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Des insurgés ont mené une nouvelle attaque mercredi contre l’armée égyptienne dans la péninsule instable du Sinaï où trois soldats ont péri dans un double attentat à la bombe, en pleine opération militaire contre les groupes islamistes. Un premier engin a provoqué une « puissante explosion » devant le quartier général des services de renseignements de l’armée à Rafah, ville frontalière de Gaza. Quelques minutes plus tard, une seconde y a touché un poste militaire de contrôle routier. Des groupes radicaux islamistes, dont certains ayant fait allégeance à Al-Qaïda, ont établi leurs bases arrières dans cette région majoritairement peuplée de bédouins aux relations conflictuelles avec le pouvoir central et théâtre en outre de multiples trafics le long de la frontière israélienne. Il y a six jours au Caire, un attentat à la voiture piégée a visé mais laissé indemne le ministre de l’Intérieur Mohammed Ibrahim, considéré comme l’un des principaux maîtres d’œuvre de la campagne de répression qui a fait, à partir du 14 août, au moins un millier de morts, des manifestants pro-Morsi pour l’immense majorité. Les militants les plus actifs des Frères musulmans ont été décimés dans les manifestations et ses dirigeants nationaux comme locaux systématiquement arrêtés et accusés devant des tribunaux militaires ou civils notamment de « meurtres » ou d’« incitation au meurtre ». Si l’armée et le nouveau pouvoir semblent soutenus par une majorité de la population, les experts redoutent que des groupes radicaux n’entament une campagne d’attentats en estimant que la victoire des Frères musulmans leur a été volée par un « coup d’Etat militaire ». AFP