Partager

Sous réserve de la décision tant attendue de la Cour Constitutionnelle, le deuxième tour des législatives partielles de Bougouni mettra aux prises l’ADEMA et l’URD, les deux plus grands partis politiques au Mali. En effet, le 1er tour du scrutin, joué le 26 avril 2009, avec neuf candidats au départ pour un siège, a vu l’ADEMA venir en tête avec 31,44% des suffrages exprimés, suivi de l’URD : 22,05%. Puisqu’aucun parti n’a obtenu la majorité absolue, un second tour est prévu le 17 mai prochain pour départager l’ADEMA et l’URD.


53,83% de taux de participation au 1er tour

Parmi les 189 925 électeurs inscrits dans la circonscription électorale de Bougouni, 102 552 ont voté le 26 avril dernier pour le remplacement du siège laissé vacant par Mamadou Sinayoko député du parti BARICA, décédé le 16 novembre 2008. Pour la première fois dans le cercle de Bougouni, on a atteint un taux de participation de 53,83%.


Suite au décès du regretté “Gaucher”
, la Cour Constitutionnelle a, par arrêt n°09-02/CC-EL du 02 février 2009, déclaré la vacance du siège que celui-ci occupait au sein de l’Assemblée nationale.En conséquence, le gouvernement a, par Décret n°09-073/P-RM du 25 février 2009 pour l’exécution du premier tour de l’élection législative partielle dans la circonscription de Bougouni, conformément aux articles 9 et 10 de la Loi n°02-010 du 05 mars 2002 portant loi organique, qui prévoit les conditions de remplacement des députés.

Selon le Général Kafougouna Koné, ministre de l’Administration Territoriale et des Collectivités Locales, lors de la proclamation des résultats du 1er tour du scrutin du 26 avril dernier, nombreux sont les observateurs qui ont déclaré que ce scrutin s’est déroulé dans la sérénité requise.

Une commission nationale de centralisation des résultats a été créée auprès du ministre Kafougouna Koné pour recueillir les résultats des travaux de la commission locale de centralisation de Bougouni au fur et à mesure de l’évolution des travaux. Elle a également vérifié la conformité des données reçues par divers canaux de transmission avec les résultats figurant sur le procès-verbal de centralisation des résultats dressés par la commission locale de Bougouni.

Il faut rappeler que la commission locale de centralisation, tout comme la commission nationale est composée d’un représentant dûment mandaté de chaque candidat en lice et des représentants du département de tutelle.

Après examen des résultats du procès-verbal des opérations du scrutin du 26 avril 2009, les résultats provisoires complets avant la confirmation ou l’infirmation de la Cour Constitutionnelle du 1er tour des législatives partielles dans la circonscription électorale de Bougouni se présente comme suit : UDM-Jama Ka Wassa : 2 238 voix, soit 2,34% ; l’URD : 20 171 voix, soit 22,05% ; ADEMA-PASJ : 28 202 voix, soit 31,44% ; SADI : 5 474 voix, soit 5,61% ; FCD : 5 712 voix, soit 5,81% ; BARICA : 13 842 voix, soit 15,44% ; CODEM : 7 633 voix, soit 7,84% ; RPM : 7 316 voix, soit 7,75% ; MPLUS-RAMATA : 1 686 voix, soit 1,74%.

Ces résultats ont été transmis à la Cour Constitutionnelle qui, après avoir purgé le contentieux, procédera au recensement général des votes et à la proclamation des résultats définitifs. En attendant, les deux partis politiques qui doivent s’affronter au 2ème tour à savoir l’ADEMA et l’URD ont commencé à affûter leurs armes.

Les négociations sont en cours pour faire rallier les sept partis politiques qui ont perdu dès le tour précédent. Dans ce jeu, le parti BARICA qui s’est classé 3ème est le plus convoité et par l’ADEMA, et par l’URD.


Le Barica, l’arbitre du jeu au second tour

Avec son rang de troisième, le Barica devient l’arbitre du jeu entre l’URD et l’ADEMA. La CDS qui a son fief électoral à Bougouni a déclaré dès le départ qu’il soutient la liste URD pour les partielles de Bougouni, bon nombre d’observateurs ont cru que la CDS est l’arbitre du jeu. Mais les résultats du 1er tour ont démontré que c’est le parti BARICA qui est le vrai arbitre.

On le sait, la circonscription électorale de Bougouni est considérée comme étant le fief de Blaise Sangaré. En tout cas de 1997 à 2002, la CDS a occupé les 4 postes de député a Bougouni. C’est seulement en 2007 qu’il a perdu face à la coalition Barica/Adema /MPR. Puisque le parti de Gaucher a tissé une alliance avec l’ADEMA en 2007, les partisans d’une morale politique avaient pensé que l’ADEMA ne prendrait pas part aux législatives partielles contre la femme du défunt.

Si l’on se réfère à cette boulimie de l’Adema, tout porte à croire que la veuve Sinayogo Samirah Touffic Damen appelera à voter pour l’URD. Mais en politique, l’intérêt prime généralement sur la morale.

Rappel des faits

Le député Mamadou Sinayoko dit Gaucher est décédé le 16 novembre 2008 à Paris des suites d’une longue maladie qui l’a rongé à petit feu. C’est l’article 42, section 3 de la constitution du 25 février 1992 qui parle d’élection partielle en cas de décès ou d’empêchement définitif d’un député.

Dans l’un des cas, c’est le président de l’Assemblée Nationale qui saisi la Cour Constitutionnelle qui, par arrêt constate et déclare la vacance du siège. C’est ce qui a été fait, et la Cour Constitutionnelle du Mali, par un arrêt en date du 2 février 2009 a constaté et déclaré la vacance du siège qu’occupait “Gaucher”.

La loi prévoit qu’en cas de vacance de siège, il y a lieu de procéder à une élection partielle dans un délai de trois mois à l’effet de pourvoir le siège, sauf si la vacance intervient dans les douze derniers mois précédant le renouvellement général des mandats des députés. Ce qui n’est pas le cas ici puisque Gaucher a été élu en 2007, tandis que le renouvellement général des mandats des députés est prévu pour 2012.


Daba Balla KEITA

04 Mai 2009