Partager

Le 25 mai est le jour de l’Afrique, une journée symbolique dans la lutte des pères de l’indépendance de certains pays africains. De l’Oua à l’Ua, beaucoup d’eau a coulé en Afrique, le continent, berceau de l’humanité, chanté par ses enfants. En cette 53ème fête de l’Afrique (25 mai 2016), nos pensées pieuses vont aux pères fondateurs de l’Oua, dont Modibo Kéïta, co-auteur de la charte de l’Oua ; Kwameh Nkrumah, Ahmed Sékou Touré, Haïlé Sélassié 1er ; Julius Nyerere ; Sylvanus Olympio ; Léopold Sédar Senghor… Je n’oublie pas ceux qui ont tenté d’insuffler un sang neuf au processus d’intégration et d’unité du continent, à travers l’avènement de l’Union africaine (Ua) par la Déclaration de Syrte le 9 septembre 1999 et le Sommet de Durban en 2000, comme Mohammar El Kadhafi, Alpha Oumar Konaré, Joachim Chissano, Tabo M’beki… Cependant, ma peine est immense aujourd’hui de constater que l’idéal d’une Afrique unie, si chèrement vanté par Robert Nesta Marley, semble en panne. Jeunes du continent, levez-vous pour apporter votre pierre à l’édifice de l’unité africaine. Pour rependre le slogan de la jeunesse Ua : «Les États-Unis d’Afrique, maintenant ou jamais, l’avenir de la jeunesse en dépend». Au Mali, ce 53ème anniversaire a été fêté à travers la montée des couleurs à la Tour de l’Afrique, cérémonie présidée par le Premier ministre Modibo Keïta. Avant, c’est le ministre des Affaires étrangères qui avait fait, la veille, un discours pour faire un rappel de l’Ua et de l’implication du Mali. Bonne fête à tous les Panafricains !

Une nouvelle prise de bec
Le président de l’Assemblée nationale Issaka Sidibé reste égal à lui-même. S’il se base sur le pacte de non agression qu’il a signé avec la presse, il se trompe parce qu’il est avant tout un homme public. Lors de la «Question d’actualité» du mardi 24 mai 2016, il est retombé dans ses travers, enlevant le «goût» des questions d’actualité. Il y a eu un blocage à l’Assemblée nationale : la prise de bec entre Isaac et les députés Rpm par rapport à la question du député Rpm de Kéniéba, pour qui, les militants de l’association Apm du ministre Bathily ont été jetés en prison pour entrave à l’Etat. Selon le député, c’est le ministre Bathily qui leur avait dit d’organiser un meeting à Dioïla pour réclamer leur droit. Suite à cette question, le président de l’Assemblée nationale a interrompu le député ; ce qui n’a pas été du goût du président du groupe parlementaire Rpm, Moussa Tembiné. Tout simplement, la séance a été suspendue parce que Moussa Tembiné avait contredit Isaac Sidibé. À la reprise de la «Question d’actualité» à l’Assemblée nationale, Moussa Tembiné demande aux députés de la majorité de ne pas poser de questions qui fâchent les ministres. Certains députés ne sont pas d’accord avec cette démarche. Résultat : la question du député de Kéniéba a été retirée.

