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L’Inspecteur Macky le lynx vient encore de frapper fort, cette fois-ci, au cœur de la plaie qui gangrène notre société : la sortie massive des jeunes, appâtés par l’Eldorado espagnol que font miroiter des passeurs clandestins. C’est grâce l’arrestation de Lassana Sanogo, le vendredi 29 février, à Sébénikoro.

Cela fait plus de trente jours que 300 jeunes, toutes nationalités confondues, se trouvent en situation difficile au bord de la mer, à Nouadhibou en République Islamique de Mauritanie. Ce n’est pas un fait du hasard, mais une vaste escroquerie dont sont victimes les jeunes, pour la plupart, sans emplois, planifiée par un réseau de passeurs qui sévit dans la sous-région. Les principaux acteurs au Mali sont Lassana Sanogo et Arouna Coulibaly. En Mauritanie, Ibrahima Diarra s’occupe des Mauritaniens, des Sénégalais et d’autres nationalités.

Grâce aux promesses mirobolantes, les membres de ce réseau de passeurs ont réussi à extorquer des sommes faramineuses aux candidats à l’immigration clandestine. Le fait le plus troublant dans cette affaire c’est que ce sont certains parents, eux-mêmes, qui ont payé le prix de la soi-disant traversée de la mer pour leurs enfants.

C’est ainsi qu’un premier groupe de 28 jeunes Maliens ont fait confiance à Lassana Sanogo, 34 ans, originaire de Sikasso. Un clandestin, refoulé d’Espagne qui n’a rien trouvé de mieux que de rejoindre une organisation nébuleuse de passeurs laquelle l’a placé à la tête du réseau malien. Les jeunes, grâce à la contribution des parents qui n’ont pas hésité à vendre leurs bœufs de labour, lui ont remis la somme de six millions quatre cent mille francs CFA, le prix de la traversée pour l’Espagne. Un autre groupe de douze jeunes a remis 3 millions de francs CFA à son adjoint, un certain Arouna coulibaly pour le même but.

Fin janvier, les candidats à l’immigration clandestine du Mali se sont retrouvés à Nouadhibou avec d’autres victimes du Sénégal et d’autres pays recrutées par un certain Ibrahim Diarra, originaire de la Mauritanie. Mais une fois au bord de la mer, à Nouadhibou, les passeurs se sont évanouis dans la nature, abandonnant ainsi les candidats à l’immigration à eux-mêmes.

Arrivés par petits groupes séparés, ils sont, aujourd’hui, au nombre de 300, des jeunes gens floués par une organisation nébuleuse, qui vivent dans des conditions difficiles à Nouakchott et à Nouadhibou.

Après plus d’un mois de calvaire, les jeunes Maliens, qui ont eu vent de la présence de Lassana Sanogo à Bamako, ont relaté leur mésaventure à leurs parents. Ceux-ci ont, à leur tour, saisi l’Inspecteur de police, Macky le lynx, qui a aussitôt mobilisé tous ses éléments pour traquer le malfrat. C’est ainsi que, le vendredi 29 février, Lassana Sanogo a été déniché dans un coin reculé de Sébénicoro.

Arrivé au poste de police, Lassana Sanogo nia les faits en bloc. De leur côté, les clandestins candidats à l’émigration ont dépêché, par un vol de Air Mauritanie, Diakaridia à Bamako. Devant ce dernier, Lassana a finalement reconnu les faits.

Mais, coup de poker, Lassana s’est, tout de suite, constitué un avocat défenseur qui lui a promis une liberté provisoire. Mis au parfum de cette manœuvre, les parents des victimes sont allés voir le ministre de l’Emploi et de la formation professionnelle, Iba Diaye, qui a aussitôt saisi le ministère de l’Administration territoriale et le ministère de la Justice.

Aux dernières nouvelles, le Mauritanien Ibrahim Diarra a été arrêté, mais s’est évadé d’un commissariat de police de la Mauritanie. Il serait déjà arrivé à Bamako et est vivement recherché par toutes les forces de sécurité.

Pierre Fo’o MEDJO

05 Mars 2008.