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Du 22 novembre au 18 décembre, à la Cour d’appel de Bamako, se tiendra la deuxième session ordinaire de la Cour d’assises de Bamako au titre de l’année 2012. 70 affaires sont inscrites au rôle, parmi lesquelles le scandale du Fonds mondial de la santé qui verra comparaître l’ex-ministre de la Santé, Oumar Ibrahim Touré en même temps que 17 autres fonctionnaires du Département de la Santé.

Inculpés par la Cour suprême dans l’affaire dite «affaire détournement du Fonds mondial», l’ex-ministre de la Santé, Oumar Ibrahim Touré et 17 autres hauts fonctionnaires du Département de la Santé comparaîtront pour l’éclatement de la vérité, à propos de ce scandale financier de plusieurs milliards de nos francs dont la suite est très attendu par la population. Parmi les 70 affaires qui seront appelées par la Cour d’assises, lors de sa deuxième session ordinaire du lundi 3 décembre au mardi 11 décembre 2012, c’est certainement celle qui sera la plus suivie, en égard à la dimension internationale du dossier et la qualité des accusés.

Que reproche-t-on à Oumar Ibrahim Touré?

En tant que ministre de la Santé à l’époque, il avait la responsabilité de la gestion du Fonds mondial attribué au Département de la Santé par des bailleurs de fonds, pour lutter contre des maladies comme la tuberculose, le paludisme et le sida. En 2009, une mission d’enquête internationale se rend au Mali et découvre d’importants détournements sur les fonds alloués au Ministère de la Santé.

En effet, au cours de cette enquête menée par le Fonds mondial qui est une institution onusienne basée à Genève en Suisse, un détournement de près de 140 millions de francs a été décelé en premier lieu. Cette malversation a été imputée au comptable de la Direction administrative et financière dudit ministère, qui a son tour portera plainte contre le Sieur Issiaka Diallo, écroué en 2010 à la suite de cette plainte. Avec tout le brouhaha qui accompagnait cette affaire, les bailleurs de fonds ont voulu en savoir davantage. C’est ainsi qu’une nouvelle mission d’audit, conduite par le Canadien Bourassa, permit de découvrir d’effarantes irrégularités sur la gestion des Fonds alloués au Département de la Santé du Mali au titre du Fonds mondial de la Santé.

Dès lors, c’est parti pour un long feuilleton avec ses épisodes d’arrestations et d’inculpations pour faux et usage de faux, surfacturations en interne, marchés fictifs, sommes faramineuses détournées à des fins personnelles. Telles sont d’ailleurs les accusations retenues contre Oumar Ibrahim Touré et 17 de ses ex-collaborateurs devenus des compagnons d’infortune pour la circonstance. Près de 2 milliards Fcfa, c’est finalement le montant du détournement dans les Fonds de l’institution onusienne, basée à Genève en Suisse.

Précisons que la particularité de cette session de la Cour d’assises réside dans le volume des dossiers car en dehors de cette affaire du Fonds mondial, la Cour se penchera sur les affaires de Yanfolila (concernant 39 accusés) de Kolondièba (avec environ une quarantaine d’accusés) et de Macina (avec 18 accusés). La plupart de ces accusés sont inculpés pour incendie volontaire, coups mortels, dommage aux cultures, parmi d’autres griefs.

Signalons que, compte tenu du volume des affaires, les audiences se dérouleront dans deux salles, a indiqué l’Avocat général près la Cour d’Appel de Bamako, Idrissa Irizo Maïga.

Ibrahim M.GUEYE

Le Prétoire du 15 Novembre 2012