Partager

Deux semaines après son investiture, le 4 septembre dernier, le président de la République, Ibrahim Boubacar Kéita, a reçu le jeudi dernier au stade du 26-Mars le roi du Maroc et des chefs d’Etat. Cette cérémonie, qui a regroupé un souverain, une vingtaine de chefs d’Etat et plus de 500 personnalités de marque à Bamako, contribuera à redorer le blason du Mali, à consolider la confiance du monde entier en notre pays dont l’image était ternie.

La deuxième cérémonie d’investiture du président Ibrahim Boubacar Kéita, le jeudi 19 septembre au stade du 26-Mars, a enregistré la présence des milliers de Maliens, de Sa Majesté le roi Mohammed VI du Maroc et une vingtaine de chefs d’Etat et de gouvernement.

Alassane Dramane Ouattara (Côte d’Ivoire), Ali Bongo Ondimba (Gabon), Denis Sassou-Nguesso (Congo), Jorge Carlos d’Almeida Fonseca (Cap-Vert), John Dramani Mahama (Ghana), Alpha Condé (Guinée), Idriss Déby Itno (Tchad), François Hollande (France), Faure Gnassingbé (Togo), Teodoro Obiang Nguema (Guinée équatoriale), Moncef Marzouki (Tunisie), Macky Sall (Sénégal), Mahamadou Issoufi (Niger), Blaise Compaoré (Burkina Faso), Boni Yayi (Bénin), Goodluck Jonathan (Nigeria) étaient de la fête aux côtés du souverain chérifien.

Parmi les chefs d’Etat attendus, cinq n’ont plus fait le déplacement. Il s’agit des présidents Jacob Zuma (Afrique du Sud), Ellen Johnson Sirleaf (Liberia), Pierre Nkurunziza (Burundi), Mohamed Ould Abdel Aziz (Mauritanie) et Abdelaziz Bouteflika (Algérie), qui s’est fait représenter par son Premier ministre.

En plus des chefs d’Etat et de gouvernement, il y avait plusieurs personnalités de marque. Si le succès de l’organisation de la présidentielle a permis au Mali de regagner la confiance des partenaires, ce grand regroupement des chefs d’Etat et des personnalités de marque à Bamako sans incident contribuerait à redorer le blason du Mali, à consolider la confiance du monde entier en notre pays.

La cérémonie proprement dite a été marquée par cinq interventions poignantes de cinq chefs d’Etat en faveur du Mali. Le président français, François Hollande, a dit qu’après la libération de Konna, de Tombouctou, de Gao, de Kidal et Tessalit, c’est tout le Mali qui est libéré aujourd’hui avec la bonne organisation de l’élection présidentielle.

« La France est fière aujourd’hui du Mali. Nous avons gagné cette guerre et nous allons sécuriser le Nord. La France restera aux côtés du Mali pour juguler les menaces terroristes », a-t-il promis.

A entendre Idriss Déby Itno, le président du Tchad, la participation tchadienne dans la libération du Nord du Mali s’inscrit dans le cadre de la solidarité et de la fraternité entre les Africains. Il a félicité le peuple malien pour sa sagesse et le candidat Soumaïla Cissé pour avoir accepté le verdict des urnes.

IBK, l’homme du défi

Pour Alassane Dramane Ouattara, « c’est un nouveau départ pour le Mali ». Le roi Mohammed VI a annoncé que le Maroc formerait 500 imams maliens au royaume. Selon lui, cette formation se déroulera dans les deux années à venir.

IBK a remercié tous les chefs d’Etat qui ont fait le déplacement à Bamako. Le président de la République a rendu un hommage distingué au président français, François Hollande, et au président tchadien, Idriss Déby Itno, pour avoir aidé militairement le Mali à retrouver son honneur et sa dignité. Ibrahim Boubacar Kéita a aussi salué la présence du roi Mohammed VI du Maroc à la cérémonie. Par la même occasion, il a rappelé les bienfaits de la coopération entre le Mali et le Maroc.

Après avoir rappelé la grandeur de notre pays, le président de la République a indiqué que son slogan « Le Mali d’Abord » n’était pas un vain mot. Pour lui, notre pays peut rejoindre les pays émergents en s’appuyant sur ses potentialités agricoles et minières. Il a promis d’entreprendre des actions dans ce sens tout en mettant l’accent sur la lutte contre la corruption et la mauvaise gouvernance. Il s’est engagé à travailler quotidiennement et irréversiblement afin de relever les nombreux défis du pays. « J’accepte d’être l’homme de ce défi ».

Respecter et faire respecter la Constitution

A en croire IBK, la priorité de l’heure est l’instauration de la paix et de la sécurité dans tout le pays, la réhabilitation de l’armée, l’instauration d’une école pour tous, la création d’opportunités nouvelles contribuant à l’épanouissement de tous les Maliens. Il a aussi évoqué l’instauration d’une justice impartiale au service de tous.

Pour ce faire, il a promis de respecter et de faire respecter la Constitution. « Je respecterai et ferai respecter la Constitution du Mali. Nul n’est et ne sera au-dessus de la loi ». Après le discours du président IBK, le public et les invités ont admiré la danse des masques Dogons.

Les troupes de la Minusma, de l’EUTM, des forces armées tchadiennes, de la force française Serval et des forces armées maliennes n’ont malheureusement pas pu défiler comme prévu faute de temps.

La cérémonie a été suivie d’une conférence de presse au palais de Koulouba. Elle a été animée par le président Ibrahim Boubacar Kéita, Idriss Déby Itno du Tchad et François Hollande de France. A l’occasion, François Hollande dira que la France restera aux côtés du Mali tant que la menace existera. Il a informé qu’en décembre prochain tous les chefs d’Etat africains se réuniraient à Paris pour parler de la sécurité de l’Afrique et du climat.

Pour IBK, quelle que soit la puissance de la France, elle ne peut pas toujours être là pour défendre les Africains. « Il nous revient de nous adapter aux menaces », a-t-il prôné.

Sidiki Doumbia

– —- —

Dans les coulisses

Organisation mal au point

L’organisation de la cérémonie d’investiture marquant le début du quinquennat du président IBK a enregistré beaucoup de failles. Elle a été notamment marquée par un retard de 2 h de temps, qui a chamboulé tout le programme, dont l’annulation du défilé de la force Serval, de la Minusma et des Forces armées du Mali.

Une sécurité de taille

La sécurité à la cérémonie était de taille. Tout était contrôlé et fouillé, de l’aéroport jusqu’à l’entrée du stade. Les forces de l’ordre ont tout mis en œuvre pour protéger Sa Majesté Mohammed VI, les chefs d’Etat et les autres invités. A l’intérieur du stade, aux balcons, on voyait les agents de sécurité vigilants. Un hélico de surveillance a survolé maintes fois le stade.

La Toyota 4×4 blindée d’Idriss Déby

Avant son arrivée le mercredi dernier à l’aéroport de Bamako Sénou, un avion-cargo tchadien a apporté la voiture personnelle d’Idriss Déby. Cette voiture de marque Toyota 4×4 blindée est venue directement de N’Djamena, la capitale tchadienne pour les courses du président à Bamako.

Rassemblés par

Bintou Maïga (stagiaire)

Les Echos du 25 Septembre 2013