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Selon les résultats des études conduites par l’Agence Nationale de la Sécurité Sanitaire des Aliments, la plupart des intoxications alimentaires sont dues aux mauvaises conditions d’hygiène de production, de transformation, de stockage ou de transport des aliments. C’est pourquoi cette année le thème retenu pour la semaine de la sécurité sanitaire des aliments est : “la place des bonnes pratiques dans la maîtrise de la sécurité sanitaire des aliments” Et c’est hier que le ministre de la Promotion de la Femme de l’Enfant et de la Famille, Maïga Sina Damba, assurant l’intérim du ministre de la Santé a procédé au lancement de la 2ème édition de la semaine nationale de la sécurité sanitaire des aliments au Centre International de Conférence de Bamako.

C’était en présence du ministre de l’Elevage et de la Pêche, des représentants de l’OMS, de la FAO de la Commissaire à la Sécurité Alimentaire et de plusieurs invités s’intéressant au bien-être de la population. Organisée par l’Agence Nationale de la Sécurité Sanitaire des Aliments ANSSA, cette semaine a pour objectifs de sensibiliser, d’informer et de former les comités d’hygiène mis en place dans les communes, des personnes chargées de manipuler les aliments de la production jusqu’à la consommation.

HUIT ASSOCIATIONS OEUVRANT DANS LE DOMAINE

Ainsi, à la cérémonie de lancement, le président du réseau malien des associations oeuvrant dans le domaine de la sécurité sanitaire des aliments (Réseau MASSA) M. Maridié Keïta a rappelé que le réseau a été mis en place au mois de mai 2007 par huit associations dont les domaines d’intervention s’étendent sur la sécurité sanitaire des aliments.

Selon lui, la politique nationale de la sécurité sanitaire des aliments et son cadre institutionnel de mise en oeuvre placent les consommateurs au centre du système sécurité sanitaire des aliments. C’est pourquoi, à en croire M. Keïta, le réseau MASSA a bénéficié l’appui technique et financier d’une structure étatique, l’ANSSA.

FAIRE DE LA SECURITE SANITAIRE DES ALIMENTS UNE REALITE AU MALI

Il a, par ailleurs, saisi l’occasion de saluer l’initiative de l’autorisation de mise sur le marché des produits alimentaires prise par le gouvernement pour contrer la prolifération des produits alimentaires falsifiés ou malsains. Il a ensuite engagé le réseau à oeuvrer inlassablement auprès de l’ANSSA pour que la sécurité sanitaire des aliments soit une réalité au Mali.

Dans son intervention, la représentante de la FAO, Mme Mariam Mahamat Nour, a salué cette initiative de réunir de façon périodique tous les acteurs concernés afin de dialoguer autour de cet enjeu majeur que constitue la sécurité sanitaire des aliments. Selon elle, la sécurité alimentaire est une des priorités majeures de la FAO.

A en croire Mme la représentante de la FAO, plusieurs millions de personnes souffrent ou décèdent chaque année des maladies d’origine alimentaire. C’est à cause cette situation inacceptable qui a amené la FAO et l’OMS, en plus de la définition des normes alimentaires dans le cadre du Codex Alimentarius, à agir rapidement et efficacement pour y remédier, en organisant des fora mondiaux sur la SSA (Sécurité Sanitaire des Aliments).

Pour lui, ces foras mondiaux ainsi que cette deuxième semaine sont d’une importance capitale car, la sécurité sanitaire des aliments concerne tous les acteurs de la chaîne alimentaire, de la production primaire aux consommateurs car, à chaque maillon, les aliments peuvent être contaminés par des agents pathogènes. Elle a par ailleurs assuré l’appui de la FAO.

DES CAS D’INTOXICATION ALIMENTAIRE

A en croire Mme la ministre, dans le cas précis de notre pays, les coûts humains des maladies imputables à la consommation de l’eau et des aliments contaminés ont été ces dernières années très importants.

En plus, selon elle, on enregistre chaque année des intoxications alimentaires collectives dont la dernière en date est survenue le 04 septembre 2007 à Bougouni, faisant 34 victimes qui, fort heureusement, ont toutes survécu grâce à une prise en charge diligente dans les formations sanitaires.

C’est pourquoi, selon elle, la sécurité sanitaire des aliments est devenue un défi majeur pour les pouvoirs publics, les fournisseurs de denrées alimentaires et les consommateurs. C’est pour relever ce défi que le gouvernement du Mali s’est doté, en 2003, d’une Politique Nationale et d’un Cadre Institutionnel de Sécurité Sanitaire des Aliments dont la communication est une des stratégies de base.

UN PRIX DE LA QUALITE EN JEU

Elle a par ailleurs souligné que pour encourager et accompagner ces fournisseurs, en particulier les agro industriels et les transformateurs, un prix de la sécurité sanitaire des aliments sera lancé à partir de cette semaine.

Ce prix, basé sur la démarche “analyse des risques-contrôle aux points critiques” plus connu sous son acronyme anglais “HACCP”, sera décerné aux entreprises qui fournissent le plus d’efforts pour mettre à la disposition des consommateurs des aliments sains. Toute la documentation nécessaire sera mise à la disposition des candidats par un comité.

Dado CAMARA

20 novembre 2007.