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Le 2ème congrès ordinaire de l’Union pour la République et la Démocratie (URD) se tiendra ce week-end à Bamako. A 48 heures de l’événement, c’est la veillée d’arme au sein de l’état-major du parti. Le parrain du parti, M. Soumaïla Cissé est arrivé hier soir dans la capitale malienne en provenance d’Abijdan, la capitale ivoirienne où il a pris part à un sommet des ministres de l‘Economie, des Finances de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) dont il préside la commission.

La commission nationale d’organisation de ces assises, présidée par Mme Coulibaly Kadiatou Samaké, députée élue en Commune V du District de Bamako et 4ème vice-présidente du Bureau Politique National du parti a mis les bouchées doubles pour que tout soit fin prêt d’ici l’ouverture. Outre, Mme Coulibaly, la commission d’organisation comprend M. Mamadou Diawara, Dr Beffon Cissé, Ahmed Sékou Touré, Djibi Diawara, entre autres.

A l’image du président de la commission de l’UEMOA, M. Soumaïla Cissé, des délégués ont commencé à se faire enregistrer au siège du parti. La sous-commission hébergement et transport a réquisitionné les salles du Stade du 26 mars, de la Maison des Jeunes de Bamako, de la Cité des Enfants et du CRES de Badalabougou pour l’hébergement des congressistes.

YOUNOUSSI TOURE, ABDOUL WAHAB BERTHE, OUMAR IBRAHIMA TOURE : TOUS CANDIDATS ?

A l’ordre du jour du 2ème congrès ordinaire de l’URD figure la relecture des textes du parti, la présentation des rapports du Bureau Exécutif National BN) et de la commission de contrôle financier, d’arbitrage et de conciliation. Le congrès sera sanctionné par l’élection ou le renouvellement du mandat du BEN et de la commission de contrôle financier, de conciliation et d’arbitrage.

Si officiellement, il n’y aucune candidature enregistrée à la présidence du BEN, dans les coulisses, on apprend que le président sortant le Pr Younoussi Touré, Me Abdoul Wahab Berthé, 1er vice-président et Oumar Ibrahima Touré, 2ème vice-président aspirent tous à la présidence de l’URD. Soumaïla Cissé aurait pris la direction du parti si qualité de président de la commission de l’UEMOA n’était pas incompatible avec toute fonction au sein d’un parti politique.

A PROPOS DE LA PRESIDENCE DU PARTI

Il va falloir que le congrès se déroule pour que l’on ait le coeur net au sujet de la présidence du parti. Younoussi Touré, président du parti va-t-il pouvoir se maintenir à la son poste? On se le demande à un moment où, de plus en plus il est question de la candidature du Oumar Ibrahima Touré.
Va-t-il reconsidérer sa position? C’est le temps qui nous en dira. A défaut de maintenir Younoussi à la tête du parti, Oumar Ibrahima Touré serait-il la personne la mieux indiquée pour être président du parti?

POURQUOI OUMAR NE PEUT PAS PRESIDER L’URD

Tous les militants d’un parti politique, qu’ils soient de la première heure ou de la 25ème heure, peuvent aspirer à briguer tout poste de responsabilité au sein de son parti. Et pourtant tous ne peuvent pas être présidents du parti. Il semble que c’est le cas de Oumar Ibrahima Touré de l’URD.

Ces derniers temps, le 2ème vice-président de l’URD veut faire croire à l’opinion que ce qu’il a fait pour l’ancrage de l’URD sur l’échiquier politique est plus grand que pour tous les autres responsables du parti. Il devait plutôt dire que les moyens de l’Etat qu’il a acquis en tant que ministre, qu’il les a investis au parti.

Au Mali, être ministre est le rêve de plusieurs cadres car, c’est le moyen le plus rapide pour assouvir ses ambitions politiques. Ce n’est pas un Oumar Ibrahima Touré qui dira le contraire, lui qui était un illustre inconnu jusqu’à sa nomination comme ministre délégué auprès du ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche chargé de la Sécurité Alimentaire le 16 octobre 2002.

A partir du 28 avril 2004, Oumar Ibrahima Touré devient la 3ème personnalité du gouvernement en tant que ministre de l’Elevage et de la Pêche, poste qu’il garda jusqu’au 3 octobre 2007, date à laquelle il devient la 2ème personnalité du gouvernement en tant que ministre de la Santé.

Le 2ème vice-président de l’URD, M. Oumar Ibrahima Touré est à sa 6ème année en tant que ministre de la République. Et à chaque fois qu’il s’est déplacé de Bamako à l’intérieur du pays et même à l’extérieur au frais de l’Etat, il se débrouillait à avoir un temps pour parler de politique et surtout de l’URD à ses interlocuteurs.

OUMAR IBRAHIMA TOURE, UN PIETRE POLITICIEN

Dans ses récentes sorties médiatiques, le 2ème vice-président de l’URD disait ceci: “Je suis candidat parce que… Je suis candidat parce que… Je suis candidat parce que… Il est souhaitable que j’obtienne le soutien de Soumaïla Cissé. Mais avec ou sans son accord, je briguerai la présidence de mon parti. Ma décision est irréversible. J’irai jusqu’au bout…”.

M. Soumaïla Cissé, le parrain de l’URD depuis Ouagadougou où il réside en tant que président de la Commission de l’UEMOA a pris ces menaces du 2ème vice-président de l’URD au sérieux.

