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L’UE doit mobiliser d’urgence l’assistance humanitaire au nord du Mali et intensifier son soutien aux pays de la région du Sahel dans la lutte contre le terrorisme et le grand banditisme, afin de garantir la sécurité de la région, ont exhorté les députés lors du débat en plénière de l’Assemblée parlementaire paritaire ACP UE le mardi 29 mai 2012. Les députés ont voté une résolution portant sur l’impact politique du conflit libyen sur les pays ACP et l’UE le mercredi 30 mai.

« Pour l’instant, l’impact du conflit libyen n’a pas été très palpable sur les pays de la région du Sahel autres que le Mali, qui se retrouve coupé en deux. Cela viendra » a mis en garde le Co-rapporteur ACP, Assarid Ag Imbarcawane (Mali), insistant sur une situation humanitaire « très catastrophique » au Nord du Mali.

La région du Sahel est « essentielle pour la sécurité de l’Union Européenne, » a dit Filip Kaczmarek (PPE, Pologne), remplaçant dans le débat le Co rapporteur UE David Casa (PPE, Malte) et soulignant, comme d’autres orateurs, l’arrivée massive d’immigrants irréguliers en Europe, mais aussi les dangers de l’irrédentisme touareg au Mali, au Niger et on Mauritanie.
Juan Fernando Lopez Aquilar (S&D, Espagne) a rappelé également le sort des réfugiés des pays voisins de la Libye et a exhorté la communauté internationale, l’UE et l’UNHCR à s’occuper des réfugiés.

Les députés ont fait part de leurs inquiétudes devant d’énormes quantités d’armes conventionnelles qui ont proliféré après le conflit libyen et qui constituent, dans les mains des groupes terroristes, criminels et des narcotrafiquants, une grave menace pour la sécurité, la stabilité et l’intégrité territoriale de l’ensemble des pays de la région sahélo saharienne. Cette prolifération est « déplorable », a affirmé Olle Schmidt (S&D, Suède).
La prolifération des armes doit être empêchée en priorité et les frontières nationales contrôlées et sécurisées, demandent les députés aux Etats de la région et aux nouvelles autorités libyennes.

« Le désarmement, la démobilisation et la réintégration doivent être une priorité, en vue de la stabilisation de la Libye et des pays voisins », souligne également le texte de résolution adopté le samedi 26 mai par la Commission des affaires politiques de l’Assemblée parlementaire.

De nombreux orateurs ont insisté sur l’urgence de la situation actuelle. « Le CEMOC est mentionné pour aider à chasser les terroristes du nord du Mali et ramener l’intégrité territoriale du Mali. Il faut faire vite » a insisté Bobbo Hamatoukour (Cameroun) en évoquant l’exemple de la Somalie comme montrant que davantage de difficultés s’accumulent avec le temps sans réaction claire.

« J’espère que nous tirerons la leçon de la situation actuelle en termes de politique préventive », a dit Michael Gahler (PPE, Allemagne). « A l’avenir, nous devrions abandonner ce fétichisme du statu-quo » a-t-il insisté. « Nous ne pouvons pas faire face à des expériences comme celle-ci et s’attendre à ce qu’elles soient oubliées comme si rien ne s’était passé », a pour sa part considéré Edward Scicluna (S&D. Malte).

La résolution soumise au vote des parlementaires le mercredi 30 mai appelle également l’UE à intensifier sa coopération avec les pays de la région et la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) dans la lutte contre le terrorisme et le grand banditisme. Le texte demande le renforcement des moyens du Comité d’état-major opérationnel conjoint (CEMOC), créé en 2010 par l’Algérie, le Mali, la Mauritanie et le Niger.

Le projet de résolution exhorte également I’Union Européenne et ses Etats membres à accorder une attention particulière à la situation des femmes dans la région et à prendre les mesures nécessaires pour assurer leur protection.

Co rapporteurs de la 23ème Session,

Assarid Ag Imbarcawane (Mali) et David Casa (PPE, MT)

04 Juin 2012