Le quorum n’est pas atteint
L’absentéisme à l’Assemblée nationale du Mali n’est ignoré de personne. Les députés s’absentent comme si de rien n’était. Le chef de file de l’opposition, Soumaïla Cissé, en est une illustration parfaite. Lui, qui a marché pour dénoncer la mauvaise et la mal gouvernance, n’est plus un exemple à suivre, car il a préféré animer une conférence de presse le mardi 24 mai 2016 à la Maison de la presse. Au même moment, à l’Assemblée nationale, il y avait la «Question d’actualité» sur l’école et le foncier. Soumaïla Cissé a fait le choix de s’occuper de sa propre personne que d’aller à l’Assemblée nationale pour débattre des questions de la vie des Maliens. Comme le président de l’Urd, plusieurs députés ont fait la même chose. Après la «Question d’actualité», l’Assemblée nationale a adopté une proposition de loi historique de l’honorable Moussa Coulibaly, élu en Commune VI du District de Bamako, qui modifie la loi Hamidou Diabaté sur le foncier. Désormais, le titre foncier est bien attaquable, s’il est obtenu sur un titre provisoire (permis ou lettre d’attribution) antérieur à lui et régulièrement établi. Les autorités coutumières seront ampliatrices des affiches de publication des titres fonciers. Le droit coutumier sera mieux protégé. Cette loi a failli ne pas être votée parce que le quorum n’était pas atteint. En effet, au moment du vote, il n’y avait que 40 députés dans la salle. Isaac Sidibé a dû taper du point sur la table : «On ne doit pas bénéficier de l’argent de la session pour aller se cacher à la mosquée». Finalement, la loi été voté dans des conditions très difficiles.

Toujours PDG
Il y a des gens qui sont bien nés, pour ne pas dire très bien nés ; ils font tout ce qu’ils veulent sans problème. On crie partout que les ressources de l’Etat ne sont pas suffisantes, mais il y a des gens qui trouvent tous les moyens pour se sucrer sur le dos de l’Etat. Dans nos banques, c’est le comble, surtout autour des parts de l’Etat. On a créé même des retraités pour abuser de l’Etat malien. Personne ne songe au pays, tout le monde pense à lui-même. C’est ainsi que dans une grande banque de la place dont l’Etat du Mali est actionnaire, malgré l’avis défavorable de la Direction nationale du travail, un ex-PDG de banque, qui a fait valoir ses droits à la retraite récemment, par le biais de pressions obscures, se serait fait payer plus de 600 millions de nos francs «pour son repos». Il se trouve que la banque en question n’a jamais payé un tel montant annuel en impôts. Qui a dit que le Mali est un pays pauvre ?

BMS : encore Tréta et ses caprices
Sa nomination à la Banque malienne de solidarité (Bms-Sa) avait fait couler beaucoup d’encre et de salive. Evincé du gouvernement dans des circonstances non encore élucidées, Bocary Tréta a eu une sorte de consolation à travers sa nomination comme Président du conseil d’administration (Pca) de la Bms. Pour de nombreux Maliens, il n’avait rien à faire à la banque, au regard de sa formation en élevage. Paradoxalement, à peine avait-il pris fonction que Tréta faisait ses «caprices» de super star. Selon nos informations, son entourage immédiat bombe le torse et promet de mettre de l’ordre à la Bms. Première décision, Tréta ne voudrait pas occuper les bureaux de l’ancien Pca de la Bhm, sis à l’ACI (avec la fusion entre la Bhm et la Bms, lesdits bureaux sont désormais dans le patrimoine de la Bms, nouvelle formule). Le Pca Tréta voudrait des bureaux dans les locaux de la Bms, pour dit-il, avoir un œil sur tout ce qui s’y passe. Toujours selon son entourage, il aurait émis le souhait de rencontrer le personnel de la Bms pour échanger avec lui. Visiblement, il prend sa fonction pour une fonction dirigeante. Il serait bien de lui donner une petite session de formation, une sorte de renforcement de capacités.

