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26 Mars 1991, 26 Mars 2008: il ya 17 ans jour pour jour que le peuple malien tout entier debout comme comme un seul homme a mis fin à 23 ans de règne dictatorial du Général Moussa Traoré au pris de nombreux sacrifices. Dix sept ans après la révolution, le peuple se souvient, devoir de mémoire oblige.

C’est pourquoi hier matin, le président de la République, le Général Amadou Toumani Touré a déposé une gerbe de fleurs à la mémoire des Martyrs sur le Monument aux Martyrs qui porte leur nom à l’entrée de l’ancien pont de Bamako, appelé Pont des Martyrs.

UN TABLEAU PEU RELUISANT

Mais au-delà de l’aspect cérémonial, dix sept ans après, le constat est aujourd’hui amer en terme de bilan par rapport aux acquis démocratiques. Si l’Etat reste debout à travers le fonctionnement régulier des institutions de la République, l’éclosion des partis politiques, la multiplication des titres de journaux, des stations de radio, des associations entre autres, par contre, le secteur social est presque à genoux quand on sait que l’école malienne est moribonde, le pouvoir d’achat des citoyens ne cesse de se dégrader sous le poids du coût cher de la vie, le chômage grandissant des jeunes entre autres.

Et pourtant, le pays a de l’avenir. D’importantes réformes sont en cours de réalisation, et d’autres annoncées et pourront faire du Mali un pays émergeant.

SAUVER D’ABORD L’ANNEE 2007-2008

La révolution de Mars 1991 est le couronnement de plusieurs années de lutte dans la clandestinité d’abord, puis à visage découvert. Beaucoup de citoyens maliens ont payé de leur vie. Parmi ceux-ci il y a l’ex-leader estudiantin Abdoul Karim Camara dit Cabral, sauvagement assassiné. Cabral et autres sont morts pour avoir revendiqué de meilleures conditions d’études et de vie des élèves et étudiants maliens.

Leur mort ne doit pas être un vain sacrifice. Or, il est regrettable de constater aujourd’hui que l’école malienne est en panne! Après l’appel du président de la République le 8 Mars dernier, suivi de la déclaration du Premier ministre le 18, soit dix jours plus tard pour sauver l’année scolaire et universitaire 2007-2008 en attendant la tenue des Etats Généraux sur l’école et l’université dans les cinq mois qui suivent, la balle est dans camp des syndicats d’enseignants, des acteurs politiques, des représentants de la société civile, des élèves, des parents d’élèves et des autres partenaires de l’école en vue de trouver des solutions durables à la crise scolaire qui n’a que trop duré et qui est en passe de compromettre l’avenir du pays entier.

Daba Balla KEITA

27 mars 2008.