mi-temps où les deux équipes se sont observées se déployant tant bien que mal pour trouver la faille ».

Les 7 buts de la première rencontre n’enchanteront pas pourtant les 22 acteurs sur la pelouse avec les nombreuses pertes de balles et un débat physique Une situation peu profitable aux Aigles et à Samba Diakité. A la 52e, le joueur de Nancy a écopé d’un carton jaune, son second de la compétition, ce qui le prive du dernier match contre le Botswana

Le match s’est joué également dans les vestiaires. « A la mi-temps, le coach nous a donné deux astuces qui nous ont facilité la deuxième mi-temps », a affirmé André Ayew. Et il ne tardera pas à mettre en application ces directives. A la 55e, il s’est signalé par une belle percée ponctuée d’un tir que Soumbeyla Diakité repoussera.

Il sera à l’origine d’une autre tentative de provocation au cœur de la défense malienne avec à la clé un coup franc 63e. Asamoah Gyan s’est appliqué et avec un geste de football, il a ouvert et inscrit du coup son nom au palmarès des tireurs de coup franc de la Can après le Gabonais Bruno Mbanangoye Zitha et même l’attaquant des Aigles, Cheick Tidiane Diabaté.

En réaction, les Aigles, sans aucune animation offensive, jetèrent leur dévolu sur un schéma tactique dans lequel Cheick Tidiane Diabaté, bien isolé, a permis néanmoins à Modibo Maïga sur un corner de trouver juste le dessus de la barre transversale.

Finalement il y a eu une certaine logique dans tout ça. Pour preuve, à la 76e, le Ghana par l’entremise de son meneur, André Ayew, doublera la mise. Parti en solitaire, Ayew a fixé la défense avec un double croché devant Adama Tamboura et Cédric Kanté avant de battre le portier Diakité qui a été surpris par la trajectoire de la balle. Dans l’ensemble le Ghana a mérité sa victoire. « Je n’ai jamais douté du jeu collectif des Ghanéens. C’est une équipe qui a bien représenté l’Afrique à la Coupe du monde 2010 en Afrique du Sud. Je pense que c’est une équipe aussi qui a remporté la coupe du monde des juniors et c’est une équipe qu’il faut suivre pas seulement pour les 2 Can à venir, mais aussi pour la Coupe du monde au Brésil. Donc les Ghanéens sont à leur place », a déclaré le Franco-Ivoirien, Basile Boli.

Aucun pays n’est qualifié dans ce groupe. Ils peuvent s’attendre aux quarts en cas de victoire pour le Ghana et en cas de match nul pour le Mali. En cas de défaite du Ghana, il restera sous la menace du Botswana qui affrontera au même moment le Mali.

Les Aigles devront non seulement compter sur une défaite de la Guinée contre le Ghana à Franceville, mais aussi battre le Botswana par au moins 4 buts d’écart à Libreville. La formation malienne qui garde encore ses chances après une victoire et une défaite reste redoutable, selon l’attaquant Garra Dembélé. « On a un peu de malchance. Voilà c’est le foot sinon nous étions présents et nous allons nous battre pour nous qualifier ».

En somme, dans le groupe D, les vainqueurs ne sont pas connus. Le Ghana, en tête du groupe avec 6 points, est suivi de la Guinée et du Mali avec 3 points chacun. Le Botswana ferme la manche avec zéro point.

A chacun son match, mais avec plus de sujets d’inquiétude chez certains plus que chez d’autres. Deux affiches Ghana-Guinée et Botswana-Mali seront au programme ce mercredi 1er février, respectivement au stade de Franceville et Libreville où chacun aura son math à gérer pour éviter un au revoir à « Gabon-Guinée équatoriale 2012 ».

