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Toute la journée du Lundi 10 décembre a été marquée par un évènement national d’envergure qui est l‘Espace d’Interpellation Démocratique, au palais de la culture Amadou Hampâté Ba. C’est la 23e édition de cet espace de discussion nationale souhaité par les hautes autorités gouvernementales pour prendre en compte les imbroglios entre la population et l’administration publique, mais surtout apporter des solutions idoines pour les dossiers soumis en amont de l’évènement. Ces derniers étaient au nombre de 500 dossiers; recueillis par les organisateurs de cette édition 2018…de tous les espoirs.

L’édition de l’année précédente a enregistré seulement 291 dossiers ; soumis au jury. Les dossiers de cette année ont considérablement augmenté de par l’efficacité de cet espace de discussion qui a un taux de réussite plus que satisfaisant selon les organisateurs.

C’était en présence de plusieurs ministres. On pouvait remarquer celle du premier ministre Soumeylou Boubeye Maïga, qui a clôturé la cérémonie au nom du président de la république, celle du Ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation Monsieur Mohamed AG ERLAF, du Ministre de la Sécurité et de la Protection civile le Général de Division Salif TRAORÉ, du Ministre du Travail et de la Fonction publique, chargé des Relations avec les Institutions Madame DIARRA Raky TALLA, de l’Habitat et de l’Urbanisme Monsieur Mohamed Moustapha SIDIBÉ ; de la Jeunesse, de l’Emploi et de la Construction citoyenne Monsieur Amadou KOïTA. Entre autres…

Le jury composé de 9 membres a été interpellé par la récurrence des dossiers sur le foncier cette année. Le public voyait défiler des dossiers tout aussi denses les uns que les autres sur des imbroglios fonciers entre population elle-même ou entre population et administration. 41% des dossiers concernaient ainsi des problèmes fonciers.

D’une part le problème d’accès à l’eau a été soulevé également. On a appris que 1269 villages ou fractions n’ont pas accès à un point d’eau potable au Mali. On a aussi appris, concernant l’assainissement, que 12.000.000 de Maliens n’ont pas accès à un service adéquat en assainissement et 72% de la populations rurales utilisent la défécation. Et seulement 1,23% du budget y est consacré actuellement.

Il y a eu en premier lieu l’intervention du médiateur de la république Baba Aguib Haïdara, qui a félicité cette initiative, et surtout l’engouement autour de cette édition qui a largement reçu plus de dossiers que d’interpellations.

Exemple d’une interpellation poignante

Un plaidoyer provenant de Kenieba a retenu l’attention de la salle. C’est une affaire de survie de la population de la ville de Keniaba exposée à une pollution alarmante de l’air à cause des activités d’une usine chinoise de ferraille et de roche ferrallitique. Le porte-parole de la ville a sonné l’alarme sur les conséquences désastreuses de cette usine étrangère sur la santé de la population de kenieba. Plus de 50 familles sont directement touchées par cette intoxication aérienne qui contamine même l’eau d’approvisionnement de Kenieba. Il en sortirait, de cette usine, un gaz nauséabond, qui provoquerait de la pollution de l’oxygène, de l’irritation de la gorge, des vomissements rapportés, de la malformation congénitale constatée sur une chèvre. Une famille vivant à 25m de l’usine est plus exposée par les dangers des activités de cette usine. La famille de Tonko Diakité, technicien de santé en retraite. Il fait de l’élevage depuis toujours. Mais depuis un certain temps, la fumée noirâtre et acre qui recouvre l’eau et les volailles de M. Diakité, fait des ravages au niveau de son élevage. Ses volailles sont en voie de disparition comme peut-être la population humaine de Kenieba, si des mesures ne sont pas prises le plutôt possible. La population la plus concernée est celle de lafiabougou en particulier. Les habitants de Kenieba interpellent vigoureusement les autorités à reconsidérer ce contrat presque meurtrier pour eux. Ils sonnent donc l’alarme de la sécurisation sanitaire de la toute la ville de kenieba et demande la désinstallation de cette usine chinoise.

Pour conclure cette 23e édition, le premier ministre s’est exprimé sur différents sujets. Il a notamment insisté sur les questions du foncier, qui ont constamment été mises sur la table de discussion. Il a donc assuré que le gouvernement continuera à prendre des mesures très rigoureuses pour réduire le nombre des intermédiaires du secteur foncier et les spéculations qui s’en suivent. Et à rassurer également que l’Etat continuera à démolir toutes les constructions anarchiques sur l’étendue du territoire malien. Il a interpellé l’auditoire sur les manifestations et affirme que l’Etat à le droit de continuer à sanctuariser certaines zones du territoire malien dans le souci de la sécurisation des populations.

Aissata Keita

Bamako, le 11 Decembre 2018

©AFRIBONE