Partager

Chaque 3 Mai, le monde entier célèbre la journée mondiale de la liberté de la presse. A cet effet, son lancement officiel a eu lieu à la maison de la presse de Bamako. Le thème mondial retenu est « l’information comme un bien public » et le thème national est « Cybercriminalité et liberté de la presse ». Les questions portant sur le journalisme étaient au cœur des débats. 

Ils étaient nombreux à sortir massivement pour prendre d’assaut la maison de la presse de Bamako. Journalistes, politologues, politiciens, animateurs, blogueurs et quelques citoyens lambda ont répondu présent à la célébration de ladite journée. Ce fut une occasion pour Bandjougou Danté, président de la maison de la presse, d’interpeller le gouvernement malien sur les cas d’arrestation illégale des journalistes durant leur métier. « Depuis cinq ans, Birama Touré demeure introuvable. En septembre 2020, Hammadoun Niailibouly, de son retour d’un atelier de formation de journalistes, a été descendu du véhicule à Manjo, près de Somadougou, non loin de Mopti, et amené vers une destination inconnue. Le 18 Avril 2021, Moussa Dicko, Directeur des programmes de la radio Hairé de Boni, dans le cercle de Douentza, a été enlevé chez lui et est encore introuvable. Nous réitérons notre demande aux autorités de la transition de tout mettre en œuvre pour faire la lumière sur ces affaires effrayantes » dit-il. 

Le Directeur de la maison de la presse a invité les journalistes à faire preuve du professionnalisme dans l’exécution de leur métier.  Il a également averti les personnes mal intentionnées qui veulent ternir l’image de ce noble métier. « Nous rappelons solennellement à ceux qui voudraient amener le gangstérisme dans notre profession, aux nostalgiques des trafics d’influence et des gestions chaotiques, aux prétendus professionnels qui opèrent simplement à partir d’un smartphone et à ceux qui travaillent aujourd’hui à salir l’image de notre maison commune, qu’ils se ressaisissent. Nous rappelons l’ensemble des journalistes maliens à faire preuve de responsabilité et de professionnalisme » a-t-il conclu. 

Lors de sa prise de parole, Mme Bouaré Bintou Founé Samaké, ministre de la promotion de la femme, de l’enfant et de la famille assurant l’intérim du ministre de la communication et de l’économie numérique, a affirmé que l’information, surtout la bonne véhiculée par les professionnels des médias, est un principe de droit de l’homme. Par ailleurs, elle a ajouté que la presse joue et doit jouer un rôle prépondérant dans la réussite de la transition. « Les journalistes ont un rôle très crucial à jouer pour que la transition se tienne sur des béquilles solides. Ils doivent utiliser leurs plumes, leurs micros et leurs cameras pour stabiliser le pays et non pour le déstabiliser »  a-t-elle souligné. 

Quant à Ibrahima Cissé, le représentant de l’UNESCO, a laissé entendre que le choix du thème n’a pas été fait par hasard. Il a un objectif bien spécifique et déterminé. « L’information comme bien public, il s’agit de promouvoir la conception de l’information comme un bien public, comme quelque chose qui contribue à faire progresser les aspirations collectives. Il appelle l’attention sur le rôle essentiel que jouent les journalistes libres et professionnels dans la production et la diffusion de ces informations en luttant contre les fausses informations et autres contenus préjudiciables. Ce thème contribuera également à la stabilisation, la paix et la cohésion sociale au Mali » a martelé le représentant.  

En rappel, cette semaine nationale de la liberté de la presse va se dérouler du 3 au 7 Mai 2021 à Bamako. Elle sera riche en conférences, débats et des mises en scène théâtrales. 

Adama Sanogo

@Afribone