Partager

L’Association des étudiants ressortissants et sympathisants du Sénégal a célébré, hier, la troisième édition des activités culturelles, artistiques et sportives de l’étudiant du Sénégal à la Faculté de médecine, de pharmacie et d’odontostomatologie (FMPOS). Cette année, la journée a été dédiée à la lutte contre l’excision.

Chez plusieurs ethnies en Afrique au Sud du Sahara, l’excision est une pratique culturelle qui est toujours en vigueur. Elle consiste à couper la partie externe prépondérante du clitoris (clitoridectomie) et son capuchon, parfois accompagnée de l’ablation des petites lèvres et de la suture des grandes lèvres.

Au Mali et au Sénégal où la problématique de l’excision se pose avec acuité, la densité du phénomène varie selon le degré d’attachement des ethnies à la culture.

Au Mali, ces ethnies sont, entre autres, les Bambara, les Sarakolé et les Khassoké. Au Sénégal, le phénomène est pratiqué fréquemment chez les Toucouleurs, les Soussous. Il convient de souligner qu’à la différence du Sénégal, où la pratique de l’excision est officiellement interdite, au Mali l’Etat se réserve le droit de ne pas commenter.

Cependant, la pratique du phénomène continue son bon homme de chemin.

Aujourd’hui, les statistiques montrent que le taux de l’excision au Mali est estimé à 85 %. Les mêmes documents révèlent que 91% des Maliennes de la tranche d’âge de 15 à 49 sont excisées. Et seulement 4 % des interventions se sont déroulées dans un Centre de santé.

La lutte contre la pratique de l’excision a commencé au Mali en 1985. De cette date à nos jours, les ONG, les associations féminines se sont mises à pied d’œuvre pour sensibiliser les populations.

Présentement au Mali, le rangs des lutteurs contre la pratique de l’excision ont grossi avec l’implication des étudiants du Sénégal à la Faculté de médecine, de pharmacie et d’odontostomatologie (FMPOS).

Ils viennent, à travers, les festivités de la 3e édition de leur journée, sensibiliser leurs camarades du Mali lors de la conférence animée par Dr Moustapha Touré, Gynécologue-obstétricien, Maître assistant à la FMPOS.

Dans son exposé, le conférencier a mis l’accent sur les conséquences de l’excision. Lesquelles sont de deux sortes. La première, immédiate se traduit par la douleur, les traumatismes, l’hémorragie et la rétention d’urine. La seconde, qui s’étale sur le long terme, se caractérise par les infections, les cicatrices, les fistules, entre autres.

Après la projection d’images montrant des victimes de l’excision, les étudiants ont eu droit à une séance de questions-réponses où ils ont posé des questions d’éclaircissement.

Il convient de souligner que la pratique de l’excision, considérée comme une atteinte à l’intégrité physique de la femme, est proscrite dans plusieurs pays d’Europe. La France, l’Allemagne et l’Italie en sont des illustrations éloquentes.

A rappeler que la cérémonie d’ouverture a été l’occasion pour les étudiants maliens et sénégalais de magnifier l’intégration et l’unité. Le Secrétaire général de l’AEEM de la FMPOS, Salif Diarra, de déclarer: « La communauté des étudiants sénégalais de la FMPOS peut toujours compter sur le comité AEEM« .

Le Secrétaire général de l’Association des étudiants ressortissants du Sénégal, Fatoumata Traoré, de son côté d’ajouter : « Le Mali et le Sénégal sont deux pays frères« . Des parties de gastronomie, des matches de football et une soirée culturelle ont meublé le reste de la journée.

Au finish, attirons l’attention des plus hautes autorités du Mali que la lutte contre l’excision est arrivée à un stade où elle doit être légiférée.

Quant aux organisations islamiques, elles doivent comprendre que la pratique de l’excision a toujours été une question facultative dans l’islam. Donc inutile de la défendre comme si elle était une obligation. Enfin, les populations doivent également comprendre que les traditions n’ont pas que du bon côté.

Abdoul Karim KONE

takadyba@yahoo.fr

05 Juin 2008