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Contrairement au premier tour de l’élection présidentielle, lors duquel les centres de vote des Communes I et II avaient refusé du monde, on a assisté, hier dimanche, à une sortie timide des électeurs.

A l’école Nelson Mandela, hier matin, la ponctualité des différents membres des bureaux de vote contrastait avec la rareté des électeurs dans le centre. Ce qui a poussé certains accesseurs à lâcher cette boutade: «nous allons nous arrêter devant la porte pour pêcher les électeurs». En effet, pendant une bonne heure, nous n’avons pu compter qu’une trentaine de personnes devant les bureaux.
A la Zone industrielle, notre seconde halte, vers 9 heures 30, certains présidents de bureaux se tournaient encore les pouces, dans l’attente de potentiels électeurs. «Nous savions déjà que l’engouement du premier tour n’y serait pas. Si la pluie est au rendez-vous, je crains que nous ayions certaines urnes vide à la fin du vote», nous a confié le Coordinateur du centre, qui a requis l’anonymat.
Dans la cour, nous croisons une dame d’une cinquantaine d’années. Elle nous aborde en affirmant «les Maliens ne sont pas très motivés pour ce second tour, car plusieurs n’ont plus leurs candidats en lice».

Une thèse qui sera confirmée, quelques minutes plus tard, par le Coordinateur du centre de Djélibougou, Sidiki Koné: «ce manque d’affluence est logique. Au premier tour, il y avait 28 candidats. Chacun a fait déplacer ses sympathisants. Si aujourd’hui ils ne sont que deux, c’est compréhensible que beaucoup de gens ne viennent pas, car le Malien n’a pas encore compris le sens du report des voix. Si le candidat malheureux appelle ses militants à voter pour l’un des deux finalistes, je ne crois pas que les militants vont suivre ses consignes à la lettre. La preuve, vous la voyez vous-mêmes. Il est presque 11 heures et le centre est presque désert» a noté M. Koné. Avant de relever certaines insuffisances à l’ouverture du vote, telle que le manque d’encre.
De Doumanzana à Sotuba, en passant par Quinzambougou, la tradition de la timidité de vote des Maliens a été respectée pendant ce deuxième tour. Un autre signe qui prouve que ce dimanche a été celui de l’abstention, c’est la quasi absence des fameux «mini bus – balais» qui acheminent habituellement les électeurs des différents candidats vers les centres de vote.

Vers le début d’après-midi, au moment où nous quittions le centre de Korofina Nord, et avec le retour du soleil, on croyait que la population allait sortir. Tel n’était pas le cas. Mais ceux qui sont sortis avaient tous les mêmes vœux: avoir un Président rassembleur et qui soit à l’écoute des Maliens, qui ont tant souffert.

Paul Mben

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En Communes III et IV, une forte affluence malgré la pluie

Malgré la très forte pluie qui s’est abattue sur notre capitale tôt le matin, les populations de la Commune III sont sorties en masse pour voter. La plupart ont pris d’assaut les bureaux de vote aux environs de 7 heures 30 minutes. C’est la pluie qui est venue perturber les longues files qui attendaient impatiemment le début des opérations de vote, nous a confié le Coordinateur de l’école publique de Badialan III.

Au Centre Aoua Kéita, le Coordinateur Yoro Diallo a déclaré que, cette fois-ci, l’organisation était meilleure qu’au 1er tour. Le matériel de vote au grand complet était déjà sur place. Les agents, mieux formés, avaient tous répondu présents à l’ouverture des bureaux. Malgré la pluie, après une petite pause, l’affluence a repris de plus belle.
Et Yoro Diallo d’ajouter que les agents de sécurité étaient en nombre élevé, en plus de l’interdiction de téléphoner dans les bureaux de vote. Côté électeurs, c’était la satisfaction totale. Comme l’attestait Demba Sissoko, quand il affirmait que cette fois-ci tout s’était bien passé, car il avait voté plus vite qu’au 1er tour.

En Commune IV, le Coordinateur Balla Kéita du Centre Hamdalaye Marché, qui abrite 59 bureaux de vote, a affirmé que tout était rentré dans l’ordre à partir de 7 heures 30 minutes: les agents, aussi bien que tout le matériel, étaient en place. Et c’est, selon lui, à 8 heures très précisément que le vote a débuté, les électeurs étant déjà devant les bureaux. Depuis lors, a-t-il indiqué, tout se passait bien. Les observateurs internationaux et les forces de l’ordre étaient là. N’eût été la pluie, l’affluence à l’heure d’ouverture allait nettement dépasser celle du 1er tour. Mais les gens sont quand même venus, avec leurs parapluies et leurs imperméables, voter.