Banque Of Africa : des bruits de casseroles ?
L’information a été donnée la semaine dernière par un confrère de la place : le tout nouveau Directeur général de la Banque Of Africa, Bouchaïd Fachar, a démissionné. Le journal, qui n’avait pas pu recouper l’information, pense que c’est pour avoir découvert des actifs «toxiques» (des crédits douteux de plusieurs milliards de Fcfa), que le Directeur général a jeté l’éponge. Nous, nous sommes en mesure de dire qu’effectivement Fachar est sur le départ. Officiellement, il a évoqué des raisons de famille (sa femme serait malade) pour justifier son départ de la patrie mère. Mais officieusement, il se raconte qu’il aurait trouvé la Banque dans un piteux état, au point qu’il faudrait une quinzaine d’années pour redresser la situation. Faut-il rappeler qu’il a succédé à Mamadou Igor Diarra, qui a été bombardé ministre de l’Economie et des Finances. Et pourtant, il avait donné rendez-vous aux actionnaires ce 31 mai pour confirmer la bonne santé de la banque, et avait balayé les informations qui circulaient sur la BOA. Dans les milieux bancaires, la thèse des crédits «toxiques» n’est pas écartée. En effet, il se dit que l’ancien ministre des Finances, qui se fait passer pour un banquier hors pair, est connu pour ses méthodes kamikazes et sa tactique de la terre brûlée. «Il fait un an ou deux ans dans un coin, plus rien ne repousse», affirme-t-on dans le milieu. À la Bim-Sa, on parle encore de ses «prouesses». Mais il serait intéressant de savoir pourquoi malgré cela, les Marocains qui ne sont pas connus pour être des masochistes, l’ont envoyé à Dakar s’occuper de la BOA. «Peut-être qu’ils gagnent plus qu’ils ne perdent ou qu’ils cherchent à le piéger davantage», conclut un connaisseur des milieux bancaires et de leurs pratiques.

Le ministre Hammadoun Konaté fâché contre l’Ortm
L’Ortm aurait une très mauvaise presse auprès du ministre Hammadoun Konaté, chargé de la Solidarité et de la Reconstruction du Nord. Il ne voudrait même pas sentir les journalistes de la télévision nationale. Quelle en est la cause ? Tout serait parti de l’ordre d’enregistrement des membres pour «booster» la communication gouvernementale. L’Ortm avait eu l’idée de faire passer en première position le ministre de la Réconciliation nationale, Zahabi Ould Sidi Mohamed, en raison certainement de l’actualité. Cela n’a pas du tout été du goût du ministre Konaté qui l’a fait savoir quand l’Ortm a débarqué chez lui. Pas question de le faire enregistrer au double motif qu’il est le numéro deux du gouvernement et le chef de pool des ministres chargés de la gestion de la question du Nord et de la mise en œuvre de l’accord pour la paix et la réconciliation. Et depuis, le ministre ne décolère pas.

Mme la ministre et son amoureux de Ségal
C’est un secret de polichinelle : ils vivent ensemble au vu et au su de tout le monde. Tant au niveau du ministère qu’au domicile ministériel, Madame et Monsieur ne se gênent plus. À la tête d’un département qui, depuis sa création, a toujours été dirigé par une femme et dont le poste de Secrétaire général était réservé aux femmes, ces 10 dernières années, Mme la ministre a changé les traditions. En effet, contre toute attente, elle a nommé un homme, en lieu et place de la femme qui occupait ce poste de Secrétaire général. Une fois la surprise passée, ses collaboratrices et collaborateurs allaient vite se rendre à l’évidence. Madame et son Ségal filent le parfait amour. Au bureau, à la maison, ils se comportent comme des tourteaux. Madame aurait même exigé que Monsieur son Ségal soit de tous ses voyages à l’extérieur. En réunion, gare à celles et ceux qui oseraient contredire le Ségal, car c’est Madame qui se charge de rabrouer les indélicats en leur reprochant leur agressivité contre «son» Ségal.

