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Eviter la cassure du parti, tel était le message transmis lors de la cérémonie d’ouverture du deuxième congrès ordinaire de l’Union pour la Républi-que et la démocratie (URD). Dans son discours, le président du parti, Younoussi Touré, a plusieurs fois rappelé ce message qui fut ensuite repris par Soumaïla Cissé. C’est l’Ivoirien Amadou Soumahoro, secrétaire général adjoint du Ras-semblement des Républi-cains, qui a relayé le discours d’unité, de concorde et de paix pour l’adapter à son pays et en justifier la nécessité. Comme s’il y avait eu concertation sur la question, la plupart des intervenants ont fait prévaloir l’unité. Toutes choses qui indiquent dans quel climat a démarré ce congrès de l’URD.

Le président de la Commission de l’UEMOA, Soumaïla Cissé, longuement ovationné par les militants, a, lui aussi, insisté sur l’impérieuse nécessité d’unité et de cohésion du parti qui ne doit pas se laisser emporter par la passion. Il a indiqué que l’URD occupe sa place entière, celle du parti de l’avenir et de la renaissance du Mali. «Cette foi est mon viatique», a-t-il souligné. M. Soumaïla Cissé a reconnu qu’ils ne sont pas à l’abri des déchirures d’autant plus que le parti est issu de cassure. La division, a-t-il laissé entendre, est un drame pour l’avenir. Il a souhaité le sursaut collectif des militants qui doivent aller en ordre de bataille. Après «ce message fort», Soumaïla Cissé a clairement indiqué son choix en la personne de Younoussi Touré qu’il a qualifié de capitaine d’équipe qui gagne depuis 5 ans. Il a ajouté : «je lui renouvelle mon entière confiance»‘.

Cette position clairement affichée du président de l’UEMOA, dès l’ouverture du congrès, n’était ni plus ni moins que la consigne donnée aux délégués de voter pour le président du parti, Younoussi Touré. Les représentants des partis qui sont intervenus par la suite ont tous convergé vers ce souci d’unité. Ils ont, aussi, félicité Soumaïla Cissé pour la conduite de son mandat à l’UEMOA. Ce qui avait l’allure d’un plébiscite pour Soumaïla Cissé et son dauphin.
Les leaders de l’URD : Soumaïla Cissé, Younous-si Touré, Oumar Ibrahim Touré, Mme Coulibaly Kadiatou Samaké, Cheick-na Hamallah Bathily, Abdel Wahab Berthé étaient présents à l’ouverture du congrès. Les nombreux invités : des ministres, le président de l’Assemblée nationale et de l’ADP, Dioncounda Traoré, des représentants d’une trentaine de partis politiques dont Choguel Kokalla Maïga du MPR, Oumar Hamadoun Dicko du PSP, des partis politiques étrangers dont le FPI, le RDR et l’ANCI de la Côte d’Ivoire, les représentants du corps diplomatique et consulaire assistaient également à l’évènement. Le président de l’URD a affirmé :

«nous voici réunis après plus de 4ans après notre 1er congrès pour faire le bilan et fixer la cap pour l’avenir de notre formation politique». Il a soutenu que le parti a eu un essor considérable par le seul effort de ses militants désireux de faire la politique autrement. Face à une classe politique éclatée, marginalisée, discréditée, en proie à des conflits internes quasi irréductibles, a-t-il affirmé, l’URD a pu s’imposer par une démarche d’innovation, une vision politique claire et un projet de société qui permet au peuple malien de garder de l’espoir. Il a insisté sur l’esprit d’équipe qui leur a permis de sortir de l’isolement du parti dans son environnement politique. Il n’a pas manqué de valoriser la gestion interne de l’URD qui leur a valu d’être éligible au financement public des partis politiques.

Il a aussi rappelé qu’au sein de l’ADP, ils avaient décidé de soutenir ATT sur la base d’une communauté d’objectifs et de partage des responsabilités.

Rappelant plusieurs fois la nécessité de cohésion du parti, Younoussi Touré a fait savoir que le deuxième parti du pays, fort de 2 ministres, 1 636 conseillers communaux, 15 conseillers nationaux, 104 maires et 29 députés doit viser comme objectifs de remporter les élections communales de 2009 et la présidentielle de 2012. Il a ajouté : «nous en avons la détermination, la capacité et la crédibilité».

La consigne exprimée expressement par le fondateur Soumaïla Cissé a eu son effet lors de la clôture du congrès. C’est sans surprise que le bureau sortant a été presque entièrement reconduit. Le président sortant Younoussi Touré conserve son poste tout comme le 1 er vice-président Abdoul Wahab Berthé et le 2 ème vice-président Oumar Ibrahim Touré. Ce dernier a dû ravaler ses ambitions. La guerre fratricide qui allait aboutir certainement à la cassure du parti n’a finalement pas eu lieu. Soumaïla Cissé demeure le vrai patron de l’URD.

Baba Dembélé

28 avril 2008