A l’école publique de Sebenicoro, où le candidat IBK a voté, la grande affluence était au rendez-vous. C’est sur les coups de 10 heures 45 minutes que le candidat du RPM a voté, en présence des candidats qui se sont ralliés à lui, dont, entres autres, Moussa Mara, Choguel Maïga, Dramane Dembélé, Ousmane Ben Fana Traoré et Mme Chato.
Dans sa déclaration d’après vote, IBK s‘est dit très ému, avant de réitérer son appel au calme. «Je suis devant vous et c’est tout le Mali qui est devant vous. Tous ceux qui aiment le Mali sont ici avec moi. En dépit de la grande expérience que j’ai accumulée, je suis leur aîné. Ils sont venus avec nous pour que nous définissions le nouveau rôle du Mali. Nos parents sont dans l’espérance, ce pays a besoin de tous ses fils et de toutes ses filles. Peu importe ce qui sortira des urnes, c’est le résultat qui compte» a-t-il conclu.

Réagissant aux questions des journalistes, il dira qu’à Kidal il avait dit aux anciens que le Mali avait besoin de tous ses fils. «Nous avons comme tâche de former un gouvernement, après deux mois. On fera en sorte que tous les fils du Mali se retrouvent». Par rapport aux candidats qui se sont ralliés à lui, il dira que ce sont des patriotes. «Il n’y a eu aucun marchandage. Seul le Mali compte. Ils sont là sans complexe, l’acte qu’ils ont posé est historique».

Dramane Dembélé, au nom de tous les candidats, a déclaré que le souci était le Mali d’abord. «Nous avons le Mali en partage. C’est l’ère d’un Mali nouveau, c’est pourquoi nous sommes là pour accompagner IBK, un patriote qui a de l’expérience et qui peut nous aider à sortir de la crise».

Pierre Fo’o Medjo

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Faible affluence en Communes V et VI

Les Maliens se sont-ils déplacés moins nombreux qu’il y a 15 jours pour ce second round de la présidentielle? On peut répondre désormais par l’affirmative ? si l’on s’en tient à la faible affluence des électeurs hier dans les bureaux de vote des Communes V et VI du District de Bamako.
Contrairement au premier tour, présidentielle où certains bureaux de vote avaient ouvert avec quelques minutes, voire quelques heures, de retard, le 2ème tour de la présidentielle 2013 n’a pas connu de difficultés organisationnelles majeures. Certains électeurs qui avaient de la peine à retrouver leurs bureaux de vote, ont eu pour ce second tour, moins de difficultés.

La seule fausse note de ce deuxième tour est certainement le taux de participation. Si les Maliens s’étaient bousculés devant les bureaux de vote il y a 15 jours, force est d’admettre que la mobilisation était largement en deçà des attentes si l’on devait faire une comparaison à chaud de ces deux tours. C’est dire que le taux de participation, qui frôlait au premier tour les 49%, risque de chuter pour ce second tour.
A l’école publique Mamadou Simaga de Badalabougou 1er cycle,, où il a voté, le candidat de l’URD, Soumaïla Cissé, a remercié le peuple malien pour le chemin parcouru depuis le 22 mars 2012. Tout en appelant à la transparence du scrutin, le porte-drapeau du parti de la poignée de mains a invité ses partisans au calme.

Au groupe scolaire de Niamakoro, principal centre de vote de ce quartier de la Commune VI, les électeurs ne se bousculaient pas devant les bureaux de vote pour accomplir leur devoir civique. Même constat à Magnambougou. Ici, les quelques électeurs venus voter pour leur candidat expliquent que rien ne sera plus comme avant.
«Je suis venu voter pour témoigner mon attachement à ma chère patrie, le Mali. Quel que soit le futur Président, il doit comprendre qu’on ne va plus se laisser faire. Nous voulons le changement. Si le Président élu ne s’attelle pas à cela, il aura à faire avec nous» a déclaré ce quadragénaire que nous avons rencontré devant son bureau de vote à Sogoniko.

Plusieurs raisons peuvent expliquer cette faible affluence. La première explication tient à la forte pluie qui a arrosé plusieurs quartiers de la capitale hier matin. Autre raison, l’absence de certains candidats à ce second tour. Un citoyen que nous avons rencontré aux alentours du groupe scolaire de Sabalibougou, en Commune V, nous expliquera qu’il n’est pas allé accomplir son devoir civique parce que, tout simplement, son candidat a été recalé au premier tour.
Idem pour Moussa Traoré de Kalaban-coura, qui ne mâchait pas se mots. «Aucun de ces deux candidats n’incarne le changement qu’on a voulu au lendemain des évènements du 22 mars. Je ne suis pas allé voter parce qu’IBK et Soumaïla sont tous les produits du système ATT. Ils ne m’inspirent pas confiance, c’est pourquoi je ne voterais pas» explique-il.

En rappel, pour ce scrutin présidentiel, près de 7 millions d’électeurs étaient appelés à départager les deux candidats en lice, Ibrahim Boubacar Kéïta du Rassemblement pour le Mali et Soumaïla Cissé de l’Union pour la République et la Démocratie. Ce scrutin, faut-il le rappeler, doit permettre à notre pays de mettre fin à une transition de 18 mois, en cours depuis le coup de force du 22 mars 2012.
En attendant les résultats, les deux candidats et leurs partisans doivent comprendre une fois de plus que le grand vainqueur restera le peuple malien, meurtri par plusieurs mois de souffrance depuis le début de cette crise et qui n’a nullement besoins d’une contestation post-électorale non légale.

Yaya Samaké

22 Septembre du 12 Août 2013