Potins

Le cas du score

Six buts à 1. C’est le score qui a sanctionné la rencontre Guinée-Botswana. Il faut remonter à 1960 pour retrouver trace d’un tel score dans une phase finale de Can. En effet, la Côte d’Ivoire avait obtenu le même score de 6-1 face à l’Ethiopie. Après sa défaite (1-0) face au Mali, la Guinée a bien rectifié le tir de belle manière dans un festival offensif contre le Botswana pour inscrire une autre page de l’histoire de la Can.

Momo de Paris est à Franceville

Le couturier et styliste Mamadou Sangaré alias « Momo de Paris » est arrivé vendredi dernier à Franceville en provenance de l’Hexagone. Ce fan du monde des arts, du sport et de la culture a fait le déplacement pour apporter sa contribution aux Aigles. Il était aux côtés des supporters samedi, avec à la clé une défaite. Il soutient que les Aigles peuvent se qualifier.

Le Mali menacé de sanction ?

Certains incidents non majeures mais lourdes de conséquence ont émaillé le match Ghana-Mali. Le médecin des Aigles, après avoir soigné un joueur et sur le passage de regagner son banc de touche, n’a pas voulu faire le détour devant l’une des caméras de retransmission. Une altercation s’est invitée entre lui et un officier de la Caf, ce qui est un dommage en soit. Pis, Alain Giresse par le refus de passer par la zone mixte, un passage obligé des joueurs et entraîneurs à l’issue des rencontres et ce conformément aux dispositions de la Caf pourrait être sanctionné sous forme de payement d’amendes.

Les à côtés

Que de noms de fauves !

Les surnoms les plus usités par les équipes présentes à la Can sont des noms de fauves. Un phénomène que l’humoriste nigérien de Radio France internationale (RFI), Mamane, au regard des oppositions, estime en surnombre. Ce qui ne fera pas un bon documentaire animalier, estime-t-il. « Et dès la première journée, on a vu des choses un peu bizarres. Lorsque le Gabon a battu le Niger. Ce sont des Panthères qui ont croqué des Gazelles. Ça c’est normal, on l’a vu plein de fois même dans la vallée de N’gonrogoro. Mais surtout lorsque les antilopes du Niger oublient de faire ce qu’elles savent le mieux faire, c’est-à-dire courir très, très vite dans la bonne direction. Mais lorsque la Tunisie a battu le Maroc. Ce sont des Aigles qui ont croqué des Lions. Vous avez vu comme c’est tout petit un Aigle face à un Lion. Il ne peut pas le croquer, sauf si dans ce cas le Lion n’est… Dans le match Gabon contre le Maroc de vendredi, c’est Panthères contre Lions. Je préfère donner ma langue aux chats ou à la Panthère ou au Lion et je vous dis à demain ».

Les Crocodiles du Nil ont séché leurs larmes. En arrachant le nul lors de leur dernier match, les Soudanais ont mis fin, face à l’Angola, à une disette de plus de 40 ans en Coupe d’Afrique des nations.

Une bénédiction pas comme les autres

La Commune d’Owendo était vendredi dernier au rendez-vous de la bénédiction solennelle des nouveaux équipements et installations de la Société d’exploitation du Transgabonais (Setrag). Mgr Basile Mve Ongone, archevêque de Libreville, invité pour la circonstance, a profité de cette manifestation pour rappeler aux responsables la lourde tâche qui leur incombe. Il a prodigué des bénédictions pour la Can et à tous les passagers qui prendront le train de Libreville pour se rendre à Franceville et vice-versa.

Pour une visibilité positive

Pour une visibilité positive de la Can, le Cocan Gabon, selon son chargé de communication, notre confrère Louis-Claude Mouzehou Koumba, également membre de la commission médias Caf, est chargé de vendre efficacement la compétition à travers l’Afrique et le monde. Parmi les stratégies de communication mises en place, on enregistre à Libreville (Gabon), la parution d’un journal quotidien gratuit d’informations (Esprit d’équipe), qui traite uniquement de l’événement footballistique, des informations pratiques du Cocan-Gabon, des guides médias, des numéros utiles destinés aux invités et visiteurs de marque.