Il débarqua d’urgence à Bamako avec comme mission de jouer le rôle du pompier. C’est ainsi qu’après une réunion marathon de 4 heures tenue au domicile de Younoussi Touré en présence de hauts responsables de l’URD, notre puissant ministre de la Santé a été contraint de retirer sa candidature. Noir sur blanc, il a écrit et signé qu’il surseoit à sa candidature.

Du coup, il a signé son acte de décès d’être président de l’URD. S’il n’a pas fait amende honorable à la manière de N’Diaye Ba, ministre de l’Artisanat et du Tourisme, il a vite compris qu’il ne sert à rien de se lancer dans une aventure sans issue car, Oumar Ibrahima Touré est un responsable politique sans base électorale.

On nous apprend que c’est à San, en milieu Bobo où M. Touré, natif de Goundam a fait ses premiers pas dans la politique dans les rangs de l’ADEMA-PASJ, mais que c’est en Commune II du District de Bamako qu’il s’est fait remarquer. Mais, nous savons que la Commune II n’a jamais été le fief électoral de l’URD.

C’est plutôt Goundam où est né Oumar Ibrahima Touré qui devait être son fief. Les dernières élections législatives de juillet 2007 ont donné la preuve que le 2ème vice-président de l’URD n’a pas de base. Pour notre mémoire, lors des élections législatives de 2007, l’ADEMA et l’URD sont partis en coalition sur une liste commune à Goundam pour les deux postes à pourvoir.

La coalition fut battue par la liste indépendante Bily Touré comprenant Oumar Bouri Touré et Alhassane Abba. Où était donc Oumar Ibrahima Touré quand son parti perdait les élections législatives à Goundam, sa ville natale ?

NIAFUNKA A YOUNOUSSI TOURE

Lors des législatives de juillet 2007, le président de l’URD, M. Younoussi Touré et son colistier Baba Oumar Boré secrétaire chargé des relations avec des élus et des questions électorales du BEN-URD ont gagné dès le 1er tour. C’est la preuve que Niafunké est à Younoussi Touré, même s’il a bénéficié du soutien de Soumaïla Cissé qui également est originaire de Niafunké.

Younoussi Touré, tout comme Baba Oumar Boré et Abdoul Wahab Berthé qui maîtrisent leurs sections respectives peuvent revendiquer la tête de la direction du parti. Mais à notre avis, Oumar Ibrahima Touré, qui ne maîtrise pas sa base électorale, doit d’abord se battre sur ce terrain avant de revendiquer la présidence de son parti.

COMMENT Me ABDOUL WAHAB BERTHE A ETE RECONDUIT

Contrairement à Oumar Ibrahima Touré, secrétaire général de la section URD de Goundam, Me Abdoul Wahab Berthé a démontré qu’il a une base politique qui est Sikasso. Si l’URD a perdu les législatives de Goundam chez Oumar, par contre, le parti de la poignée de mains les a gagnées à Sikasso.

La conférence de la section URD de Sikasso, tenue le 29 mars dernier a réuni 41 sous-sections sur 43. Chacune de ces sous-sections avait désigné cinq délégués, soit au total 205 personnes qui ont pris part à la conférence de la section. Me Abdoul Wahab Berthé, en tant que secrétaire général sortant, n’a pas eu de la peine à se succéder.

Plusieurs paramètres ont joué à sa faveur. D’abord, l’homme est réputé discret, courtois et efficace. Ses qualités de visionnaire ont fait qu’il a décidé avec d’autres camarades de dissoudre le PMDR dont il était le président dans l’URD. Mais il semble que c’est surtout son bilan positif à la tête de la section URD de Sikasso qui a beaucoup plaidé à sa faveur.

En effet, lors des élections législatives de juillet 2007, sept listes de candidatures étaient en course dans la circonscription électorale de Sikasso pour les sept sièges à pourvoir au 1er tour.
Au second tour, la liste URD-MIRIA-MPR a croisé le fer avec la liste du groupement de partis composés de l’ADEMA/PASJ-CNID/FYT-URD. A l’arrivée au second tour lors du scrutin du 22 juillet 2007, la coalition URD-MIRIA-MPR l’emporta sur le groupement de partis ADEMA/PASJ-CNID/FYT-UDD.

Pour notre mémoire, la liste de partis conduite par l’URD a obtenu 50 315 voix, soit 52,77% des suffrages exprimés, tandis que le groupement de partis conduit par l’ADEMA a eu 45 04 voix, soit 47,23% des suffrages exprimés.

Ce résultat glorieux aux élections législatives de juillet 2007 a été obtenu par Me Abdoul Wahab Berthé et les siens au terme d’un combat de gladiateurs. Comme pour dire qu’on ne change pas un capitaine d’équipe qui gagne, Me Abdoul Wahab Berthé, 1er vice-président du Bureau Politique National de l’URD a été reconduit secrétaire général de la section URD de Sikasso.

Si les Younoussi Touré et Oumar Ibrahima Touré ne s’attendaient pas, Abdoul Wahab Berthé peut être la solution pour résoudre le problème de leadership au sein de l’URD.

L’URD PRESQUE ABSENT A BAMAKO

Sur les 14 sièges de député dans le District de Bamako, l’URD n’a pu occuper que deux dont 1 en Commune II et un en Commune V. La section URD de la Commune II compte 12 sections, 55 comités. Lors des élections de 2004, l’URD a remporté 14 sièges sur 250 dans le District de Bamako. Mais, il faut ajouter qu’après les élections communales de 2004, le parti a enregistré l’adhésion de plusieurs conseillers municipaux à Bamako.

Daba Balla KEITA

24 avril 2008.