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Le président de la République Amadou Toumani Touré avait, au cours de son premier quinquennat, eu le soutien de toute la classe politique. En sera-t-il pour son 2e mandat ?

Au cours de son premier mandat à la tête de la République, le président Amadou Toumani Touré a pu réunir autour de lui par le truchement du gouvernement et l’Assemblée nationale toute la classe politique malienne.

Le consensus prôné par ATT a fait du Mali un modèle de démocratie admiré à l’étranger. Mais, à l’intérieur du Mali, il a révélé toutes ses tares et ses limites.

ATT, qui sera de nouveau investi dans ses fonctions de chef d’Etat du Mali demain 8 juin, a déjà en tête sa stratégie de conduite des affaires du pays pendant cet ultime mandat de cinq ans.

Sa tâche serait rendue plus facile si ses alliés de l’Alliance pour la démocratie et le progrès (ADP) parvenaient à avoir une majorité écrasante à l’issue des élections législatives qui se profilent.

Le Front pour la démocratie et la République (FDR), alors minoritaire, sera dans l’obligation ou aura le devoir d’occuper le fauteuil de l’opposition.

Par contre, s’il revenait au FDR de remporter la majorité des sièges au Parlement, alors le président de la République serait contraint à la cohabitation. Toutes choses qui seraient une nouvelle expérience pour la démocratie malienne.

Mais, pour l’heure, tout porte à croire que le président ATT attend la fin des élections législatives pour décider.

Le deuxième et dernier mandat du président de la République, à tous égards, semble sonner le glas du consensus, c’est-à-dire que « rien ne sera plus comme avant », comme l’a dit un responsable de parti membre du FDR.

En effet, ATT, qui ne se représentera plus pour un mandat, devrait avoir les mains libres pour mener à bien les réformes nécessaires pour le développement du pays et l’ancrage des partis politiques.

Dans le domaine politique, ces réformes ont trait à une relecture de la Loi fondamentale sans toucher au mandat du président de la République, ensuite la charte des partis politiques et la loi électorale.

Au cours de son dernier mandat ATT n’aura point de répit face à la critique d’un camp. Et quels que soient ses côtés positifs et négatifs, ce 2e mandat aussi consacre la fin d’un consensus.

Denis Koné

07 juin 2007.