La couverture est aussi bien en langue espagnole et en anglais. « On a essayé avec une rédaction qui fonctionne à temps plein et qui est encadré par certains journalistes chevronnés », affirme le coordinateur, Jean-Claude Afa’a.

A son 13e numéro, samedi dernier, le journal « Esprit d’équipe », qui traite également de la biodiversité, est édité par le Haut Commissariat au Cocan. Il est bien accueilli à la Can par les nombreux journalistes accrédités et autres lecteurs. « Nous sommes dans les contraintes du quotidien, c’est-à-dire qu’il faut donner l’information à temps et livrer la bonne information », indique son coordinateur.

Maman Patience, l’artiste supportrice n°1 de l’Afrique

L’artiste Patience Dabani, ex-épouse de feu le président Omar Bongo Ondimba, co-compositeur de l’hymne de la Can, joue pleinement sa partition pour la réussite de la Can que son pays le Gabon co-organise avec la Guinée équatoriale. Pour cela, elle invite les supporters à se rendre massivement au stade pour supporter et les Panthères du Gabon et les autres équipes en lice.

« Africa ye, on invite l’Afrique au Gabon. Africa evita Guinea ». C’est à son domicile de Libreville que Maman Patience Dabani avec cette chanson invite le peuple d’Afrique à venir au Gabon et en Guinée équatoriale pour la Can. Elle a une fois encore appelé les Gabonais à remplir les stades, mais surtout à soutenir massivement les Panthères. « Les Panthères mais toutes les autres équipes pour tous les matches. J’ai acheté les billets et j’ai partagé à 3000, voire 4000 aux femmes et aux jeunes pour aller au stade soutenir toutes les équipes parce que dans ma chanson, j’ai dit que j’invite l’Afrique au Gabon. Je demande de supporter les Panthères, mes enfants mais on supporte toutes les équipes de l’Afrique parce que l’Afrique est une famille », dit-elle.

Le Paul le Poulpe de la Can et du Gabon

Un coq avait prédit la victoire du Gabon contre le Maroc et donné les noms des buteurs. A l’issue de la rencontre Gabon-Maroc (3-2) vendredi dernier, le coq en question était sur le plateau de Gabon Télévision avec son féticheur, histoire de faire la révélation. Espérons que le même coq prédira toujours comme Paul le Poulpe du Mondial avec l’Espagne pour la victoire finale des Panthères à la Can.

Le double de la prime en question ?

Après la victoire (3-2) du Gabon face au Maroc, des informations font état de la décision de doubler la prime des joueurs de l’équipe nationale du Gabon. Le chef de l’Etat gabonais depuis la loge présidentielle du stade de Libreville où il a assisté à la rencontre aux côtés du président de la Caf a, selon une source, fait les révélations. « Je vais leur donner le double de la prime parce que là, c’est extraordinaire. Ils sont en train d’écrire leur histoire. Oui, il faut donner toujours un coup de pouce parce qu’ils le méritent et ils se sont donnés à fond, notamment en seconde période. Vous savez, maintenant, je n’ai pas de mots, je suis un peu… attend j’ai un coup de fil d’Obiang Nguema ». C’était le coup de fil de félicitations de son homologue de Guinée équatoriale. Comme lui, ce dernier lui adressait personnellement ses félicitations à travers lui, tout le peuple équato-guinéen.

La paix magnifiée

Le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies pour l’Afrique centrale a salué la contribution des différents acteurs concernés dans les activités, émissions de la Can visant la promotion de ces valeurs fondamentales. Le bureau régional des Nations unies pour l’Afrique centrale tient particulièrement à rendre hommage aux footballeurs pour leur implication dans les campagnes de solidarité et de sensibilisation en faveur de la paix, la santé et le développement. Il a lancé un appel solennel afin que l’esprit de tolérance et de fraternité prévalent tout au long de cette 28e Can.

Envoyés spéciaux Abdoul Madji Tiam, Boubacar Diakité, Harouna Traoré

31 Janvier 2012