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C’est dans la nuit du 22 au 23 août 1791 qu’a commencé à Saint Domingue aujourd’hui Haïti et République dominicaine, l’insurrection qui devait jouer un rôle déterminant dans l’abolition de la traite négrière transatlantique. C’est dans ce contexte que la Journée internationale du souvenir de la traite négrière et de son abolition est commémorée le 23 août de chaque année. Une époque que la race noire a du mal à oublier. 

En effet, cette commémoration annuelle internationale vise à inscrire la tragédie de la Traite dans la mémoire de tous les peuples. Une tragédie qui reste jusque là inoubliable. 

Comment l’oublier, alors les races notamment la race noire a été victime de l’ injustice et de discrimination ? Comment l’oublier ? Pendant que l’histoire est écrite dans les livres, nous l’avons appris, nos enfants l’apprendront et la future génération même 100 ans après, la liront. Comment l’oublier ? Alors que les anciennes images continuent toujours de faire le tour des livres et des réseaux sociaux.  » Les gens ne comprennent pas une chose, nous pouvons pardonner mais, nous n’oublierons jamais cette période où nos grands parents ont été victimes du martyre. Je pense même que dédier une journée à cette tragédie, c’est encore remuer le couteau dans la plaie « ; a laissé entendre Karim Djiguiba, professeur. 

En outre, d’autres estiment que cela instaurerait une idée d’infériorité dans la tête des apprenants noirs. « Je vois le mal plus loin. En enseignant cette histoire à nos enfants, ils croiront que les blancs sont toujours et seront toujours supérieurs aux noirs. Je pense que pour le bien de la race noire, on doit oublier cette histoire même dans les écoles » a proposé Malick Diallo, journaliste. 

Cette tragédie est devenue presqu’une coutume pour la race noire. L’enseigner dans nos différentes écoles est mal jugé par certaines personnes.  » Je considère cela comme une insulte à l’endroit de la race noire d’enseigner la torture de nos grands parents à nos enfants. Il faut que cela cesse immédiatement. « ; s’est écœurée Mariam Bah, étudiante. 

Le monde évolue, les Hommes changent et les mentalités des personnes vivant en société se métamorphosent. Chaque génération a sa réalité. Le bourreau d’hier peut être un bon associé aujourd’hui et demain. Une catégorie de la race noire estime qu’il faut s’adapter à la nouvelle tendance de notre environnement.  » Aujourd’hui, nous ne pouvons rien faire l’un sans l’autre. Le blanc évoluera avec le noir, personne ne peut l’empêcher. Laissons les histoires qui ont pu se passer entre nos grands parents dans le passé et avançons ensemble. D’ailleurs, ce qui l’ont fait hier, leurs enfants ne referont jamais cela aujourd’hui.  Pour le bien de l’humanité, je pense qu’on doit oublier cette histoire. « ; a conclu Karim Mara, docteur en sociologie.

Pour rappel,  Les premières commémorations de la Journée internationale du souvenir de la traite négrière et de son abolition ont eu lieu dans plusieurs pays, notamment le 23 août 1998 à Haïti et le 23 août 1999 à Gorée au Sénégal. Des manifestations culturelles et des débats sur la traite négrière ont été également organisées. 

Adama SANOGO

@Afribone