Poisson malade
Ces explications sont du Dr. Fodé Moussa Sidibé, un grand homme de culture de notre pays, un Donsoba. Pour lui, les poissons aussi tombent malades. Dans ce cas, le petit poisson remonte difficilement les courants d’eau pour se nourrir. Il nage de travers puisque ses nageoires peinent à se mouvoir. Là, le petit poisson malade se trouve en danger de mort. Les gros poissons constatent sa faiblesse et tournent autour de lui, attendant le meilleur moment pour le déchiqueter. Qui s’en soucie ? Et pourtant, mon pays est aussi malade que le petit poisson malade au milieu des gros poissons voraces. Qu’adviendra-t-il de mon pays si la fièvre ne baisse pas ? Les « gros pays » voraces font plus que rôder autour de lui pour monter la fièvre. Les « gros pays » dressent les fils de mon pays les uns contre les autres. La fièvre monte, monte ! Pauvre petit poisson ! Pauvre de mon pays ! Pour votre salut, dans l’état où vous êtes, vous faut-il un bon protecteur, un bon tuteur ? Vous faut-il puiser dans vos dernières énergies, vos ressources intellectuelles, mentales et spirituelles pour une guérison rapide et définitive ? Petit poisson malade, mon pays malade, meilleure santé, prompt rétablissement ! Maintenant, vous savez, nous savons. C’est déjà ça ! Le président Keïta a joint sa voix à celles de ses pairs présents au Sommet mondial humanitaire pour appeler à l’action afin de mettre fin aux crises, apaiser les souffrances et renforcer la résilience des populations touchées.

IBK au rendez-vous humanitaire
Le premier Sommet humanitaire mondial des chefs d’Etat et de gouvernement s’est ouvert au Centre des congrès d’Istanbul en présence de nombreux dirigeants du monde, dont le président de la République Ibrahim Boubacar Keïta et ses homologues africains : Mohamed Ould Abdel Aziz de la Mauritanie et Mamadou Issoufou du Niger. Etaient également présents, la Chancelière allemande, Angela Merkel, le Secrétaire général des Nations-Unies, Ban Ki-moon, l’Emir du Koweït, Sheikh Sabah Al-Ahmad-Jaber Al Sabah, les présidents Petro Poroshenko d’Ukraine, les Premiers ministres Daniel Kablan Duncan de la Côte d’Ivoire et Habib Essid de la Tunisie, le Prince Moulaye Rachid du Maroc. Accueillis par le président turc, Recep Tayyip Erdogan, hôte du Sommet, les chefs d’Etat et de gouvernement ont d’abord posé pour la postérité, avant l’ouverture solennelle de cette rencontre. Ils ont également suivi la projection d’un film rassemblant des témoignages poignants sur les souffrances humaines où l’horreur rivalise avec l’indignation et le désespoir.

Toujours des attaques
Le mercredi 25 mai 2016, il y eu a une explosion à Gossi et à Hombori. «Nous venons juste d’entendre l’explosion de quelque chose qui ressemble à une bombe. La fumée est en train de se dégager de l’endroit. Les véhicules sont immobilisés dans les deux sens (Gossi-Hombori)», nous a confié un habitant de la zone pour qui, la situation devient de plus en plus difficile. C’est le constat de plusieurs habitants qui se disent infiltrés par des terroristes. Cette explosion fait suite à celle qui avait occasionné la mort du colonel Daou, le numéro 2 des Fama à Gao, et un autre militaire malien. Son véhicule a heurté un explosif avant d’être criblé de balles. Avant cette explosion, la veille vers 9 heures, deux malfaiteurs à moto ont attaqué une mission de la Garde nationale à Intilit, dans la région de Gao. Les assaillants ont été tenus en échec et deux d’entre eux ont été fait prisonniers par la Garde nationale. Toujours dans la région de Gao, une roue arrière d’un véhicule de transport a heurté un engin explosif. Le véhicule faisait partie d’un convoi de la Minusma. Son réservoir a pété et la roue a éclaté. Fort heureusement, il n’y a pas eu de perte en vie humaine. Ces multiples actions et attaques font que les populations de Gao demandent plus de sécurité, car la ville ne peut pas être remplie de militaires alors que ces alentours sont loin d’être sécurisés. De ce fait, une nouvelle marche de la jeunesse de Gao serait en gestation afin de demander plus de sécurité, mais aussi de mettre fin à certaines complicités contre les militaires maliens qui sont les plus exposés.

Le Reporter Mag du 27 Mai 2016