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La deuxième session du Conseil supérieur de l’agriculture s’est tenue hier, lundi 28 avril, dans la salle des banquets du Palais de Koulouba, sous la présidence du Chef de l’Etat, Amadou Toumani Touré. Outre le Premier ministre, Modibo Sidibé, une quinzaine d’autres membres de son gouvernement dont ceux de l’Agriculture, de l’Elevage et de la pêche, était présents à cette session.

Les présidents de la CCIM, Jeamille Bittar, de l’APCAM, Bakari Togola, de l’APIM, Ousmane Traoré, la Secrétaire exécutive de la CAFO, Oumou Touré et les autres membres du Conseil et l’équipe du Secrétariat permanent ont également pris part à la rencontre, qui avait quatre points à son ordre du jour.

La présentation du plan d’opération pour la mise en œuvre de la Loi d’orientation agricole (LOA) 2008-2012, l’adoption du programme d’activités 2008-2009 de la LOA, la présentation et l’adoption des orientations du Fonds national de développement agricole et du Fonds de calamité et de risques étaient les quatre points inscrits à l’ordre du jour de cette deuxième session du Conseil supérieur de l’agriculture.

Cet organe de réflexion et d’orientation,institué par la LOA, se compose des représentants du secteur public, du secteur privé, des collectivités territoriales, de la profession agricole et de la société civile.

Après l’ouverture des travaux par le président de la République,les documents relatifs aux points d’ordre du jour ont été présentés par le secrétaire permanent de la LOA, Daouda Diarra. Selon le plan d’opération pour la mise en œuvre de la LOA, une matrice d’activités est programmée pour atteindre les objectifs. Ainsi, il est prévu de légiférer autour de 74 articles de la LOA, soit en document de politique, soit en texte législatif.

Dès cette année, il est prévu l’élaboration du Fonds national de développement agricole et du Fonds de calamité et de risques pour un coût prévisionnel de 230 millions de FCFA.

Un prévisionnel de 1,5 milliard de FCFA

Le Fonds national de développement agricole sera un instrument d’accompagnement, incitatif et de promotion des investissements dans les composantes du secteur agricole. Quant au Fonds de calamité et de risques, il vise à minimiser les risques et à indemniser les conséquences des calamités naturelles majeures auxquelles les acteurs ruraux seront confrontés. Le prévisionnel de ce Fonds est de 1,5 milliards de FCFA.

Si les documents prévoient deux EPA pour ces deux Fonds, le ministre des Finances, Abou Bakar Traoré a proposé que l’ensemble des Fonds liés au secteur agricole (Fonds de développement agricole, Fonds d’appui à la filière coton déjà opérationnel, le Fonds de garantie et de bonification et le Fonds de calamité et risque) soit tous fondus en une seule structure avec un guichet pour chacun des Fonds.

Jeamille Bittar a exprimé ses inquiétudes sur le financement de ces Fonds, notamment la fixation de nouvelles taxes sur les importations.

 » Les mauvaises expériences enseignent » a affirmé le président ATT. Un adage qu’il a répété pour dire que nous ne devons pas nous contenter de subir la conjoncture difficile actuelle, mais en tirer enseignements positifs pour l’atteinte de notre autosuffisance alimentaire. Pour ATT il faut concentrer les efforts sur la production, la transformation, la valorisation des produits de l’agriculture, de la pêche, de l’élevage et de la foresterie.

« La lutte contre la pauvreté se gagne en milieu rural. Nous lèverons les défis de l’alimentation. Nous atteindrons bientôt la souveraineté alimentaire et exporterons des produits céréaliers  » a souligné le Chef de l’Etat.

Qui se fonde, dans cette confiance, sur les atouts dont disposent le pays : 2 200 000 hectares de terres cultivables avec des énormes potentiels dans le Delta central du Niger, 103 365 hectares à aménager entre 2008-2012, 895 335 hectares de bas fonds répertorié dans 483 communes, la réalisation de la troisième sucrerie de Sukala et de la SOSUMAR et la revitalisation des phosphates de Tilemsi.


Audace et rigueur

Le Mali, c’est aussi 50 millions de têtes de bovins, d’ovins et de caprins avec à la clé une production annuelle laitière de 600 000 tonnes dans un pays qui importe 15 à 20 milliards de FCFA de lait et dérivés par an. La pêche procure 100 000 à 200 000 tonnes pour environ 500 000 actifs.

En somme, pour ATT « la réponse à la crise alimentaire réside dans le développement des différentes filières« . C’est pourquoi, il a salué l’Initiative riz du Premier ministre et a instruit à ce que cette politique volontariste soit étendue aux autres filières.

 » Il s’agit d’un projet de haute portée nationale et patriotique à la réalisation duquel j’attache la plus grande importance. J’invite, en conséquence, tous les cadres engagés dans sa mise en œuvre à faire preuve d’audace et de rigueur pour atteindre l’objectif fixé  » a-t-il conclu.


Youssouf CAMARA

29 Avril 2008