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Le 25 Mai 2005, l’Union Africaine qui s’est substituée à l’Organisation de l’Unité Africaine aura deux années d’existence.

Les objectifs de la création de l’Union Africaine étaient entre autres de donner plus d’impulsion, d’impact à la politique, à la diplomatie, à la médiation africaine en vue de propulser le continent de l’avant.

Peut-on dire au stade actuel qu’ils sont en voie d’être atteints, que l’Union Africaine et les chefs d’Etat du continent sont proches de l’atteinte de ces objectifs ?

La réponse à la question appelle quelque prudence, car tout n’est pas rose sur le continent. En effet, on a du mal à se détacher de ce qu’on appelle afro-pessimisme en raison de l’existence de plusieurs facteurs entravant la paix sociale et la stabilité politique, le développement socio-économique harmonieux et durable sur l’ensemble du continent.

TOUT N’EST PAS ROSE DANS LA SOUS-REGION

En effet, lorsqu’on se refère à la sous-région ouest- africaine, les situations politique, socio-économique et l’intégration sous-régionale sont encore sous l’hypothèque de l’interminable crise ivoirienne qui est à l’origine d’énormes difficultés économiques, en raison de la rareté et de la faiblesse des échanges commerciaux entre ce pays et les autres de la sous-région.

Il s’agit d’une situation qui a suscité de la méfiance, voire de la panique dans la sous-région.

Dans un tel contexte, l’intégration sous-régionale tant prônée par les dirigeants des pays africains ne saurait se concrétiser.

A l’instar de la France, l’Union Africaine a, de son côté, multiplié les efforts de médiation entre les protagonistes de la crise ivoirienne. Mais les attentes n’ont pu être comblées aussi rapidement qu’on l’aurait souhaité.

D’ailleurs au moment de la signature des Accords de Linas Marcoussis on se demandait pourquoi les Africains n’avaient pu trouver une solution africaine à cette crise.

Même si on avance d’autres explications de la crise ivoirienne, force est de constater cependant que les motivations politiques sont plus déterminantes dans sa pérennisation, car il ne s’agit que des relations par rapport au pouvoir, à sa conquête et à son exercice.

Ce sont les prétextes politiques et les arguments sur fond de discrimination ethnique qui alimentent et entretiennent la crise ivoirienne.

Et c’est pourquoi c’est l’enlisement. Ces temps-ci, des lueurs d’espoir sont apparues avec la décision de permettre à tous ceux qui le désirent de prendre part aux élections présidentielles qui se tiendront dans un peu plus de quatre mois.

DES INQUIETUDES DEMEURENT

Au regard de la versatilité du président Laurent Gbagbo on ne sait pas qu’elle attitude il adoptera d’ici lesdites élections.

En effet difficilement, il parvient à rassurer les uns et les autres au regard de son attitude pendant et après la signature des Accords de Linas Marcoussis. Au stade actuel, on ne peut que prier pour qu’il respecte les engagements pris.

En raison de la persistence de la crise ivoirienne, l’économie de ce pays est hypothéquée, les prévisions économiques au Mali sont régulièrement faussées, les échanges commerciaux étant au ralenti.

Beaucoup de Maliens résidant dans ce pays depuis de nombreuses années ont été contraints de retourner au bercail.

L’ESPOIR RENAIT AVEC LE SENEGAL

Ces temps-ci la coopération entre le Mali et le Sénégal a connu un grand dynamisme. En témoignent les multiples rencontres entre les opérateurs économiques des deux pays.

Ceux du Sénégal se sont rendus au Mali, accompagnant le Premier ministre sénégalais et sa suite de ministres. Une seconde fois des opérateurs économiques sénégalais sont venus au Mali.

Lors des deux rencontres, les deux parties ont manifesté des intérêts communs par rapport à l’approfondissement des relations et des échanges en vue de donner un coup de fouet à nos économies respectives.

L’on se réjouit par ailleurs de l’accès du Mali au port de Gambie, chose qui permettra de faciliter les activités des opérateurs économiques maliens sevrés du port d’Abidjan.

Au-delà de ces aspects positifs d’une manière générale, nombreux sont les pays à avoir du mal à décoller économiquement…

Mais, semble-t-il, de ce point de vue, malgré le nombre de plus en plus grand d’Africains pauvres, les calamités naturelles comme l’invasion acridienne, l’insuffisance et la mauvaise répartition des pluies, les subventions agricoles accordées par certains pays aux producteurs, entraînant la violation des règles du commerce dans le cadre de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC), la hausse du prix des hydrocarbures, la baisse des cours mondiaux de l’or, l’espoir est permis dans plusieurs pays africains quant à la possibilité de meilleures croissances économiques.

Cela serait dû sans doute à la bonne conduite des reformes socio-économiques et à la mise en oeuvre des programmes concoctés avec les partenaires au développement de nos pays.

Moussa SOW

24 mai 2005